‹ ŒuvresChapitre 187 sur 240 · DE P. CORNEILLE · texte numérisé non relu

DE P. CORNEILLE

Si^

J'AI lu quelque part que Polyeucte était celle des tragédies de Corneille que Boileau regardait comme la plus complètement belle ; mon opinion est fort peu de chose auprès de celle du législateur de notre Parnasse ; mais j'avoue qu'entre les chefs-d'œuvre de cet illustre poète tragique , j^ai toujours eu pour cette pièce un sentinpient de préférence. Le Cid a de plus grandes beautés peut-être ; mais il a plus de défauts , et il a fallu y faire beaucoup de changemens pour le conserver au théâtre.

Il y a eu un tems où je ne manquais pas volontairement une représentation de Polyeucte; le plaisir que j'y éprouvais était troublé par les murmures que faisaient naître des expressions vieillies , des incorrections de style : c'était , le plus souvent, le rôle de Félix qui excitait des mouvemens d'improbation de la part des spectateurs.

Mon amour pour l'art du théâtre , ma religieuse vénération pour le génie du grand Corneille , m'ont déterminé à risquer de faire quelques changemens dans cette tragédie ; ils ne consistent qu'en des mots substitués à d'au-

34o AVERTISSEMENT.

très, en des yers rendus corrects ou plus clairs; et enfin en quelques suppressions dans le rôle de Félix,

Les changemens relatifs à ce rôle ont été concertés avec M. Baptiste aîné , qui en est en possession ; il les a portés sur son exemplaire.

A regard des changemens pour JSicomède , ils m^ont été demandés par M. Talma , dans le tems où il étudiait ce rôle, quUl n^avait pas encore joué. Obliger en cela ce grand acteur , c^était rendre en même tems un service au public : ce double motif était déterminant.

Ces changemens ont été approuvés et adoptés par notre Roscius ; il y en a même quelques-uns qui lui appartiennent ; tous ceux du rôle de Nicomède , et la plupart de ceux des autres rôles sont actuellement en usage aux représentations de cette pièce sur le théâtre Français ; le petit nombre de ceux qui n^ont pas été adoptés seront ici distingués par une astérisque *.

Heureux , si Ton s'aperçoit que j'ai fait ce travail comme je le devais, non pour en tirer vanité, mais pour être utile , me mettant avec respect aux pieds du grand Corneille , et lui demandant la permission d'ôter quelques grains de poussière à son beau cothurne I

CHANGEMENS

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