‹ ŒuvresChapitre 92 sur 240 · ACTE IV, SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. i

elle a commence par me forcer d'accepter ces trois cents livres sterling que je viens de remettre à mon père...

CHARLES

Bonne Charlotte ! . . . Ensuite. . .

LOUISA

Ensuite elle m'a dit qu'elle avait vu M. Belcour , et que dans leur conversation il lui avait assure positivement qu'il m'a fait présent d'un écrin de diamans^..

(CHARLES

Et que vous l'aviez reçu ?

LOUISA

Il s'en flattait; M"^ Fulmer paraissait mêlée dans cette négociation.

CHARLES

Le pis que j'y trouve , c'est que vous y soyez compromise... Quelle idée ce M. Belcour se fait-il de nous ? Comment se permet-il d'assurer que vous recevez de lui des présens ?

Il est certain qu'il m'importe que ce mystère soit éclairci.

CHARLES

C'est moi , c'est votre frère que ce soin regarde... M'inquiétons point mon père de cette aventure... Les Fulmer ne sont point ici ; ils peuvent tarder long-tems à revenir; je vais m'adresser à M, Belcour lui-même;

i34 LE JEUNE CRÉOLE.

je le trouverai chez M. Stockwell ; je saurai de lui la yëritë de cette affaire.

LOUISA

Vous irez sans doute aussi remercier Taimable miss Charlotte ?

CHARLES

Oui, ma sœur, j'irai. Vous savez combien j'aime miss Charlotte ; j'ose m'en croire aimé ; pourquoi faut-il que ma mauvaise fortune me défende de penser à des nœuds qui auraient fait mon bonheur?

LOUISA

Et le sien. Je vous plains, mon frère, e4 je vous admire.

CHARLES

Nous sommes pauvres , Louisa , et nous devons avoir les vertus de l'infortune. Elle nous commande la prudence , et je vous engage à vous défier de Belcour. U peut avoir des vues honorables ; il peut aussi n'être qu'un homme léger, sans principes; c'est ce que je pourrai reconnaître dans la conversation que je me propose d'avoir avec lui. En attendant, je vous lé répète, agissez avec prudence ; défiez-vous ; je crains pour vous quelque piège.

LOUISA

Monsieur Belcour ne parait pas capable de fausseté ; je croirais plutôt qu'il pousse à l'excès la franchise...

CHARLES

Ne vous laissez pas trop prévenir en sa faveur*..

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