CHAPITRE XCII
Cogment ks deux roji se rendirent de Fans à Seidis ; dn «ièft de Saioct-Vakry ; la reddition de Conipiengne , çtrambassade faicte À measire Jacques de Harcourt.
> Or approchoit le jour que les villes et places qui s'estoieut composées par la reddicion de Meaulx se devoieut mectre co la main du roy anglois, pour et au nom du roy des Francs. Si partirent les deux roys à ceste cause de Pari$ avec les roy nés ; et s*en allèrent à Senlis, en approchant lesdictes villes et places , entre lesquelles Gamachesestoit la plus prochaine et première. Si ordonna le roy anglois et commist icelle recevoir par le comte de Warwyc. Lequel y ala bien accompaijjnié de gens d*armes, en nombre de trois mille combattans; et lui là venu , receut ladicte ville en sa main , pour et au nom des deux roys , et fit faire le serment à tous les inhabitans ensemble , et y commist garnison bonne et forte avec ung capitaine anglois, nommé messire Falcon, chevalier de bon los.La'quelle chose ainsi faicte, tira ouitre et print son chemin vers Saini-Valery , ville forte et bien garnie, que ceulx de la partie du daulphin tenoient; et ne s'estoient voulu composer audict royanglois, carnes'estoient de ses menasses espovantés. Si envoya ledict comte deWarwycses courreurs devant, aflin de leur donner effroy ; mais les dicls daulpbinois, pourveus de couraige et de deffence fièrement, sortirent à rencontre , et ne leur estoit gaires de leur survenir. Si estoient des saillans dehors environ cent hommes armés, montés et bien en point, qui non accomplans encoires à ce que véirent d*Anglois , devant eulx férirent dedens et leur portèrent du dpmmaige assez grand, tuèrent aulcuns, prindrent prisonniers et en blessèrent grand nombre , combien aussi <)ue djB leur part il en y avoit de mal adoubés et de bien mabddLcs. Or se percent le comte apgloiff de ror|fa^ des daulpbinois, et que leur couraige 'le monstrafort à rencontre des sieiu. $ sebr*' à tout son ostle plus qa*il povoit; et de vint fièrement ruer à tout son grand la les saillis , là oii il y oi pluisenra ir et bault^î^ de <!6W.I|liHf^A
lances rompues, barrières assaillies et coppées. Mais tant estoit le flot des Anglois grand et non soustenable à si peu de gens , que , constrains de force , ils se retirèrent de dens leur ville et se tirèrent sur les murs pour deffence plus nécessaire. Lors le comte anglois chevaucha avec sçn ost tout à Tentour pour aviser le logeis et le lieu plus propre pour mectre siège. Dont luy se logea dedens l'abbaye qui est dehors , et chacun après , qui mieulx qui mieulx , selon la convenableté du cas, en tentes et pavillons. Si commencèrent les assiégans à tcmpester durement les enclos et à leur donner traveil à tous lez par bombardes , canons et veuglaires , des quels ils leurs rompirent murailles et tours; et les assiégiés à Taultrc lez, pour monstrer coui*aige à leurs ennemis et aflin de leur porter dommaige ce que pourroient , firent par fois des saillies; dont moult faisoient à priser, car y firent de belles et chevalereuses euvresbeaucop, qui toutes toutesvoies ne prouflitèrent, pour cause de la force et multitude des aultrès. Mais aussi , jù soit ce que véissent leurs ennemis puissamment estre logiés devant eulx, ne s'en tenoient étonnés ne perplcx; car du costé de la mer ils estoient en leur franc aller et venir, et povoient querre et mander secours et vivres là où ils vouloient. Si s'en avisèrent les Anglois , et perceurent bien'quc en vain labouroient , si le passaige de la mer ne leur estoit clos , et que nuls vivres ny poussent entrer et venir; car aultrement on y perdoit temps et ce que on y mectroit. Si envoya prestement le comte de Warwyc , par les ports de Normandie , quérir navigage puissamment garny aflin de leur clore la mer. Le quel venu deflendirent le passaige aux enclos et y tindrent leur siège. Et lors se commencèrent à csbahir les assicgiés et à penser la fin , et tellement que au bout de t^îssepmaines après ilschercèrenttraictié, et lie firent avec ledict comte, par condicion que a}( ^ fjMens le quatrième de décembre, le duc ÂlMiinuoe daûnlphio ne se trouvoit fort pour I, ilâ déUvreroient la ville en t îq nom des deux roys. Si en « comte , parmy ce (prils 1rs ostaigt^s d'ainsi le je firent. £t pai\ ainsi
GEORGE CHASTELLAIN
retourna lediot comiA dAvers son roy. Lequel roy,cun)in« il uvoil convoyé lo comte de Warw yc en Texpluit des beHoingncs dessus dites , |>urelllemeiit envoya et uvoit envoyé le duc do Uelhrori son frcNro, en puissant appertenir, pour recevoir de la main du seigneur de Gainaclies la ville de Couipien(;ne , la quelle ledict seigneur luyrendy, ainsi que Tavoit promis, le dix-huitième de juing; et luy, ledict de (laniaches , cliief et capitaine de la ville •*en imrty lioi^s ^ enviinm ù douxe cens chevuulx, Houbs le saulf conduit du roy anglois; et }KiHsant la rivit'^rt^ de S;iine .hnena toute sa bende (levers le daulphin son maistre. Si ne resta place depuis Paris jusques à Bouloin{;ne-$urla-mer qui eu tcelle saisim ue fust rendue et réduite en la main du dict roy anglois, réservé tant seulement Guist^ et Crottoy, que teiioit messire Jac(]ues de Uarcourt, au quel le n>y au{;lois envoya sim ambassade^ est à savoir réves4)ue dWmieus. S4m fit^re« Té^ vesciue de Beauvais ausai et messire Hues do Lauuoy avec ung héruuU « iH>ur faire Si>muiaciou audîct de Uarci>urt do rendre la ville et chasteau ou la main dos doux rovs. Mais laut (>orsévôra dur ou sa quorolle que tous y |HiTdiroiit toai|M et lau(;ai(;os; et n*y avoit UK^y en par h^iuel on lo scout rompre ui gain- ({ttior ; 01 aiusi nMiHimèrout saus bosi^ugoor rions. |j)t loi\>y alorsquand i^ului lii rocv^ quo lotbcc do Uarc\Hiri so touoit si lior oi dur, oC qu ottire taui do places réduites à luy par crouhHir. lui soûl se touoit roslif oc obstiné « nul le priul ou gro oi ou dissimula à dur « ivmbioa que aultro chose bVu (woic avoir. :>! lui prîui faim d'aller visiter ta \ille de Corn- |>iott(j[tte oi d*oa veoir Ut situation, pour ce que ^Ule estoil de llrouiicre oc de grand hiîcc pour guerre mainteuir. :>i y alla ledicc rey ; uiai:»iu«i aproTjLsott venir, là lui vimlrenc m»it» voilo^que aulcun^s par le UK»veu d'une tenuno. temnie à Tamiovour du roy , laquelle avoic
appi>rio uulcuues lettres ou Purts . avoieui en« i terroir, au cuninire de tMrs trepriusJt^ prendre l^ns et d'où bouter dehors j mi», nulle pan bien les Vii(>lois. Mais ouuutio tV>rtuiie , |.>our celle heure oikvu-os, ne ^ouli Si^uilnr les Vu^Uns on csirt* bvtutos delKN*s. m* b*pauo»is osire ieti^r*HL •*•» leur s^'r^itude . un?; piv^ire» pur ui ^ !»oy dilaut osbanrt* en uii|; ^en ,
ville, :}e ihrixeui cunuuencln | Dn«lx»idM«CgMÉidMi
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dicte femme parla en'une'vallée à nng troppeau de gens-d'armes , droitement au dessoubs dudict jardin ; et maintenoient grandes et longues devises ensemble. Si commença ledict prebstre à prendre souspeçon en cecy, et imaginant ce qui en fut , hastivement retourna en la ville et dist aux gardes des portes : «Seigneurs, regardez bien devant vous; icy a gens-d'armes bien près en une valée, que j^ay veus et une femme parler à euU. Certainement je me double qu'ils n'ayent entreprinse aucune sur ceste viÛe , et pourtant donnez vous en garde. » Si ne passa guaires que tantost ces paroUes dictes , la femme ne retournas! devers la ville , et la véirent revenir lesdictes gardes. Si la prindrent prestement et mirent la main en elle de parles roys; et menée jusques à la seigneurie qui gonvemoit, fut mise on prison , et , sans gaires^la tourmenter par torture, confessa son cas, ses adhérons et la manière de Tentreprinse. Et conmient toute coste affaire se condnisoit fat annoncée au roy anglois , luy estant venu i CiHupiengno. Si ne fit gaires d*arrest en bdicto ville, ains luy estoit tout son cuer à Paris, |v>ur apprendre de cestui cas , et pour pourvooir à telles ontreprinses par justice des eutreprenans , et pour rassenrer de sens et do con^tuite coulx à qui il avoit commis la garde des habicans. Donc en eflect , Iny venu à Paris avec tout ce qu il avoit de gens d'armes , ladicte femme bien înterrognëe, la fit noyer, onsemblo aulcuns ancres qai estoient de b conspiracion. Et ce fiiit , etqne an surplus il avoit pourveu à Texpédinc d*Big tel cas, retourna arrière «fevets le roy soa beau-père à :>enlis . là où il Tavoit hitgjp , ot lui conu les cas advenus, qm dcfoil plorer et douloir par aventure soie joye : c'ostoic que ses piivres jects convenoit escre jnstkiés H par porter amour oaiareile à