AUX MONNAIES COUPÉES
(Extrait du tome XII (nouvelle série) de la Revue muni fmaliq net
1861, pp. 493-i94.)
On trouve parfois des dépôts de monnaies coupées, telles, par exemple , que les moyens bronzes de Nîmes , qui ont élé soigneusement divisés d/e façon que chacune des moitiés conserve une des deux têtes qui composent le type. On a supposé que ces pièces avaient tenu lieu de la iessera hospitalitatis que deux personnes partageaient, et dont chacune gardait un fragment comme moyen de reconnaissance entre elles. M. de la Saussaye^ parlant de ce fait, s'exprime ainsi : « J'aimerais mieux croire que c'était une manière de se procurer une pièce de la moitié de la valeur de la pièce entière. Le type particulier aux coloniales impériales de Nemausus était très favorable à cet usage, parce que chacune des moitiés de la pièce conser* vait une effigie, et j'ai remarqué la même circonstance à l'égard des coloniales de Vienne aux deux tètes, el des as italiques avec le type du Janus bifrons. J'ajouterai que ces pièces ainsi coupées ont été trouvées en très grand nombre dans dos enfouissements monétaires. Si Ton considère l'extrême rareté des coloniales du petit module, relativement à celles du module supérieur, ma conjecture acquerra encore plus de foi*ce. Il pouvait bien alors se passer un fait analogue à ce qui a lieu aujourd'hui dans l'Amérique du Sud, où l'on est dans l'habitude de couper en deux ou en quatre les piastres d'Espagne,