‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 462 sur 494 · CHAPITRE CLXXXVII. j^l · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXXVII. j^l

Coiumenl le comle <le Warwyc misl liotï de prison ta roy Henry, et comment il llrn le peuple de sa bende. par bel remonslrance (|u'il lisl.

Je diffère encore une espace le conte de ceste conspirée trahison; car encore n'est point venu le temps là où elle fui rallainte et sceue, comme par grâce de Dieu. Et avindrent plusieurs grandes choses entre deux , et dont il loist faire mention, pour cause qu'elles servent au différent qui estoit en ce temps entre le roy Loys etle duc Charles ; c'est dtifail du royaulme d'Angleterre, dont ledict roy s'aitendoit d'en tirer la joie pour ly, parlaruyne et expulsion dn roy Edouard (1), au moyen du comle de Warwic; et le duc Charles en l'anlrr lez d'en avoir mesmes fruit et joie par son n^gner et durer maugré tout homme. Mes ainsi n'avint point : carsitost que le comte de Warwyc se trouva descendu en Angleterre, après son retour de France, comme il a esté conté , et que multitude de communes du pays d» Kent s'esloit tirée devers ly aveucques aucuns nobles, dejour enjourcroissoit sa puissance; et béant de veftir à ses fins , comme de déchassier Edouard dehors , et de remettre en son throne le roy Henri (2), tenu prisonnieren la tour de Lundres,, déclaira au peuple sa

(I ] £dourtl IV, premier roi de la nuiiuiu d'Ytri (2) Henri Vl de l.i maison île Lancatlre.

volenté; et sachant que moult de peuple y avoit son affection , et que le corrage de peuple est mobile et variable , et ne quiert que nouveau seigneur tous-jours , et que le roy Henri leur estoit en cuer, les persuada de moult belles paroles et leur dist;. que jà-soit feust-il ainsi, que autrefois il avoit esté contraire audict Henri et avoit esté cause de sa ruyne, cuidant bien faire et servir à la chose publique du royaume, toutes4bis maintenant , revenu à cognoissance du tort qu*il lui avoit tenu et foit, et dont il estoit repentant, en acquit de sa conscience, luy voult réparer son injure et le remettre en son estât de devant, comme vrai roy droiturier de la couronne sur tout autre. Dont, et du délit qu'il en avoit fait à malvaise cause et par malvaise informacion , présent tout ce peuple , il en prioit merchy à Dieu. Et soi ruant à genoux devant eux , leur en requist merchy et perdonnance. Et alors vousoyssiez tout le monde crier : « Vive le roy Henry! vive mylord de Quine (i) Henri!» Et là obtint Warwyc et acquist le bruit et la grâce du peuple par ceste manière de faire ; et se tint comme asseur quasi alors petit à petit d'avoir tout le royaume pour ly, et d'y faire ung nouveau monde, comme il fitvoirement; car aveucques ce que plusieurs seigneurs et barons du pays se venoient joindre à ly , qui tous-jours avoient esté du parti du roy Henry céléement, mes ne s'en estoient osé déclarer, ledict de Warwyc , jour après autre, tira toujours avant jusques à Londres , là où arrière trouva des faveurs assez , et aultres aussi beaucop, et grand nombre de contraires et maintenans le roy Eduard. Enfin toutefois, et comme Eduard n'y vint à deffense, Warwic mist dehors la tour de Londres Henry ? et l'assist en throne royal , et le fit publier et crier roy d* Angleterre en confusion de Eduard, promettant au peuple tout salut et prospérité leur approchier et estre à venir par icely, de la part du roy de France et de tous les Franchois , et gaignages et conquestes et rapines sur le duc de Bourgogne et ses pays , qui estoit une des fins prin-

(1) My Lord the King.

(2) Le comte de Warwick fit sortir Henri YI de prison , le 6 octobre 1470 et le rétablit sur le trône.

cipales à quoi il tendoit , à l'appétit du roy Loys , aveucques l'expulsion du roy Eduard hors du royaukne , et d'en avoir le gouver«nement.

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