A moins qu'elle ne fut, qu^elle ne soit
6. Sur Malbastit, gentilhomme du duc de la Rochefoucauld, et sur son fils, qui avait une liaison avec une des femmes de la maison de Mme de Chevreuse, Bflle de Bessé , dont le nom vient ciaprès, voyez, dans Madame de Chevreuse (Appendice^ p. 4^6^ ^^7% 438 et note i), V Extrait de Vinformation faite par le président Vignïer de la sortie de Mme de Chevreuse hors de France^ où le nom est ëcrit Malbasty, — Le second appendice de ce tome III contient sept lettres à Malbastit : voyez p. a8a, note i*
7. Nous ne savons si la personne ici désignée appartenait à la famille de Henri de Bessë ou de Besset, sieur de la Chapelle-Milon, littérateur, contrôleur des bâtiments en i683 (voyez notre tome I, p. 354 et note 3). Dans le département de la Charente, tout près de Tusson, à quatorze kilomètres de Ruffec, est une petite commune du nom de Bessé, au sujet de laquelle nous lisons dans V Histoire de PAngoumois^ de Vigier de la Pile (1846, in-4''9 p. Qxxxix) : a II y a une maison noble qui en porte le nom ; elle est composée de deux fiefs différents, qui appartiennent,
 un geDlilhomine, ti que o'est une affiiire qu'elle afieotîonne exlrémemeni; o*est pourquoi averlissez Malbastil de ne s'y opposer point, pource qu'aussi bien cela ne serviitut qu'à aigrir Mme de Chevreuse encore plus contre lui. Dites-lui aussi que je lui conseille de renvoyer à Mlle [de] Besaé toutes les lettres qu'il a d'elle, afin de témoigner plus de respect i Mme de Chevreuse, et qu'il lui rend cette déférence dans une chose qui lui est extrêmement sensible; enfin vous le pouvex assurer qu'on lui saura gré d'en user comme je vous mandoi et, de plus, qu'il me fera plaisir. Envoyez-y un homme exprès, afin d'avoir promptement réponse, et envoyezlui plutôt ma lettre en cas qu'il n'ait pas reçu celle que je lui ai écrite. Faites mes compliments à tous mes amis et m'en mandez des nouvelles et de l'état où est la terre d'Anville et la forêt.
Màrcillac.
À Parisi ce a8"** septembre 1643.
n. AU CARDINAL MAZARIIf. ~" :
MoNSBir.NEua,
J'aurois plus tôt rendu mille très-humbles grâces à Votre Ëmiucuce de l'honneur qu'EUe m'a fait dans la
dfpuis près de deux siècles, à la muisoii de Danch^. » \oytt auMÎ les Chrom^fws foMtenmtMfutêê (notanment p. 3to), par A. D. de la Fonlenelle de Vaudoré, Fontenay-le-Gomte, 184 1« in-8*; le nom y est ^orit i?MMj.
LiTTaB 7. — Vue sur Pautographe, qui faisait partie de la coUeotion de M. Feuillet de Conohes ; sept pages in-folio ; cachets coulervét. Elle porte en tête, d'une autre main, ottte mention t
a8 LETTRES.
j0.| lettre qu^il lui a plu d'écrire à mon père, si je n'avoi* cru que ce devoir lui seroit moins désagréable en raccompagnant des assurances que je puis donner à Voire Éminence de Tentière obéissance où j*ai trouvé la province de Poitou. 11 est vrai, Monseigneur, qu'elle n*a pas été d'abord égale partout, et que quelques habi* tants d'un lieu nommé Sainte-Hermine et d'un autre nommé Sainte-Geme *, ayant été pour démolir deux bureaux de leur voisinage des Traites de Charente', j'ai cru les devoir punir plus sévèrement que les autres, et
« i** septembre 164^» M* àe Maroillao, » mention qui le troure répétée tinti, tu do» de It lettre : « M. de Maroillto, i**" leptembre 1648. » — On a vu, dans les Mémoirti (au tome II, p. 104 et lo5), et auMi dans V Apologie de M, le prince de MarcUlac (p. 4^9 et 460, à la suite des 3fé moires), qu'au moment où la Fronde éelatait â Paris par Parrettation de Broussel et de Bianomesnil, k la fin d'août i648« notre auteur, qui n'était alors que prince de Marcillac, s'était rendu, sur Tordre de la Heine, a son gouremement de Poitou, afin d'y réprimer des désordres survenus à propos de perceptions fiscales. Cette lettre du i*' septembre, qui informe le Cardinal de l'apaisement de la rébellion, est précisément celle & laquelle Mazarin fit, le 9 du même mois, la réponse que nous avons donnée dans notre tome II (note 3 de la page io5). Voyez, dans V appendice ▼, 1*, de la Notice biographique, p. cm et cir, l'indication de pièces relatives à la gestion de Marcillac en Poitou, et de l'ordre de mise en liberté des six habitants de Sainte-Hermine.
I. Sainte-Hermine et Sainte-Gemme-la-Pluine sont, l'un un chef* lieu de canton, l'autre une commune (canton de Luçon) de l'arrondinement de Fontenaj-le-Comte, lequel confine aux anciennes provinces d'Aunis et de Saintonge.
9. On donnait autrefois le nom de traites aux droits prélevés tor l'importation et l'exportation des marchandises. Les Traites (on disait auMi le Traita) de Charente se levaient à l'entrée et a la sortie des provinces de Saintonge et d'Aunis, qui, au sud, confinaient au pays dont le prince de Marcillac était alors gouverneur; le principal bureau de perception se trouvait & l*onnay-sur-Charente. Notre ^uuteur nommera plus loin Traites foraines les droits imposés aux idenrées qui, au nord, entraient dans son gouvernement ou en r^rtaient.
c est oe qui m'a obligé d y envoyer dix compagnies du ^^ g régiment d'Aobeterre', qui étoient à Lusson ^, de rete* nir pnsonniers six habitants des plus considérables, et de fiiire rétabliri aux dépens de ces lieux-là, tous les désordres qui ont été commis dans les deux bureaux dont je viens de vous parler.
Pour ce qui est des autres lieux, d'où les commis des mêmes bureaux de la Traite de Charente se sont retirés d'eux-mêmes, et sur la crainte d'un pareil traitement, j'ai cru qu'il suCBsoit de les y faire retourner, et de les mettre en la protection des habitants, et de les rendre responsables de leur sûreté. Je suis au désespoir, Monseigneur, qu'une chose aussi peu considérable que celle qui est arrivée vous ait pu faire douter de la fidélité d'une province qui certainement est aussi soumise qu'aucune autre du Royaume ', et dont je puis répondre a Votre Ëminence que la noblesse n'a eu aucune part à ce qui s'y est passé, et que la faute d'un très-petit nombre de gens ait produit toute l'importunité que cette affaire-là vous a causée.
J'espère, Monseigneur, qu'il n'y aura plus désormais aucune suite qui vous puisse déplaire, et je vois toutes choses si disposées à une obéissance entière, que j*ose supplier très-humblement Votre Ëminence de se servir, en cette rencontre, de la même douceur qu'Elle a tou-
3. Cest-à-dire du rëgiment qui «Tait pour colonel le marquis d'Aobeterre, Pierre Bouchard d*Esparbez de Lussan.
4. Laçon, chef-lieu de canton du département de la Vendée, airondiaaement de Fonteoajr-le-Comte.
5. On Toit par le Toi urne du Dépôt des affaires étrangères cité dans la note préliminaire de la Uttn 1 (p. i3), qu'il n*en fut pas aînsi on peu plus tard, en i65o; on y lit notamment, dans une pièce intitulée KouptUes^ non paginée et sans date, mais qui se rapporte à Tannée «n question, que Sionte-Hermine, la localité nommée plus haut, joua encore un rôle considérable dans le mnuTement.
3o LETTRES.
' jours pratiquée, et de consentir que je reinette en liberté de pauvres gens qui sont les moins coupables et qui m*étoient venus trouver pour se justifier. Outre la compassion que je crois que Votre Éminence en aura, par Fassurance que je lui donne que leur faule est beaucoup moindre que celle du menu peuple, je la supplie très-humblement de considérer qu^étant les principaux des lieux où les désordres sont arrivés, ils seront plus obligés, par la grâce qu*ils recevront de Votre Eminence, de maintenir, à Tavenir, les autres habitants dans leur devoir. Enfin, Monseigneur, je prendrai trèsgrande part à cette grftce, et je puis assurer Votre Éminence que les commis même souhaitent qu^il vous plaise de me Taccorder, et sont persuadés que cette marque de votre bonté leur sera avantageuse.
Pour ce qui est arrivé aux bureaux des Traites foraines', les trois lieux où il y ait eu quelque chose de considérable, ç*a été à Tonars, où M. de la Trimouiile se charge de rétablir toutes choses, comme Votre Éminence le verra par la copie de deux lettres que j*ai reçues de lui^; le second est Bressuire', où les habitants
6, Vojez ci-deMUf, la note a.
7. Thonarf, petite rille du Poitou, ohef-Jieu de otnioii de Tarrondifsemcnt de Bretsuire (Deux-SAvres) ; elle arait été érigée en dttchë-pairie pour les la Trémoïile. Il s'agit ici do Henri de la TrëmoYlle, duc de Tliouars, né en 1598, mort à Thouars en 1674 : royez le ChartrUr de Tltouan^ publié, en 1877, par M. le duo de la Trémoïlle (p. i35 et outrantes). On no pouvait pas faire grand fond sur sa {idëlitd, car on le voit, six mois après (mars 1649)» offrir au parlement de Paris un corps de troupes, pourvu que la Compagnie l'autorise à « se saisir des deniers royaux, dans les recettes générales de Poitiers, de Niort et d*autres lieux, dont il étoit déjÀ assuré. *> Voyez les Mémoires de Retz^ tome II, p. 371 et note 6.
S. Bretsuire ou Bersuire, comme on disait alors indifféremment, chef-lieu d'arrondissement des Deux«Sèrres, dans le bas Poitou, a peu de distance do Thouars, an sud-oiic»t.
LETTRES. 3i
font rétablir toutes choses aussi, et répondent de la " sûreté des commis; et le troisième est Montagu*, qui appartient à un gentilhomme de mes amis, nommé M. de Vieillevigne^^, qui m*a envoyé assurer que toutes choses seront rétablies, et que les habitants de la terre répondront aussi de la sûreté des commis qu'on y voudra envoyer.
Voilà, Monseigneur, ce que j'ai cru devoir faire pour obéir aux commandements de Votre Ëminence, n'en ayant point eu de plus porticulier. Je la supplie tréshumblement de croire que je les suivrai toujours ^^ avec plus de passion et de respect que personne, et que de tous ceux qui lui sont obligés il n'y en a point qui soit si véritablement que moi.
Votre très-humble et très-obéissant serviteur. Monseigneur,
Màrcillac*
A Fontenay", ce i*' septembre *' [1648].
Je^^ ne dis point à Votre Ëminence que je me serois rendu auprès d'EUe, si je m'étois cru plus utile à son
9. Montagu ou Montaigu, bourg du ba» Poitou (Vendée), cheflieu de canton de Tarrondissement de la Roohe-tur-Yon, à l'ouest de Bressuire et de Thouars.
10. Il 7 a une commune et un ohftteau de Vieillevigne non lom des lieux dont il est ici parle, dans le canton d'Aigrcfeuille (Loirelnf<^rieure).