‹ ŒuvresChapitre 89 sur 205 · A LERET · texte numérisé non relu

A LERET

Tâï reçu votre lettre dans le moment que mon fils partoit pour s'en ' aller à Paris. Je vous rends mille trèshumbles grâces de votre soin ; ma femme et toute ma famille vous en font tous les remerciements possibles. Je suis extrêmement fàclié du mal de M. deGuitaut; je donnerai charge qu'on m'en mande exactement des nouvelles. J'ai bien cru que vous ne vous exempteriez pas aisément du voyage de Ghûteauroux* ; je souhaite qu'il se fasse agréablement et utilement. Je vous envie bien vos soirées à l'hôtel de Nevcrs*. Je suis à vous plus que personne; j'ai tant de hâte, que je ne puis vous entretenir plus longtemps.

Suscription : Pour Monsieur l'Enet.

LiTTRB 48. — Manuseritt de Lenet^ tome XXIV, fol. i47« autographe; rien au dos; cachets conserves. — Tout en plaçant ici cette lettre de date incertaine, qui peut être postérieure à la rentr<<e de Lenet en Franco en 1659, nous convenons qu^elle pourrait aussi avoir ëtd écrite, bien avant cette date, en i65o, après la première paix de Bordeaux, quand le duo s'est retiré à Vcrtt'uil, que Lcnet voyage pour diverses missions, que Guitaut est malade {Mémoires de Lenet^ p. 437)* Les remerciements du début, à Toocasion du ioin pour un fils allant & Paris, paraissent s^appliquer à un fils encore adolescent ; mais comme rien ne nous dit de quel fils il s^agit, cela ne peut nous aider à mieux fixer la date.

I, S* en surcharge un autre mot; à la ligne suivante, devant femme {famé) y est biiïé et,

9. La ville de ChÂteauroux (Indre) appartenait au prince de Condé. C'est lu qu'il relégua sa femme, après le scandale de 167 1, et qu'elle vécut jusqu'à 1694^ date de sa mort.

3. L'hôtel de Nevers, qui devint ensuite (vers 1669) l'hâtcl de Conty, était situé sur le quai de In rive gauche, près du Pont-Neuf, là où est maintenant Thûtel des Monnaies. Acquis, en 1579, par Louis de Gonzague, duc de Nevers, lequel l'avait fait reconstruire, il avait été vendu, en 164 1, à Henri de Guénegaud, seigneur du Piessis et de Fresne, marié à Isabelle de Cholseul, dont il est question

LETTRES. ii5

Je vous envoie vos sentences d'aujourd'hui, et j'ai écrit à M. Esprit' pour venir demain voir Fouvrage tout

dans la Uttre 108, p. 217 et note i.Cétait, ditleP.Rapin dans ses Mémoires (tome II, p. 367), « le réduit le plus agréable de Pariii par le concours de la plupart des gens d*esprit. »

Lbttbb 49* — Bibliothèque nationale, Porte feuillet de VaUant^ tome II, fol. 143, autographe; au dos: « M. de la rochefoucaa (jic). M Elle a été publiée dans les éditions de 181 8, p. aaS, de i8a5, p. 4^7) ^^ 1869, p. 3ao, et dans Madame de SahU^ p. $09. -i- La fin parait faire allusion au projet de mariage de Jeanne-Charlotte du Plessis-Liancourt, fille unique de Henri du Plessis, duc de la Roche-Guyon, avec le fils de notre auteur, François VII, prince de Marcillac, mariage qui eut lieu le i3 novembre i6S9.C)n Toitfpar les Mémoires de GourvUle (p. 269), que cette union avait été négociée dès la fin de i653.

I . Madeleine de Souvré, fille de Gilles de Souvré, marquis de Courtenvaux et de Françoise de Bailleul; née en 1599, elle épousa, le 9 janvier 16 14, Philippe-Emmanuel de Laval, marquis de Sablé, mort le 14 juin 1640, et mourut elle-même le 16 janvier 1678. — Voyez sur elle et sur ses relations avec la Rochefou*cauld, la Notice biographique^ p. lxvii et suivantes, et deux ouvrages de V. Cousin : Madame de Sablé (particulièrement p. 106 et suivantes, édition de 1869), et la Société française au dix^teptième siècle (tome II, chapitre viii).

3. Jacques Esprit, de TAcadémie française, néàBéziers en 161 1, mort en 1678. Pensionné d'abord par Mme de Longueville et par le chancelier Seguier, il se mit ensuite dans l'Oratoire, d'où il sortit pour se marier et s'attacher au prince de Conty. Il est auteur de maximes intitulées : la Fausseté des vertus humaines, dont le i** volume a paru en 1677, le second en 1678, c'est-à-dire la même année que rédition déGnitive des Maximes de la Rochefoucauld, que les Maximes de d^Ailly et celles de Mme de Sablé (voyez dans notre tome I, la fin de la note s de la page 35 1). Tallemant des Réaux (tome V, p. 376) lui a consacré une historiette^ et V. Cousin quelques pages dans Madame de Sablé (p. 11 8-1 sa), où il lui attribue par erreur les Maximes politiques mises en vers (1669), qui sont ToeuTre du frère aîné de l'académicien, le P. Thomas Esprit, de rOratoire. Ces Maximes politiques sont dédiées, non pas, comme le

ta6 LETTRES.

" entier. Je vous supplie très-humblement de ne rien dire à personne de Tespérance que je vous ai dit que j'avois que Mlle de Liancourt vous feroit gagner votre gageure, car on pourroit lui écrire des choses' qui fortifieroient les sentiments contraires à ceux que je lui souhaite.

5o« AU PRinCE DE GOIKDÊ.

MoHSBIGHBUa,

Je ne pense pas avoir besoin de beaucoup de paroles pour persuader à Votre Altesse Sërénissime la joie que j*ai de son retour en France, accompagné de tant de

dh Coaftin, à Montausier, gooTernear dn Dauphin, maîi au Dauphin lui-même, arec une lettre à Montauftier, que Tauteur prie de left faire lire au Roi. On peut voir encore sur Jacques Esprit une étude de M. Soucaille, professeur au collège de Bëriers (1867, in-8^), et un chapitre du livre de M. Kerviler sur le ChaneelUr Pierre Se gmer (1874, in-S«, p. 5l 1-537).

3. Ces « choses pourraient bien être les relations du futur avec Mme d^Olonne. Mademoiselle rapporte (tome III, p. 3S7 et 358) qu'il j eut tout un complot, où intervinrent Tabbë Foucquet, le comte de Guiche, Mme de Guémené, le maréchal d*Albret ; que ce dernier alla dénoncer le commerce de galanterie, montrer les lettres de Marcillac à M. de Liancourt, < pour le dégoûter de lui donner sa petite-fille, 9 mais que ce fut en vain.

LarTBB 5o. — Copiée sur un autographe conservé dans les archives de la maison de Coudé et appartenant à Mgr le duc d*An* maie. Deux feuillets; cachets endommagés. — La lettre est de 1659, antérieure de six jours au départ pour la France du prince de Coudé, qui quitta Bruxelles le 19 décembre et arriva à Coulommiers le 5 janvier 1660. Le traité des Pyrénées avait été signé le 7 novembre, ratifié par le Roi le 34, par l'Espagne le 10 décembre; Guitaut avait apporté au Roi, à Toulouse, la déclaration de Condé le même jotu*, 10 décembre; et le prince se disposa à rentrer dans sa patrie aussitôt après avoir reçu la réponse du Roi.

gloire et de taol d^avantages ^ Car je m^îmagiae. Mon*

•etgoeort que irons me faites toujours l^honnenr de ' ' croire qne j^ai pour tout ce qui touche Votre Altesse Sf^rénissime les mêmes sentiments que ses serviteurs particuliers doivent avoir; j^espere que, dans le nombre infini de ceux qui diront la même chose en cette ren* contre â Votre Altesse àSérénissime, Elle voudra bien me faire asseye de justice pour croire que personne ne peut prendre plus de part que moi à sa satisfaction, ni être si véritablement que je suis.

Monseigneur,

De Votre Altesse Sêrénissime très-humble et trés-ol>éissant serviteur,

La Rochefoucauld.

A Paris, le a3«» de di^cembre [16^19].

Suscriptlon : A Monseigneur Monseigneur le Prince*

5l. ▲ LA MARQUISE DE 8ABLÈ.

Je ne pensois pas vous pouvoir faire des reproches dans un temps où vous me faites tant de bien ; mais enfin

f . \Ai traiU fttipulait a que Monsieur le Prince ternit rëtaUi dans «eft bonncuri, te* biens, ses titres et tes gouvernements. » \oyet VffUtoirê de Louis de Bourbon^ second du nom ^prince de Condé,.,^ par M. Desormeaux, 1769, tome IV, p. 169. Le mot de gloire^ qui peut <^tonner un peu, est employ<^ dans cette histoire, quelques lignes plus bas, absolument dans le même sens, plus large que C4'lui d*à présent, où le prend la Rochefoucauld : a On peut dire qui* jamais prince qui n*<itoit pas souverain ne sortit avec plus de gloire que Condë de TabCme où les passions Tavoient égaré. »

1.4rrTaB Si, -^Portefeuilles de Voilant^ tome II, fol. ix5 et 116, autographe; cachets conservés; au dos : « Rochefoucau {sic), Elle a l'té publiée dans les éditions de 1Ô18, p. ai8, de i8a5, p. 445,

ia8 LETTRES.

TëôT j^ trouve que vos soins et vos bontés demandent toute autre chose de moi que de souffrir patiemment votre silence. Je viens d'en faire mes plaintes à Gourville, qui va passer en Languedoc, en Provence et en Dauphiné^, et qui sera cependant dans trois semaines à Paris. Il me parle si douteusement du jour du mariage * que je ne vous en puis rien dire d'assuré ; je suis même fâché qu'il n'ait rien remarqué de vos bons amis les Espagnols * qui les ^ fasse juger dignes de l'estime que je vous en ai vu faire. On ne parle que de la magnificence des habits de notre cour"; il me semble que c'est mauvais signe pour ceux qui les portent, et qu'ils devroient souhaiter qu'on parlât d'eux aussi. Continuez -moi l'honneur de vos bonnes grâces, et croyez, s'il vous plaît, que personne du monde ne les souhaite et ne les estime tant que moi.

Suscription : Pour Madame la marquise de Sablé.

de 1869, p. 3oa, et dans Madame de Sablé ^ par Y. Cousin, p. Soi. La date est éTidemment 1660 : il est question du prochain mariage du Roi avec lUnfante d^Espagne, Marie-Thérèse.

I, Voyez les Mémoires de Gourville^ p. 33o-339.

a. La célébration du mariage du Roi eut lieu le 9 juin. Voyez les Mémoires de Mme de Motteville, tome IV, p. si 3-317; ^^^^^ ^ Montglat^ tome III, p. io5 ; et deux lettres intéressantes de Mlle de Vandy à la comtesse de Maure, insérées par Cousin dans Xappen^ dice XXII de Madame de Sablé (1869, p. 492-498).

3. V. Cousin a donné, dans la première édition de Madame de Sablé (i854, p. 178-180), une lettre de Mme de Longueville à la marquise, également de 1660, où se trouvent ces mêmes expressions : vos bons amis les Espagnols, qu'il rapproche du passage de cette lettre-ci, en faisant remarquer que, dès sa jeunesse, Mme de Sablé arait montré beaucoup de goût « pour le genre espagnol en toutes choses. » On sait que Gourville alla plusieurs fois en Espagne : voyez ses Mémoires (p. 291 et 408), et, à Vappendice i de ce volume (p. 376-879), une lettre du prince de Gonty A notre auteur.

4' Après Us, rende est biffé.

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