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MONNAIES DES ABBÉS DE SAINT-HOÎNORAT DE LÉRLNS

( Extrait du tome XI (uouvelle série) de la Revue numismatique, 1866,

pp. 453-472.)

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(PL. XIll, XIV.)

' La classification des séries monétaires soulève mille qu ^^' lions intéressantes, tantôt historiques, tantôt purement nunr^^'*' matiques, qu'il est du devoir dés antiquaires d'examiner temps à autre, et qui sont de nature à ranimer Tesprit d' vestigation. Les changements de limites des États, la poss sion temporaire d'un territoire ou d'une locanté par une pusance étrangère k la nationalité au milieu de laquelle s'implante, les droits de suzeraineté exercés à grande d tance, constituent autant d'éléments^ de discussion, et, conséquent, de difficultés pour le classifîcateur. Il est tel tel monument numismatique qui se rattache k la fois à de contrées : à celle d'abord dans laquelle il a été fabriqué,, celle ensuite à laquelle appartient le personnage qui Ta fémettre. Ainsi, par exemple, des monnaies frappées au n d'un roi d'Espagne; à Besançon et à Anvers, appartiennent bi évidemmeht aux collections françaises et belges, et cepend peuvent figurer dans les séries monétaires des princes esp^ ^ gnols. Le même raisonnement s'applique à un denier de Loc^ ^'^ le Débonnaire frappé à Venise, à un gros d'Edouard 111 irapp^ k Calais, à un gros d'Henri Vlll frappé k Tournay, à un Awcai

QLELQLtS IMITATIONS DE LA MONNAIE FRANÇAISE. 273

(le Sigismond III frappe à Danlzig, au shilling anglais du Massachusets, etc.

Il serait difficile de proposer 1 ce sujet une règle absolue, car on peut tour à tour envisager et consulter la numismatique en se mettant au point de vue géographique et politique.

Mais il n'en pas moins vrai que les antiquaires doivent prévoir ces alternatives et signaler toutes les applications que peut fournir l'étude des monnaies.

Ainsi, on a lieu de s'étonner de ce que dans les ouvrages généraux relatifs à la numismatique de nos provinces, on n'a pas réservé un chapitre pour la Bresse, qui appartient depuis des siècles à la France. Les monnaies qu'y ont fabriquées les comtes et ducs de Savoie sont tout aussi intéressantes pour notre histoire que celles des rois d'Aragon, émises à Perpignan et à Montpellier, et que les monnaies papales d'Avignon. Si l'on étudiait mieux chez nous les ouvrages publiés h, l'étranger, on aurait remarqué les documents si curieux réunis par M. Promis, et relatifs aux ateliers de Pont d'Ain (1338 à 1398), Bourg (1338 à 1389), Saint-Genis (1354 à 1451), Montluel (io03 k 1329), Saint-Symphorien d'Ozon, en Viennois (1297 à 1340), etc.

On sait de plus que c'était dans ces localités, situées près dos frontières, que Ton fabriquait le plus souvent des contrefaçons de la monnaie royale.

M. Domenico Promis vient de nous en faire connaître encure un certain nombre qui sont d'autant plus intéressantes qu'elles nous aident à mieux classer nos propres monnaies. Je les extrais de son nouveau mémoire intitulé : Monete inédite del Piemonte, 4866.

CUAHLLS 11 d'AnJOL.

+ KAROLVS SCL' REX (Siciliai rex) ; croix au centre ; autour, + BNDICTV:SIT:NOJn€:DNI:nRI:DEI:lhVXP. (Benedictum sit nomeu domini nostri Dei Jesu Christi).

^. COËS PED:MOTIS (cornes Pedemonlis). Tournelles sur-

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montées d^une fleur de lis. Entourage de douze ilcurs de lis. — Gros d'argent (PI. XIII, nM.)

Les archives de Marseille possèdent la convention passées pour la fabrication des monnaies piémontaises de Charles 11, . comte de Provence, entre le sénéchal Rinaldu di Letto et trois entrepreneurs (1). Il est dit dans cet acte, du 31 mars 1307, qu'on fabriquera des gros d'argent au poids et au titre de ceux^ de saint Louis, « eque boni et justi ponderis et legalitatis seir ^^^ u IJe sicut est illa moneta grossa dive memprie dni Lodoyci- m^ \, régis Francorum. )> M. Domenico Promis a pu enrichir Ig^ M\e médailler royal d'un de ces gros, pendant que M. Chabouille' -^-^t'l en acquérait de son côté un superbe exemplaire pour U^T le Cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale. Ces mou^«^»nuaies, frappées avec beaucoup de soin, sont tout à fait digue—^^ ^es du modèle proposé aux agents de Charles d'Anjou.

Etteii se rapprochent tellement des gros de Saint Louis ^ Js, pour le beau style, qu'on serait tenté de les attribuer - à

Charles P', si l'on ne possédait pas leur acte de naissance.

Dans le même temps probablement, on fabriquait le deni^ m. Jer di)tit je place ici la description pour ne pas le séparer du gr»— :M-ros qui en est le multiple.

2. + KAROLVS.SCIL' REX. Tète de Charles, couronnés^ Jiée, tournée à gauche.

^. + COFS PED'MONTI*. Croix cantonnée de quatre aniM=«: nelets. (PI. XIII, n«2.)

C'est à M. Promis que nous devons la connaissance de -^ ce denier (2) qui, ainsi que le fait observer le savant numisn -■E":nialiste, pourrait être facilement confondu avec ceux de Provei^e: ^uce s'il ne portait au revers quatre annelets. Cette pièce doit ar^^^o/r été frappée à Cuneo, comme le gros dont elle est uneiracti^ I0/7.

(1) Cet acte, signalé et publié par Sau (Ji^intiiio, Notizia sopra aie. ^ -^ion, batt. in Piemonte, 1837 (Irad. daus la Hevue numisnu^ 1838, p* 203), a ♦•U"^ te^ produit m extenso par M. D. Promis daus son uiéiuoire iutîtulé Monei^r d^/ Piemonte, 1852, p. 37.

(2) Monde del Piemonte inédite o rare, l832i

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