COMTESSE D'ANJOU ET DE PROVENCE, REINE KÉGEXTE DE NAPLES
PKKDA^ÎT LA MINORITÉ DE LOMS III.
(£:Llrait du toine Xlll (uouvelle série) du la Revue numismatique, 186S,
pp. 103-143.)
Il y a quarante-cinq ans de cela, un antiquaire fort estimable, M. C. Zardetti, directeur adjoint du cabinet des médailles de Milan, publia dans la Biblioteca Italiana un mémoire intéressant dans lequel, entre autres choses, se trouve l'explication d'un denier d'Aquila frappé au nom d'Yolande d'Aragon, veuve de Louis II, comte d'Anjou et de Provence (1). M. Zardetti, homme instruit autant que modeste, n'avait pas avancé sçn attribution sans l'appuyer sur des preuves historiques véritablement solides. Ce travail me paraissait si concluant que, bien que je n'eusse pas vu en original le denier consei*vé dans la collection Mainoni, je n'en tenais pas moins Topinion émise par le savant milanais pour excellente. Ce fut donc avec un véritable étonnement qileje la trouvai condamnée sans examen, sans discussion, dans l'ouvrage d'un jeune archéologue très méritant que la mort a enlevé prématurément à nos études (2). M. Vincenzo Lazari n'avait certainement
(1) Sopra due monete del museo Mainoni^ Vuna delV imperat. LambertOy e V altra délia regina lolandOi etc. f, daus la Biblioteca italiana^ Milan, 1822, in-8», L XXVin, p. 181 et suiv.
(2) Zeeche e monete degli Abfntizi nei bassi tempi, Venise, 1858, in-8<*, p. 35 : (t Prima Che ci dipartiamo da Qiovanna 11, mi è mesticri acccnnare di volo qtiella tanto bizarra idea dello Zerdetti il quale. t^cambiaudo uel nome luhanda m uua ce lia del primo tipo la second' asta ricurva délia h nelk coda di una L) credette leggere lulanda, e ascrisâc la moueta a Violante vedova di Lodo-
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pas connu Zardetli donl il allërc le nom à trois reprises, ni bien probablement lu le mémoire qu'il traite si cavalièrement. Autrement, il eût modifié son avis, ou du moins il Teùt expriiiié en termes tout différents de ceux que j ai le regret de ne pouvoir effacer de son rcmarquable^travail. En 1841, lorsque Zardetli voulut bien me donner sa dissertation, je m^en itais rapporté à son coup d'œil pour l$i lecture du denier; mais après les dénégalions de M. Lazari, j'éprouvais un vif désir de voir quelques-unes des pièces qui, dans les planches mêmes gravées sous la direction de Fauteur des Zecche degli Abruzziy me paraissaient encore appuyer le sentiment de son devancier. Je n'ai pu me procurer à Paris les deniers d*Aquila attribués par M. Lazari à la reine Jeanne II, femme de Jacques de Bourbon, comlc de la Marche : mais j'ai trouvé dans le médailler du Musée royal de tapies de très bons exemplaires de ces monnaies qu'il m'a été permis d^ examiner à loisir. Or j'ai acquis la conviction que Zardetti ne s'était pas trompé. Voici la description de ces pièces.
1. S. P€TRVS. €. Saint Pierre (Célestin V), mitre, nimbé, assis tenant une croix.
^ + IVLAnOA. R€&inA. Aigle éployé (armes d'Aquila). Cella d'argent; poids, 21 grains. Zardetti, pi. n** 8.