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BAS-RELIEF DE BRONZE DU XVI-/SIÈCLE

DUUUSÉEDU LOUVRE.

Hauteur, 0»,27i. — Largeur, 0™,227.

( Extrait de« Collections célèbres d'œuvres dort dessinées et gravées d'après les originaux f par E. Lièvre, Paris, 1866, livre II, pi. 94.)

Fille de François I" et de Claude de France , Marguerite naquit à Saint-Germain-en-Laye le S juin i523. Sa beauté, ses talents, sa vertu, son esprit cultivé ont excité Tadmiration de ses contemporains. Elle était, disait-on, « doilée de toutes les qualitez qu'on peut souhaiter en une illustré héroïne. » On la comparait à Minerve; lorsqu'elle quitta la France , Ronsard s'écriait :

Toujours, partout, sans repos et sans cesse, Je chanteray cette belle déesse, La Marguerite, honneur de nostre temps, Dont la vertu fleurit comme un printemps.

C'était en i589; la sœur d'Henri II avait alors trente-six ans, et à la suite du traité de Cateau-Cambrésis, elle épousait le vaillant duc de Savoie, Emmanuel Philibert, de cinq années plus jeune qu'elle, mais qui, grâce à cette alliance, recouvrait ses États. Il paraît, du reste, qu'Emmanuel Philibert partageait l'enthousiasme général inspiré par la fleur épanouie qui brilla d'un nouvel éclat à la cour de Turin, où vinrent l'entourer des poètes, des érudits, des artistes, des jurisconsultes célèbres. Marguerite de France s'attacha rapidement à sa nouvelle patrie, et devint une habile politique; elle sut obtenir de ses neveux Charles IX et Henri III divers avantages. La Savoie

290 MONLMEiNT DE MARGLERITE DE FRANCE.

reconnaissante lui décerna le titre de mère des peuples, et Ton

vit son effigie paraître sur la monnaie nationale, hommage

réservé aux régentes.

Lorsque Henri III passa à Turin en 1374, Marguerite lui fil les honneurs de sa capitale avec tant d'empressement, elle mil tant d'activité à surveiller les moindres détails de sa réception hospilalière,^ qu'elle fut atteinte d'une pleurésie et mourut le

14 septembre, pendant qu'Emmanuel Philibert accompagnai le roi jusqu'à Lyon. Elle laissait un fils unique qui fut Charle Emmanuelle Grand. Le duc de Savoie ne se remaria pas.

* Le bas-relief de bronze est un monument d'admiration et d<^r gratiludç, exécuté en 1S76 par les soins de Bartolomeo de Bene, gentilhomme d'origine florentine, dont le père, NicolO dol Bene, avait été maître d'hôtel de Louis XII et de Fran — çois P;. Bartolomeo avait dédié à Marguerite son ou>Tage intitulé : Civitas ven seu monmiy et la. duchesse donna Tabbave de Hautecombe à son second' lils Alfonse, qui devint évéque dAIby.

La plaque porte cinq sujets reliés par un cadre semé do larmes. C'est d'abord le portrait de la princesse entouré de branches de cyprès et accompagné de la légende : Maryareta a Francia Emamielis Philiberti AHobrogum dtich conjux. Puis, au centre, un cube chargé de couronnes de chêne, de laurier, d'olivier, de palmier, avec cette inscription : HIS SVMMAM MERVIT CELO ; par les vertus et les talents que symbolisent ces couronnes, la duchesse a mérité la couronne céleste composée d'étoiles que Tattiste fait planer dans le ciel. A droite, un saule éloigné de la source qui lui donnait la vie, languit et se dessèche : DISCESSV LANGVET AMATAE. A gauchit une toufTe de marguerites qui sont maintenant sans valeur^ car la première de toutes a disparu : RELIQVAS TEMNO NAM SVM- MA RECESSIT. Enfin, au bas de la composition, la lune, entourée d'étoiles, règne dans le firmament; mais cette image n'est ni plus élevée , ni plus brillante que la princesse tant regrettée : NEC CELSA HIC NEC CLARA MAGIS SPLENDES- CIT IMAGO.

MONLUI-NrUl- MMtiLt-KirK Ul MUMK

29â MONUMENT DE MARGUERITE DE FRANCE.

Au revers de la plaque on lit, en dix-huit lignes, Tinscriplion suivante, dans laquelle Bartolomeo del Bene exprime son affection et sa douleur :

D • O • M ET MARGARET>E ' A ' FRANCIA * EMAN ' PHIL • ALLOBROGVM ' DVCIS ' CONrVGr ' INTEGERRrM/E ' BARTOLOMEVS ' DEL BENE • PATRITIVS * FLORENTrNVS ' DOMIN/E - SV/E - BENIGNISSIM^ ' CVIVS * PRVDENTIA • ET * LIBERAUTATE • PLVRIByS ANIMI ' ET * FORTVN^ • BONIS • ORNATVS • ET • AVCTVS ' FVIT • VT • TANTI - BENEFICII ' MEMORIA ' POSTERIS - ALICVNDE ' INNOTESCERET * PARVM - FIDENS ' CARMINIS ' A ' SE ' COMPOSITI • DIVTVRNrTATI ' INCIDI • CVRAVIT • ET '^POSVIT ' ANNO • SALVTIS ' CHRif lAN/E ' M • D • LXXVI • POST • CAL • NOVEMBRIS ' ANTEIVS • FECIT •

Bartolomeo dcl Bene avait eu raison de se défier de la innommée; ses œuvres sont un peu oubliées aujourd'hui; et puisqu'il a voulu nous laisser le rare exemple d'un courtisan dont la reconnaissance survit au moins pendant deux ans à la mort de sa bienfaitrice , il a sagement agi en chargeant une tablette de bronze, une œuvre d'art, de nous transmettre l'aCtcstation de ses louables sentimenls.

OBSERVATIONS

Sin CNK

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