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DE LA MAISON D^ANJOU

( Extrait du tome V (nouvelle Si'Tie) de la Revue numismatique,

1860, pp. 220-223.)

Aux pièces si intéressantes que publie M. Carpenlin, nous pouvons en ajouter deux appartenant à la série provençale.

La première est une petite monnaie de billon frappée ]()our Robert, avec le type de la couronne, 4- R'IHR'ETSICIL'REX.

Au revers, COMES PVINCIE, légende divisée en quatre parties par les bras d'une croix. Poids, 0*^53.

Cette monnaie porte un R., et Ton pourrait hésiter entre les noms de Robert et de René, si le style de la pièce, la forme des lettres, n'indiquaient pas très clairement Tépoque à laquelle le premier de ces princes a régné. Ce denier de Robert me paraît avoir servi de modèle à la monnaie d'Orange attribuée à Bertrand III (1282-1333) ou à Raimond IV (1338- 1340) (1), et qui porte aussi une croix dont les bras coupent la légende. Notre pièce est en assez mauvais état, en sorte qu'on ne peut voir si le P du mot PVINCIE est barré comme il le doit être. Cette lettre barrée en arrière est une abréviation de pro bien connue dans les manuscrits et dans les livres imprimés au xv** siècle. C'est ainsi qu'on trouve pcurator^ pvidtiSy pvincia^ ptit^ pdigalitaSy qui se lisaient procurator, providus, provincial proui, prodigalitas. Jamais, bien entendu, le nom de la Pro-

(1) Revue num., 1839, pi. V, n© 10. — Cf. les observations de Duchalaîs^ Revue num.y 1844, t, IX, p. 53.

4o6 QUELQUES MONNAIES

vcncc n'a été Puincia ; il ne s'agit, sur les monnaies comme dans les textes, que d'un usage graphique (1). On peut remarquer que les sceaux des Raimond Déranger offrent aussi une abréviation dans le mot BENGARII écrit pour fierm^^riY, et qui se prononçait ainsi bien certainement.

Feu M. Giulio di San-Quinlino a publié en 1837 à Turin, sous le titre do Notizie sopra alcune monete battute in Piemonte ^ un savant travail dans lequel il fait connaître une charte conservée aux archives de Marseille et relative à la monnaie piémontaise de Charles II. La ville de Cuneo avait été la première à ouvrir ses portes au comte de Provence, en 1257. Cétait là qu'était le palais où résidait le sénéchal, lieutenant du comte, et ce fut dans cette ville que Charles II établi!, par Tacte du 31 mars 1307, l'atelier monétaire dont il confia la direction à Tommaso Riba, Ardizio Merllo et Reccardino di Sommaripa.

Les espèces indiquées dans la charte consistent en un gros d'argent qui devait être fabriqué sicut est H la moneta grosso^ (live memorie domini Lodoyci régis Francomm, et devait valoir 2 sous et demi d'Asti. De plus, on devait frapper une monnaie valant six petits deniers d'Asti, et une autre encore représentant le vingtième du denaHtis grossus. M. de San-Quintino possédait deux demi-gros de Charles II avec la légende + KAROLVS'SCL'REX autour d'une croix simple et offrant au revers : -f COMES'PEDMONTIS autour des armes d'Anjou. Ces monnaies sont fort rares, et le savant antiquaire qui en avait pu voir cinq exemplaires en Italie n'en a jamais rencontré en France, où il a fait de longues recherches. Il n'était pas non plus parvenu à retrouver la monnaie piémontaise de la reine Jeanne.

Les trois monnaies de Charles II, de Robert et de Jeanne publiées par M. de San-Quintino, Saint-Vincens et M. Carpentin, ne sont pas les seules pièces que Ton doive attribuer à l'atelier de Cuneo. Si Ton compare attentivement au demi-lis

(1) Voir, par exemple, dans Duby, p. XCIU, n*>* 14 et 15, les deniers de Chartes I, portant les légendes PVINCIALIS et PROVINCIALIS.

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