HI8T. DE L'ÉGLISE DE STRASBOURG. — LIV. NEUVIÈME
compilée sur la fin du même siècle K Bruschius* assure que Thibaut fut du nombre des prélats d'Allemagne, qui assistèrent, en 1080, à l'assemblée de Brixen. Si le récit de cet écrivain moderne est fondé , on peut aussi assurer que cet évéque vécut dans le schisme, ainsi que son prédécesseur. Grégoire VII avait tenu à Rome, le 7 de mars de la même année 1080, un concile, où Henri, avec ses partisans , fut de nouveau excommunié. Il l'avait aussi privé de l'Empire, en confirmant à son compétiteur la couronne royale 3.
Ce pontife s'applaudissait de cet espèce de triomphe : il osa môme prédire la mort du faux roi, qui devait arriver dans la même année *, prédiction qui tomba sur Rodolphe, son protégé. Henri, de son côté, résolut d'opposer à Grégoire un autre pape, comme pour se venger de ce que celui-ci avait fait nommer à sa place un autre empereur. Il convoqua, à cet effet, les prélats et les seigneurs de la Germanie et de l'Italie, qui lui étaient attachés. L'assemblée se tint, le 25 de juin, à Brixen, dans le Tyrol. — Trente évêques s'y trouvèrent. Us déclarèrent Grégoire déchu du pontificat, et ils élurent à sa place Guibert, archevêque de Ravenne , gui prit le nom de Clément III 5. Les choses étaient en cet état, lorsque Henri, pour fortifier* son parti,
• Où la liste des éveques de Strasbourg est ainsi énoncée : « Wernharius , Wil- « helmus, Hezil, Wernherus, Tbeobaldus, Otto, Baldewinus, Cuno, Bruno, etc. •
* De episcopis Gertnania?, pag. 63.
» Labbeus, tom. 10, pag. 381 ; Harduinus, tom. 6, part. 1 , pag. 1587 ; Mansi, tom. 20, pag. 531.
*Sigebertus Gemblacensis, apud Pistorium , tom. 1, pag. 843, et Bonizo, de Peneeutione eccletiœ apud Oefelium, in Scriptor. rer. Boicarum, tom. 2, pag.
1 Harduinus, pag. 1595 ; MansF, tom. 20, pag. 5*7, et HarUheim , Concit. Gtrmaniœ, tom. 3, pag. 191.
fit une irruption en Saxe, où il livra bataille à Rodolphe, •es deux armées se rencontrèrent , le 15 octobre 1080, près de Mersebourg, à peu de distance du fleuve d'Ellster ■ W eveques et plusieurs autres seigneurs, parmi lesquels
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dan e lie de Henn. Le combat fut sanglant et opiniâtre. Rodolphe ^voyau pencher de son côté la victoire, lorsque, ^ sentent mortellement blesse, dans le bas ventre, L
( odefïrn IUifUt' di,-0n' P<»'é par le fameux
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leur roi dans le chœur de l'église. On y voit encore aujourd'hui sa tombe et son épitaphe f.
Rodolphe avait épousé, en premières noces, l'an 1059, Mathilde , sœur de l'empereur Henri IV , qui mourut l'année suivante 1060, âgée de quatorze ans4. Il se remaria ensuite avec Adélaïde, sœur de l'impératrice Berthe, fille d'Eudes ou Odon, marquis de Suze et comte de Savoie ou de Turin , laquelle mourut en 1 079 , et fut enterrée à l'abbaye de Saint-Biaise \ Rodolphe eut de cette dernière cinq enfants, deux fils et trois filles. Les fils furent Berthold et Otton , qui eurent leur sépulture avec leur mère dans la même abbaye 4. Otton décéda dans sa jeunesse : Berthold, rappelé dans une charte de 10765, avait obtenu, en 1077, de son père, le duché de Souabe et d'Alsace6, sous la tutelle de Berthold , duc de Zehringen , qui avait épousé, la même année, Agnès, sa sœur7* Les autres filles de Rodolphe, outre cette dernière, morte en 1111, furent Adélaïde, mariée, vers 1077, à S. Ladislas, roi de
' Joui-Samuel Strauss, diacre de l'église <le Mersebourg , fit imprimer, en 1715, à Hall, dans la Haute-Saxe, une dissertation de Hudolpho suevico Anticœsare, où il donne une description détaillée , et la gravure de la tombe et de l'épitaphe de Rodolphe , ainsi que celle de sa main droite desséchée , qu'on conserve encore dans la sacristie de celte église.
* Hermanni contracti continuator, apud Vrstxsxum, part. 1, pag. 337, et Lambertus Schafnaburgensis, apud Pistorium, tom. 1, pag. 324.
* Voyez dom Ccrbcrt, llist Nigra silva, pag. 234 et 235 et de Rudolpho suevico, patj. 118 cl 123.
4 Idem, de Hudolpho suevico, pag. 125.
*Apud Schœpflinum, Hisl. ZaringoBad., tom. 5, pag. 22.
* Comme le prouvent Schœpflin, Hisl. vil. tom. 1, pag. 72 et 73, et dora Gerbert, de Rudolpho suevico, pag. 126-129.
' Gerberlus, opère cit. pag. 132. Celle Agnès, selon Schœpflin, Al», illustr., tom. 2, pag. 53«J, était fille de Mathilde, première femme de Rodolphe.
HISTOIRE DE l/ ÉGLISE
Hongrie', décédé au mois de mai de Tan 1090, etBerthe, femme d'Ulrich, comte de Bregenz, qui vivait en 1080 et
nooa.
Henri, délivré de Rodolphe, commença par récompenser les services de Frédéric Hohenstaufen , qui , dans la dernière bataille , fatale à son compétiteur, avait donné des marques particulières de valeur et de fidélité. Cet empereur lui fit épouser Agnès , sa fille , et lui accorda , en môme temps, c'est-à-dire, en 1 080, le duché de Souabe et d'Alsace , dont Berthold de Zehringen s'était mis en possession au nom du jeune Berthold, son beau -frère. L'empereur s'occupa , le reste de l'année , à dissiper ses ennemis, et, dès le commencement du mois de mars de l.081 ' U Passa en ,tal»e , où , après deux ans et demi de siège, il se rendit maître de Rome. Grégoire VII se renferma au château de S. Ange. Pendant qu'il s'y défendait, Henri fit introniser, dans la chaire de S. Pierre, son antipape Clément , et celui - ci fit la cérémonie du couronnement de l'empereur, le jour de Pâques, 31 mars 1084 5. Tout réussissait ainsi dans l'Italie au gré de Henri , et le parti de Guibert, soutenu par sa faveur, se fortifiait tous les jours. D'un autre côté, les Saxons et les princes, qui refusaient de reconnaître l'anti-pape, profitèrent de l'absence pour donner un successeur à Rodolphe, lis s'assemblèrent a Hochstett, dans le duché de Neubourg, et y élurent, le 9 d'aoust 1081 , Herman , comte de Salm , pour roi de t-ermame. Herman était fils de Gilbert , troisième comte de Luxembourg , et a été la tige des comtes de Salm en
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Ardennes K Cet événement rendit la présence de Henri nécessaire en Germanie. Il sortit d'Italie en 1084. Grégoire fut retiré, dans le môme temps, du château Saint -Ange par le secours généreux de Robert Guiscard, duc des Normands. Rétabli dans Rome , il y tint un nouveau concile, où il réitéra l'excommunication contre l'empereur Henri , l'anti-pape Guibert et leurs partisans 1 . Le pape fit publier cette sentence à tout l'Empire par Othon , son légat. Le roi Herman l'ayant appris, assembla, au mois d'avril 1085, un concile à Quedlimbourg, où présida le légat de Grégoire , et où assistèrent les évêques qui le reconnaissaient pour pape. L'empereur Henri y fut de nouveau proscrit , et on y prononça l'anathème contre l'anti-pape et les prélats, ses partisans 3. Ceux qui étaient attachés à l'empereur tinrent, trois semaines après, un concile à Mayence, où la déposition de Grégoire VII et l'élection de Guibert furent de nouveau déclarées légitimes.
Grégoire VII finit ses jours, dans le même temps, à Salerne, le 25 de mai 1085 4. Sigebert de Gemblours fait entendre qu'il se repentit, au lit de la mort, d'avoir trop multiplié les excommunications , et d'avoir fait servir le glaive spirituel pour assurer des prétentions temporelles. Nous ne devons point douter que ce repentir ne fut réel et qu'il ne faille le joindre aux autres vertus 5 dont ce
1 Voyez Baronius, Annal, ecclesiast., tom. XI, ad an. 1084, num 1, et »eq. tiil. Hogunt. et Mansi, tom. 20, pag. 590.
* Voyez Bertholet, Hist. du duché de Luxembourg , tom. 3, pag. 33-35 el pag. Î73-S76.
* Uhfaeu*. pag. 402, Harduinaa. pag. 1611 et Mansi, tom. 10, pag. 589.
* Labbeus, pag. 404 et 1831 ; Harduinus, pag. 1613, Harzheim, tom. 3, p. 201 et Mansi, tom. 20, pag. 607.
* Voyez le tome neuvième, délia Uixtoria ecclesiatiica, publié à Rome, en 1777, par le P. Becchetli, dominicain.
Pontife fut doué. « Ce qu'il a fait, dit le P. Barre1, pour « soutenir ses projets ambitieux, ne fera jamais croire « qu'il ait été un saint pape: mais d'un autre côté on ne « peut lui refuser le titre de grand-homme. , Cependant l'église a déféré à Grégoire VII les honneurs de la sainteté, et elle semble, en consacrant ainsi sa mémoire, l'avoir absous de tous les reproches que l'humanité pourrait lui faire. « Tous les saints , comme le remarque un excellent
< maître de la vie spirituelle4, ont fait des fautes, et quelquefois les plus grands en ont commis des plus consi-
« Jérables: et peut-être n'eussent-il jamais été si grands
* saints, s'ils n'eussent fait des fautes, et de grandes
< fautes. » Nicole dit: « En écrivant la vie même des
< saints, on doit rapporter leurs défauts, pour ne pas dé- courager «eux qui gémissent de leurs imperfections. . Les evêques schismatiques , les prêtres concubinaires et simoniaques ont accusé Grégoire d'hérésie, de magie \ et même d incontinence «. Mais sa conduite, l'austérité de ses mœurs, que la haine et la malignité étaient même forcees de respecter, ses vertus et ses travaux apostoliques
ont assez justifié de ces atroces calomnies. Un auteur moderne" a même osé le placer, avec Mahomet et Cromwel, dans le nombre de ces hommes, qui, se jouant de Dieu et de la notmn de la divinité, en ont abusé pour fonder une grandeur cimentée du sang de leurs semblables. Ce portrait
• HiMoire générale d'Allemagne, lom. », p. 307
raio rer. lupead. el txpeteni. fol J9 ' Graele,, Wrei, im. S, ^
odieux , démenti par l'histoire et par le témoignage des plus grands adversaires de ce pape , Test encore plus par sa vie écrite vers l'an 1130 par Paul , chanoine-régulier de Bemried en Bavière , qui relève principalement les faits propres à constater sa sainteté *. Le pape Ànastase IV le fit peindre dans une église de Rome avec l'auréole et le titre de saint, environ soixante ans après sa mort. Son nom fut inséré en 1584 dans le martyrologe Romain, corrigé par les ordres de Grégoire XIII. Les villes de Salerne, où il avait été enterré , et de Sienne , où il avait pris naissance , s'empressèrent les premières à lui rendre un culte public. Paul V fit composer à cet effet, en iG09, un office en son honneur, qu'Alexandre VII introduisit dans toutes les basiliques de Rome, et que Clément XI accorda en 1 705 à l'ordre de Citeaux, puis en 1710 à tout l'ordre de S. Benoît. Enfin Benoît XIII établit la fête de GrégoireVII dans toute l'Eglise par décret du 27 septembre 1728. Il fit aussi rédiger des leçons particulières qui furent insérées dans le bréviaire romain a, que ce pape tacha de répandre dans la chrétienté, mais qui trouvèrent presque partout de justes contradictions. La légende qu'elles renferment, canonise en des termes peu décens la conduite de Grégoire VII à l'égard de l'empereur Henri IV, et renferme des expressions propres à ébranler les principes inviolables de l'attachement des sujets à leur souverain 5. Plusieurs évêques de France *
* Elle se trouve dans dom Mabillon, in Actis SS. Ord. S. Bened., tom. it , tœculi ti, part. 2, pag. 410-460, et dans le Père apcbroch, in Aciis SS. tom. 5, maji pag. 579-609.
1 Ce* leçons furent rédigées par M. Tedeschi, secrétaire de la congrégation des Rites. ' On y lit entre autres dans la seconde leçon du second nocturne : « Contra
• Henrici imperatoris impios conatus fortisper omnia Athleta imparidus permansit.. . « ac eumdem Henricuin in profundum malorum prolapsum fidelium communione ,
• regnoque privavit, atque, subditos populos fide ci data liberavil. »
* Entre autres de l'évéquede Montpellier, dans son mandement du 30 juillet 17Î9.
*30 HISTOIRE DE i/ÉGLISE
s'élevèrent fortement contre cette légende. Ceux de Metz et de Verdun en défendirent la publication par leurs mandemens du mois d'aoust 1729 ». Le cardinal Armand Gaston de Rohan la proscrivit sagement dans son diocèse de Strasbourg, en faisant effacer dans le directoire la fête, que quelques ecclésiastiques plus zélés que prudents y avaient insérée. L'évéque de Basle, moins attentif, l'adopta cependant dans son bréviaire, et nous croyons même qu'elle a encore lieu aujourd'hui dans cette partie de l'Alsace qui dépend de son diocèse *. Le parlement de Paris proscrivit ces leçons par arrêt du 20 juillet ! 729 , et l'empereur Charles VI les fit supprimer dans ses états d'Allemagne, d'Italie et de Flandre.
La mort de Grégoire VII, qui eut pour successeur Victor III et Urbain II, et la soumission du roi Herman, qui abdiqua la couronne en 1088, et se réconcilia la même année avec Henri IV, ne mirent pas fin aux troubles de Eglise et de l'Empire. Ceux-ci continuèrent toujours, et I Alsace , gouvernée par des évêques Schismatiques , devint souvent le théâtre de la guerre. La religion continuait cependant d'y fleurir encore dans les monastères, et plus.eurs même eurent leur origine au milieu du schisme et des dissentions. Le monastère des chanoines-réguliers de Marbach et celui de Ste-Foi de Sélestadt, de l'ordre de S. Benoit, furent ^ établis pendant ce temps, l'un en 1089,
dé i 1 *\ T' C°mme n°US ,e v™ --près. Fré^ dene, duc d Alsace et de Souabe, et Pierre, comte de
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Lutzelbourg d'un côté, Thierri, comte de Montbéliard de l'autre, se signalèrent aussi dans le diocèse de Strasbourg par des monuments de leur piété , en fondant, dans la forêt de Haguenau , deux maisons bénédictines , les premiers sur la lin de l'onzième siècle l'abbaye de Ste Walburge, et le second au commencement du douzième celle de Biblisheim. Nous détaillerons leurs fondations dans les livres suivants de cette histoire , ainsi que celles de Sindelsberg et de Saint-Jean-des-Choux , qui datent également du même tems. S. Guillaume, abbé de HJrsauge, Gebhard et Volmar, ses successeurs 1 , le bienheureux Théotger, son disciple , abbé de S. Georges dans la Forêt-Noire 8 rétablirent la discipline dans la plupart des abbayes d'Alsace. Ce fut à leurs soins, et aux moines qu'ils y envoyèrent, que celles d'Ettenheimmunster, Honcourt, Schwartzach , Schutteren , Gengenbach, Seltz, Ste Walburge, Neuvillers et Maurmoutier durent leur réforme à la fin de l'onzième siècle et au commencement du douzième 3. Guillaume d'Hirsauge , que M. Fleuri 4 dit avoir été le principal restaurateur de la discipline monastique dans l'Allemagne , était alors dans une si grande réputation de sainteté , que plusieurs personnes de la première noblesse s'empressèrent de venir vivre sous son obéissance. Tel fut Gebhard , frère de Berthold II , duc de Zehringen , dont nous avons déjà parlé et qui fut tiré en 1084 du monastère de Hirsauge, pour être évêque de Constance \ Tel fut encore un autre Gebhard , né en Souabe , de parents illustres , et issu d'Egenon , pre-
1 Guillaume, élu en 1069 , eut pour successeurs, en 1091 , Gebhard; en 1105 , Brunon, et en 1080, Volmar.
* Depuis 1087 jusqu'en 1117.
* Trithemius, Annal, flirsaug., (ont. 1. pag. 273, 276, 277, 280, 291 et 295
* Histoire ecclésiastique, tom. 13, liv. 63 pag, 528.
'Trithemius, tom.cit., pag. 266. Voyez Schœpflin , Hhloria Zaringo-Badensis, tom. \,pa,j. 62 et seq.
niier comte d'Orach «. Egenon, troizième fils de Rodolphe, comte d'Achalm et d'Adélaïde, comtesse de Wûlflignen, frère de Werinhaire II , évêque de Strasbourg 2, bâtit vers l'an 1047 le château d'Urach *. Partisan zèle de l'empereur Henri IV, il était mort dans le schisme 4, laissant de Sophie, sa femme 5, entr'autres enfants Egenon II , qui continua sa postérité, Conon, Gebhard etMathilde.Celle-cifut mariée à un seigneur du pays , nommé Manegold de Niffen et de Sumetingen 6. Conon , second prévôt d'Arrouaise en Artois, qui fut nommé en H 07 évéque et cardinal de Prénest ou Palestrine , est connu dans l'histoire ecclésiastique par les
' Trilhème, Annal. Hirsaug., tom. irpag. 298. - Voyez ci-dessus, pag. 88.
3 M. Schœpftïn, //»/. Zaringo-Uadensis, t. l, pag. 2ii, prelend que les comtes .1 Urach tiraient leur origine du château de ce nom, situé dans la Forèt-Noire, entre Fribourg et Villingen. Nous avons vu les ruines du château d'Urach, qui appartient aujourd'hui au prince de Fùrstemberg, entre les villages de Saigen et de L. nUkich, à la gauche de la route qui conduit de Fribuurg à l'abbaye de Saint- Biaise, dont il est éloigné de près de cinq lieues. Nous croyons cependant qu'il faut chercher l'origine des comtes d'Urach, non dans la Forêt-Noire, trop éloignée du château d'Achalm, mais dans le duché de Wurtemberg , où se trouve encore aujourd'hui le château d'Urach ou d'Aurach, situé au-dessus d'une petite ville qui porto le môme nom. Henri, comte d'Urach et de Fùrstemberg, vendit, en S 354, à Une, comte de Wurtemberg, la moitié delà seigneurie d'Urach. Héritier des biens de Berthold d'Urach, son frère, mort sans postérité vers l'an 1260, il venditl'antre moitié en 1265 à Eberhard et Ulrich, fils du môme comte de Wurtemberg, comme reent Sattlcr, Geschichte des llertogthum, Wurtemberg, part. 5, pag. 634.
* Bertholdus Libellas de construction Zwifildensis monasterii apud Hess, in Scnptor. rer, Guelficar. pag. f08. Pièces just. du tome 2 de l'Hist. d'Als., M. 52*, png. clxxviii.
• OrUieb.» . opusculum de fundalione Zwifaltensis monasterii , apud pag. 4,8. Pièces just. du tome 2 de l'Hist. d'Als., Ut. 523, pag. cr.xxv. <
'Manegold de Niffen, ou de Sumetingen fut tué le 20 juillet 1086 dans un combat près de Wurzbourg. „ eul de MalhjI(Je> sa ^ ^ ^
Z?ll:T°n' CT dC SUmCtinÇen' Ct Malhi,dc' * «wilUten. qui
dictZ n aVÔC PèrC 61 mère' dans le nécro]W d* cette abbaye, apud *** //„,, pag. î36, 245 et 250. LC5 tradilionS du môme monastère, citées par
légations , dont il fut chargé en 1 1 1 1 et 1 1 18 , tant en Orient qu'en France et en Allemagne Il fut un des plus fermes appuis de l'Eglise, dans les querelles qui divisèrent l'Empire et le Sacerdoce. Il devait être élevé en M 19 sur le saint-siége: mais sa modestie lui fit détourner la tiare de sa tête pour la porter sur celle de Calixte II. Conon mourut trois ans après3. Gebhard, son frère, qui fut d'abord chanoine de la cathédrale de Strasbourg, joignait à un extérieur agréable beaucoup d'esprit, de lumières et de connaissances 5. Mais son crédit, ses talents et ses richesses l'avaient rendu fier et présomptueux. Il passait pour être l'ennemi des moines, desquels il enlevait sans scrupule les biens et les possessions. S étant approprié un jour le vin , que l'abbaye de Hirsauge avait recueilli en Alsace 4, Gebhard fut obligé d'aller trouver Guillaume , qui en était abbé , pour transiger avec lui. Il vint à Hirsauge plutôt par curiosité que par dévotion. Mais à peine fut-il entré dans le monastère , qu'il fut frappé de la vie édifiante qu'y menaient les religieux. Il quitta aussitôt son canonicat de
le P. Sulger, in Annal. Monasterii Zwifaltensis , part. 1 , pag. 77 cl 89, font mention de « Mangoldus de Sunemotingcn nobilis, et Matilt. soror Eginonis comitis « de Iraha, uxor ejus. »
* Sulger, lib. cit. pag. 53.
' En 1122, selon Ughelli, llaliœ sacrœ, ton». 1, pag. 191.
* C'est le témoignage que lui rend Hegmon, auteur contemporain, in Vita Wilhelmi, abbotis Hirtaugien. Apud Mabilloncm, in Adisord. $. Bened., sœculi 6, part. 2, t. 9, pag. 728 et apud Piniutn in Actis 55. , tom. 2, julii, pag. 158. Il y est désigné par ces mots : « Quidam Argentinensis ecclesiœ canonicus, nobilissimis ortus nata- « libus.... vir prapollens quadam acris ingenii constantia, scientiae et eloquentiœ « praerogativa. »
1 11 paraît, par les traditions de Hirsauge, citées par Crusius, Annal. Suevic, t. \, part. 2, lib. 10, p. 430, que cette abbaye avait ries vignes à Scherweiler, données vers l'an 1080 par Wcrnher, comte de Groningen, et à WinUenheim , accordées, quelque temps après , par Albert, comte d'Egisheim.