ACTE IV, SCÈNE XL
STOCKWÉLL.
Sa maîtresse?... cette jeune personne si aimable, si modbste , que )'ai vue ce matin ?...
BELCOUR
Elle-même ; elle se donne pour la fille du capitaine Dudiey.
STOCKWELL.
Et ce vieux capitaine se prêterait à ce mensonge ?... Vous m^en avez, parlé comme d'un homme d^honneur»
BELCOUR
C'est l'opinion que )e m'en étais faite ; j'avais aussi l'idée la plus avantageuse de la jeune personne ; et si Tonne m'eût donné des renseignemens positifs... Miss Charlotte Rusport m'a paru la connaître; mais elle a refusé de s'expliquer avec moi sur ce qu'elle en savait. .
STOCKWELL.
A propos , vous ne m'avez pas dit comment vous avez été accueilli vous-même par miss Rusport î
BELCOUR
Avec grâce , avec bonté ; c'est une charmante per^ sonne.
STOCKWELL.
Depuis que vous êtes alté chez elle , j'ai appris indirectement qu'elle est fort prévenue en faveur de Charles Dudiey; c'est pour lui , sans doute , qu'elle m'a emprunté les trois cents guînées ; elle lui aura remis cette somme, qui sert précisément à vous rembourser celle que vous aviez donnée au capitaine.
iSo LE JEUNE CRÉOLE.
BfiLCOUR.
Cela est assez probable ; mais^ en ce cas y Diidley la trompe , en lui faisant accroire qu^il Faime , tandk qu^il est l'amant secret de Louisa.
STOCKWELL.
' Quand )e rassemble toutes les circonstances , je commence à croire qu'on vous en a imposé sur le compte de cette jeune personne.
BELCOUR
Que voulez-vous ? je n'aurais jamais formé un doute sur sa vertu , si je n'en avais cru que mes yeux et mon cœur; mais ce qui m'a été dit par des personnes qui doivent la bien connaître...
STOCKWELL.
Quelles sont ces personnes ?
Les maîtres de la maison où elle demeure avec ses prétendus parens ; M. et M"' Fulmer auraient-ils voulu me tromper ?
STOCKWELL.
Comment les nommez-vous ?. . . Fulmer?
BELCOUR
Oui , Fulmer , eux-mêmes.
STOCKWELL.
Ce nom m'est connu ; ce sont des fripons , ou je suis bien trompé. . . Aujourd'hui même Stukely m'a conté une histoire... Ce sont des fripons, vousdis-je... < n appelle. >