‹ ŒuvresChapitre 41 sur 181 · Si elle est ou non en bonne position de fortune · texte numérisé non relu

Si elle est ou non en bonne position de fortune

8. Les leçons étoient des extraits de l'Ancien Testament et des Pères qui entroient dans la composition des

Droits NOUVEAUX. 47

Tantost vêla Colin le Suysse '

Qui en va faire une chanson ;

Quelque tabourin ou bourdon

En orra, peultestre, le bruyt^ :

C'est pour dancer ung tourdion 5

Et faire une aubade de nuyt.

Ha ! qui tiendroit le droit escripî

Et le droit naturel lous]ours ,

Chascun craindroit, grant et petite;

Jamais on ne feroit telz tours !

Il fauldra que l'ung de ces jours ,

Pour corriger telz inventeurs ,

Venus, la déesse d'amours ,

Y envoyé ses reformateurs ;

Combien que tous ses grans docteurs ,

Ses grans clercs, à ses rouges hucques^.

Sont fort embesongnez ailleurs

offices, des matines, par exemple. Chaque religieux ou chanoine en lisoit une à son tour, à voix haute.

1 . Colin paroît être le sobriquet que les François donnoient aux Suisses. On appeloit colin-tampon le tambour d'abord , puis le son , le jeu propre au tambour des Suisses.

2 . Quelque sonneur de tabourin ou joueur de chalumeau en entendra la musique : c'est assez pour en faire, etc.

}. Sorte de danse qui ressemble à notre ronde.

4. Chacun, grand ou petit, qui suivroit... craindroit^ et jamais on ne feroit, etc.

5. Hucque, sorte de manteau d'origine allemande. Coquillart veut dire : les grands clercs, les docteurs d'amours avec des manteaux rouges, comme des docteurs en droit.

48 COQJJILLART.

Touchant le faict de ses perruques ' Car aujourd'huy de deux freluques' De cheveulx, d'ung petit monceau, Il semble qu'il y en ayt jusques Au collet et plein ung boesseau.

J'ay veu despescher au Seau, L'autre jour, des lettres patentes Pour couper au rez de la peau Telles qui ne sont souftisantes 5.

Venons aux matières présentes , Du droit naturel commencées.

Femmes qui sont belles et gentes Doivent elles estre laissées ?

Nenny, non , mais estre priées Avoir 4 leur plaisir et esbat,

1 . Us sont fort empêchés par la longueur de leurs cheveux, vrais ou faux ; ils sont fort occupés à propager dans le monde cette mode nouvelle. M. Tarbé, qui attribue à Coquillart l'invention du mot perruque, en donne une étymologie ingénieuse. Il est possible, en effet, que le malicieux chanoine, raillant , avec l'amertume d'un vieillard chauve, l'extravagance de cette mode, ait voulu indiquer que de tels cheveux étoient assez longs pour remplacer un manteau , une hucque.

2. Ou freluche, fétu de paille, brin de charpie, ici, de deux brins, d'un petit monceau de cheveux.

3. C'est ainsi qu'on punit ceux qui ont l'audace de porter si petites perruques.

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