I05. — LA MARQUISE DE SABL& AU DUC DE LA ROCHEFOUCAULD
Cbst votre complaisance plutôt que la mienne qui vous oblige à me faire part de vos maximes, parce que je n'en suis pas digne. Je vous dirai pourtant, Monsieur, comme si je ne vous disois rien, qu'il me semble que :
Dans la première maxime, il faudroit expliquer quelle sorte de confiance, parce que celle qui n'est fondée que sur la bonne opinion que Ton a ' de soi-même est différente de la sûreté que Ton prend avec les personnes à qui Ton parle.
La quatrième est merveilleuse, il * n'y a rien de mieux pénétré.
Sur la huitième, il n'y a point de vraies grandes qualités, si cm ne les met en usage.
Sur la dixième, il n'y a rien de mieux trouvé.
La onzième est bien vraie, car le naturel ne se trouve point où il y a de l'affectation.
La douzième : il n'y a rien de si beau ni de si vrai.
La treizième est très-belle.
La quatorzième est bien vraie', car le vice se peut corriger par l'étude de la vertu, et la foiblesse est du tempérament, qui ne se peut quasi jamais changer.
Sur * la cinquième : quand les amitiés ne sont point fondées
Lettab io5. — PortefeuiiUs de Vallant^ tome II, fol. 1S4 ^^ i^^t de la main de VaUant ; an dos, cette mention, de la même main : « Maximes de M. de la Rochefoucault, en juillet* 167$, ayco les réflexions de Madame. Ceci est copie (jîc). » Cette réponse de Mme de SabM à la précédente lettre de la Rochefoucauld a été publiée en note dans Tëdition de 1 818, p. 118, et reproduite dans celles de i8i5, p. 464, de 1869, p. 33i, et dans IfadWme de SMé^ p. 5ii.