‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 103 sur 494 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

G>ntiiuution da siège de Meanlx; prue d*A?niiclie8 par les daulphinois , et reprise par les Ânglois.

Je laisse doncques reposant la duchesse sa mère et ses sœurs, et retourne au roy anglois devant Meaulx qui moult s'esforça à l'avoir en ses mains , et de soy monstrer dur çnnemy aux enclos dedens, comme il paru bien par les divers et durs esforcemens qu'il y envoya dessus continuellement par ses engins volans et aultres, dont la fin se contera tantost, mais que aulcunes choses ay récitées entre deux. El premièrement, c'est que le comte de Ligny, nommé messire Jehan de Luxembourg, en privée naisnie vint en cestuy siège devers le roy anglois , et ce pour cause de son frère , le comte de Gonversan y qui estoit prisonnier là dedens dès le siège de Melun , comme il a esté dict par cy devant , que par fortune de guerre il avoit esté rencontré une mattinée des daulphinois, et moins fort en resistence, prins et détenu par ung nommé Pierron Luppel , capitaine dudict Meaulx. Si désiroit fort ledict de Luxembourg , son frère , de Tavoir dehors de prison par finance et par traictié , et de ce faire requeste au roy anglois qu'il y voulsist estre moyen , comme qui le povoit. Et de faict luy enjfit requeste. Si se y enclina volentiers ledict roy ; et luy promist de le foire ; et en effcct en fit tenir paroUes avec ledict de Luppel, qui au derrenier se assenty pour somme de deniers bien grande avec les deppendences. Dont les plaisges donnés et sceuretés , ledict Gonversan fut mis à délivre , et rendant grâces audict roy demoura depuis tout le demourant du siège avec luy en son service , jusque s à tant que ville et marchié fut tout prins et rendus comme se dira tantost. Mais celluy de Luxembourg , après avoir mis son frère sur ses pieds, s'en retourna au pays de Picardye dont il avoit la charge, et en estoit capitaine général. Ënversce temps cy, peu plus peu moins, Catherine de France , royne d*xVngleierre , s'acoucha d'ung fils, seul et le premier, lequel , par ordonnance et commandement de

GEORGE CHASTELLAfN. [Itti]

tint avec les aultres à ce députés^ pour marine , dame Jacques de Bavière , dame héri* ritière de Haynault, de Hollande et de Zéellande , qui pour celle heure estoit en Angleterre allée à reffuge du roy anglois et de ses frères, dont depuis elle espousa au fiort le duc de Glocestre , à son grand dommaige et peu d'honneur. Si furent foictes » à cause de ceste naissance, merveilleuses et diverses solempnités par tout le royauhne d'Angleterre, plus que l'on n'en avoit faict de long temps par avant pour aultre naissance d'entrant de prince. Les nouvelles vindrent au roy de son nouveau fils. Si en fut joyeulx et en loua haultement Nostre Seigneur, et au porteur des nouvelles monstra bien par sa largesse que l'avancement de la grâce de Dieulny estoit bien de haulte réputacion. Mais comme de ce costé là le cuer luy estoit esjoy, à l'aultre lez luy vindrent nouvelles , tenant encoires son ûège, qui le meurent à couroux ; car luy vintHm dire que les daulphinois avoient prins d'emblée la ville d'Avranches en Normandie, et qu'ils y avoient fait une grande ocdsiott d'hommes et de gens de bien, jusques en nombre de trois cens ; de qnoy le roy se trouva desplaisant durement, et en avoit le cuer enaigri envers les facteurs. Dont toutesvoies, pour venir an remède et obvier au plus avant emprendre , prestement de son siège fit partir nombre de gens-d'armes et de trait, et les renvoya au renforcement du comte de Salsebery qui avoit le gouvernement de Normandie , afin de mectre provision à tels attemptemens, et au surplus labourer en la recouvrance de la ville perdue. Lequel comte prestement y alla mectre le siège devant , et si vaillamment s'y porta , que à force arrière il la reconquist sur les daulphinois, dont grand nombre il fit mectre à mort , et les aultres détint prisonniers pour faire restituer les siens qui y avoient esté prins. Ne convient point oublier aussi que pendant le temps de ce siège de Meaulx, Arius, frère au duc de Bretaigne , et depuis connestable de France , prince de grand los , retourna des prisons d'Angleterre par traictié et composicion de finances. Et luv venu en France a-

tout grand nombre de gens-d'armes, vint au

son père, fut baptisé eu nom de Henry. Et le J siège de Meaulx en service du roy d'Angle-

[1421J CHRONIQUE DU DUC PHILIPPE

terre, en quel il persévéra tant que ledict roy vesquy.

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