‹ ŒuvresChapitre 157 sur 205 · I. LB COMTB FRANÇOIS V DB LÀ ROCHBFOUCÀULD · texte numérisé non relu

I. LB COMTB FRANÇOIS V DB LÀ ROCHBFOUCÀULD

À ARNÀULD D*ÀNDILLY^.

Cl n'est pas comme Qui quoi* qae je vous ëcris; tous mes

LrmB I. — D*après une copie de la main de M. Gilbert; rien dans les papiers ne nous apprend qoi était le possesseur de Tongînal. La lettre est antérieure à la fin de 16 19, puisque le père d*Amanld d'Ândilly (yoyez ci-après la note 6) j est mentionné comme encore Tirant. Elle est bien de François V de la Rochefoucauld, père de notre auteur, chef de la famille depuis la mort de François IV (décédé dès 1591), et possesseur de Verteuil, d*où la lettre est datée. François V était né en i588, la même année qu*Amauld d'Andilly, que, dans la première phrase, il traite de camarade. Il n'arait encore que le titre de comte; la date de Térection de la Rochefoucauld en duché est i6si.

!• Robert Amauld d'Andilly, fils aine d'Antoine Amauld Tarocat, et firère du grand Amauld. Né en i588, il se retira dans sa cinquante-huitième année, c'est-à-dire en 1646*, à Port-Royal-de»- Champs, où il mourut en 1674. Il fut tour à tour commis du surintendant des finances Henri de Schonberg, attaché au duc d^Orléans, conseiller du Roi en ses conseils, intendant de Tarmée d'Allemagne en i634. U « laissé des Mémoires publiés sous la rubrique de Hambourg, 1734, * Tolumes in-ia. On a tu dans la ftoiêcê qui est en tête de notre tome II (particulièrement aux pages Tin et ix) que la Rochefoucauld le consultait sur ses écrits.

1. Qui fifoî était Traisemblablement un sobriquet par lequel,

• Dais à labrtitaer à esUe de 164a, donai&e sa tome II (p. Tm, sole i) : va|« Sai le -Bi ttf , Pori-ilofs/, tome II, p« a5o.

ai8 LETTRES.

camarades m'ont trop oublié pour me pouvoir souvenir d'eux avec honneur ; c'est seulement pour vous dire que j'ai changé de folie, et que Tagriculture tient aujourd'hui la place de toutes les autres que vous connoissez. Je vous demande donc mi jardinier qui ait toutes les qualités nécessaires pour gouverner mes arbres*. Je prétends le nourrir et lui donner les gages dont vous conviendrez avec lui ; mais il faut que ce soit un grand personnage, car j*ai trois ou quatre maisons* sur lesquelles il aura une autorité absolue', et il ira de Tune à l'autre faire exécuter à ceux qui seront sous sa charge tout ce qu'il jugera à propos. Sérieusement, je vous supplie trèshumblement d'employer même Monsieur votre père *, pour vous aider à bien choisir. Je crois que je ferois bien aussi de m'adresser à lui, pour vous obliger à me pardonner la liberté que je prends de vous donner mes commissions ; mais je ne puis toutefois me résoudre à vous en faire bien régulièrement des

dans Tenfance, la première jeunesse, les camarades désignaient Tauteur de la lettre, peut-être pour des habitudes de curiosité, de fréquente interrogation. La camaraderie dont il parle ici ne pourait remonter au collège. Arnauld d^Andilljr, qui, au reste, comme nous TaTons fait remarquer, était exactement du même âge que le comte de la Rochefoucauld, avait été élevé dans la maison paternelle; et le comte aussi, très-probablement, a Mon père, dît le premier dans ses Mémoires (tome I, p. 90, édition de 1734), ne voulut pas me mettre au collège parce qu^l saToit conibien Ton y apprend de choses que Ton seroit heureux de n*aToir point sues. »

3. Arnauld d^Andillj était fort compétent dans les choses de l'horticulture; on le surnommait le a sayant jardinier j», et luimême, à la Teille de sa retraite, s*intitulait par avance, selon le témoignage de Fontauie dans ses Mémoires (tome I, p. i89,Utrecht, 1736), le Surintendant des jardins (de Vaihhaiye). VoyezlePort^Bofol de Sainte-Beuve, tome II, p. i54-a64 ; et M. Varin, la Férité sur les Arnauld, tome I, p. 37.

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