‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 397 sur 494 · CHAPITRE CXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXIV

Coinm^iil ît y eiisl «Ecnrmucc «nire Liégeois e( le trigneur de Boimui.

Or convient parler de ces removeurs de guerre la tîerche fois, les Liégois qui estoient devant Uuy , et là oii le duc Charles avoit envoyé leseigneur de Boussut , avecques plusieurs aullres seigneurs de lIaynaut,pour confort de l'évcsquc et de la ville. Or n'ovoienl encore Liégeois loul parfremé leur siège , quand ledict de Qoussut entroit ; et ne tenoieni que l'ungcosié de la rivière. Si fireat. tant pai' nuict et par jour qu'ils priodreolb>

rivière çà et là , tant que nul ne pooit plus entrer ne saillir dehors , fors pour leur dangier ; et y restoit seulement une petite porte de terre , entre les deux bords de la rive , qui cstoît avantageuse à ceulx de dedens y et de péril à ceux qui là gissoient. Si se pénèrent Liégeois de prime-face de gaignier icellui destroit et de Toster à ceux de Huy ; et de fait Tobiindrent , à force de gens et de hardement, une petite espasse. Dont ceulx de dedens , toutes-fois , qui estoient gens de guerre , quand ils se virent si de près aprociés et au vif quérus , se en aigrirent tous en ung novel corrage ; et vinrent à lances et à tranchans fers férir valeureusement dedens ces Liegois qui là gîsoient , et en occîrent une grand part. Et là y eust ung beau chapplis et une fière mellée ; et y fit vaillamment le seigneur de Boussut , et messire Philippe de Poitiers, et beaucop d'aultres vaillans hommes qui los et pris y acquirent ; et tant que Liégois estoient contrains de eulx retraire sur le derrain bord de la porte , là où nul ne les pooit approciér que par-devant. Et là firent de deffenses beaucop , qui peu leur servirent ; car durement furent entamés et tués en aulcun nombre ; et eu aulcun nombre ils se sauvèrent et retrayrent en toute haste en leur grand o^t.

Or commenchoit-il à avoir une couverte murmure en la ville , entre le menu peuple qui se vit assiéger et mis ainsi en destroit de ses propres voisins et parens et alliés anciens, de ceux de la cité , conune se faveur volpient porter avecques eux et pité de les veoir calamités de main estrange ; et sambloit proprement qu'il y pooit avoir entendement entr'eux et ceux de dehors pour livrer la ville en leur main. Si s'en perchent Tévesque et autres emprès ly, qui y misrent grand guet.

Dont , et comme la peur de cecy luy estoit entrée en cuer , et que aulcuns paoureux d*emprès ly lui en donnèrent assez , pria au seigneur de Boussut , en lui narrant le cas , qu'il le voulsist aîdier à sauver et vuidier hors de la ville ; car pour tout Tor du monde , ne vouldroit cheoir en la main 'de ses ennemis , ceulx de la cité. Si pesa ledict de Boussut fort ceste requeste ; et envis refusa lasauv6t^d*i|Qfi# homme , ung noble prioce , et aufjaalf

il pooit porter ung grand meschief , et par ly accorder ce qu'il quéroil, faire à ly-meismes une grand honto et blasme ; et par ainsi , entre faire et laissier , ne sçavoitquoimieulx respondre. Enfin , toutefois , pesa plus la sauvcté du seigneur et d'aventurer son honneur^ que de viser à son honneur estroitement , en perdant telle personne, pensant mieulx et plus tost réparer ce qu'on lui poroit donner de charge d'abandonner la ville , que de venir à la paix envers son prince , d'avoir abandonné son cousin-germain , l'évesque , en sou mortel estroit affaire , et là où peut-estre il eust esté mort.

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