ACTE IV, SCÈNE X
o'flaherty.
Vous , mon brave homme ?
* STOCKWELL.
Je lui servirai de témoin.
o'flaherty.
Et moi , je serai le témoin de Dudiey ; et si vous vouliez , Monsieur, me faire l'honneur?...
STOCKWELL.
Me m^en défiez pas; je serais assez fou pour cela peut-être ; ne me faites pas souvenir de ma jeunesse.
o'flaherty.
Ce sera comme il vous plaira ; je serai à vos ordres. Mais il ne faut pas que j'oublie une partie essentielle de ma commission : Belcour, voici la somme que vous avez prêtée au vieux Dudiey ; deux billets de banque de cent livres sterling chacun ; voyez , c'est bien cela ; vous aurez la bonté de dire que je vous les ai remis ; je ne vous demande pas d'autre quittance.
BELGOUR.
Je n'en veux point; reportez-les.
o'flaherty.
Pardonnez-moi; il faut que vous les gardiez, s'il vous plait , parce qu'à présent que le père est quitte envers yo^ , le fils peut vous tuer régulièrement ; et ce sera pour vous une leçon qui vous apprendra à ne pas insulter une autre fois la sœur d'un homme d'honneur.
i48 LE JEUNE CRÉOLE.
BELCOUR
La sœur, dites-vous ?
o'flaherty.
Oui , la sœur, la propre sœur. Je ne parle pas trèsbien , je le sais ; mais pourtant je me fais comprendre; miss Louisa Dudley, c'est son nom; une fort aimable et fort honnête personne. C'est très-mal à vous , Belcour, de vouloir faire le galant hors de propos. . . Diantre I il faut savoir à qui Ton s'adresse. Ah! çà , vous m'avez bien entendu tous les deux; je vous souhaite toute sorte de bonheur... A ce soir, mes bons amis; ce sera une charmante partie, sur mon honneur. Adieu*:
( Il sort. )