‹ ŒuvresChapitre 57 sur 240 · ACTE II> SCÈNE XXll · texte numérisé non relu

ACTE II> SCÈNE XXll

• BELCOUR

Oh! ôui«.. comme il Vous plaira... si Vous lé voulez absolument... Mais sous quel prétexte me présenter

thez elle?.^.

STOCKWELL.

Je puis vous en fournir un très -bon motif. MissRusport m'a écrit ce matin pour me prier de lui prêter trois cents guinées pour quinze jours ; ne pouvant les lui porter moimême , comme je l'aurais désiré , je lès lui ai envoyées par Stukely : elle a imaginé de lui remettre un fort bel écrin de diamans pour sûreté du prêt. Vous concevez bien que je ne veu^ pas prendre de gage , ni priver miss Ausport un seul instant de la jouissance de ses diamans : je voudrais donc que vous allassiez les lui rendre de ma part ; vous ajouterez qu'elle peut me regarder comme son banquier , et que je ferai honneur à toutes ses traites. Si vous voulez embellir tout cela de quelques aimables complimens; de quelques phrases galantes , il n'y aura pas grand mal : qu'en pensez-vous ?

BELCOUR

Des complimens ?... dejla galanterie ?. . . c'est à quoi je ne m'entends pas du tout; personne n'y est plus gauche que moi...

STOCKWELL.

Comment ?... refusez - vous la commission ? J'avais pensé qu'elle vous serait agréable !. . .

BELCOUR

Je ne la refuse pas... puisque vous voulez m'en charger; mais...

STOCKWELU

Monsieur .Belcour , il s'est fait en vous un cbange-* ment depuis tantôt. . . Il vous est arrive quelque chose. . . Me trompé-je?...

BELCOUR

Mon , vous ne vous trompez pas... Mais je he puis vous dire ce que c'est... Une pareille confidence est si peu convenable à faire à un homme grave , à un homme de votre âge!...

STOGKWELL.

Il suffit que l'objet vous touche , pour qu'il m'intëresse plus que vous ne pensez. Je serais flatté, trèsflatté d'obtenir votre confiance ; mais je ne veux ni la forcer, ni la surprendre... Vous m'aviez cependant demandé des conseils : comment pourrai-je vous en donner, si j'ignore...

BELCOUR

Je vous le dirai peut-être. . . quelque jour. . . ; mais , à présent... je vous l'avoue i, je craindrais vos conseils... je pourrais n'être pas disposé à les suivre.

STOCK WÈtiL, à part.

Yoilà mon jeune homme prêt à faire quelque étourderie ; cela n'est peut-être pas bien grave... Laissons-le aller. . . C'est un moyen de l'éprouver.

BELCOUR

Que dites-vous?

STOCKWELL.

Je dis que yous êtes le maître de yos actions.

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