Ouvroir, lieu où l'on travaille, officine
4. Remarquez, dit le poète, qu'il en est de la diplomatie amoureuse, de la coquetterie, de l'art de se faire aimer, comme d'une boutique d'apothicaire : les sentiments les plus contraires, les apparences les plus contradictoires, se trouvent dans le même cœur, sur les mêmes lèvres ; ils constituent le code de la galanterie, comme les drogues les
Droîts nouveaux. I $9
La batte ' : « Je vous ayme bien »,
Le couverceau : « Vous me faschez » ;
La fiole : « Vous me plaisez » ,
Et Vescripteau ^ : « Ce n'est que ordure » ;
Le dedans c'est : « J'en pers les piedz? j^^
Et le dessus : « Je n'en ay cure ».
Autour d'une mesme clôture
Il y a roses et espines,
Bien et mal, chaleur et froidure,
Composées de divers mines 4.
Puis y a de vieilles racines 5
Qui ont la vertu de aymant.
Et ne servent , pour médecines.
Sinon à tirer de l'argent.
On peult donc jurer bonnement
Que en amours, en toute façon,
En tous estatz , présentement
Il ne court que déception.
plus opposées constituent ladite boutique. En effet, la femme pense : « Je lui veux complaire », et elle persécute le pauvre galant, en disant : « Vous n'aurez rien », etc.
1 . La batte, c'est ce qui remue le fond du vase ; c'est-àdire qu'au fond du cœur il y a : « Je vous ayme bien», tandis que le couvercle, l'apparence, dit, etc.