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FOIRE

L'évêque Guillaume défendit, en 1511, de tenir la foire le jour de la Nativité de Notre-Dame , et ordonna qu'elle se tiendrait le lendemain. Les évéques avaient autrefois coutume de l'ouvrir eux-mêmes en grande solennité et grande cavalcade. Les mêmes évêques avaient le droit d'envoyer, pendant les trois jours de la foire de Saverne , une vingtaine ou trentaine d'hommes de leurs troupes, qui battaient la campagne depuis Saverne jusqu'à Sarbourg et même au-delà, pour assurer les chemins et surtout les marchands qui venaient à la foire. Elle se tient hors de la ville , sur une place qu'on nomme encore le Metztigplatz.

L'eau qui se distribue dans les fontaines de la ville, tire sa source près de la montagne de Haut-Barr.

Le ministre, par ordre du roi, écrivit, en 1683, à M. de Monclar, commandant en Alsace , en lui marquant qu'il

le

S A VER NE

autorisait 1 evéque de Strasbourg à rétablir les murs de Saverne. Un arrêt du Conseil d'Etat , du 18 septembre 1 083 . imposa, sur les terres de l'évêché , une somme de six mille livres , pour être employée aux réparations des murs de Saverne. Un second arrêt, du 21 août 1G84, permit une nouvelle imposition de 1500 livres, pour le même objet.

Un règlement des bouchers , fait en 1497, par le magistrat de Saverne , leur défend de vendre la livre de bœuf gras au-delà de trois oboles , et un autre de 1520, au-delà de deux deniers. En 1572, cette taxe était portée à quatre deniers. Trois oboles faisaient un denier, et douze deniers faisaient quatre sols.

On voit , dans un compte de 1669 , qu'à Saverne 89 cordes de bois ont été vendues à 3 livres 8 sols , et 20 cordes à 40 sols.

Par arrêt du Conseil d'Etat, de l'an 1760, le magistrat de Saverne fut réduit au prévôt , au procureur fiscal , au greffier, à un Oberlohner, à un Unterlohner et à quatre conseillers.

En 1525, dans la guerre des Rustaux, les habitants de Saverne se révoltèrent contre leur seigneur. Cette guerre ayant été terminée, l'évéque Guillaume pardonna à la ville de Saverne, et celle-ci, en reconnaissance de cette grâce, abandonna en 1530, à lui et à ses successeurs , la nomination de l'Ober-schultheiss , de l'Unter-schultheiss et du greffier.

L'empereur Wenceslas accorda, en 1388, à l'évéque Frédéric , le privilège d'établir un droit de péage à Saverne et entre cette ville et Gugenheim. Ce privilège , qui était révocable, fut confirmé en 1495, par l'empereur Maximilien, et enfin en 1501, par le même empereur, qui déclara

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ce droit de péage perpétuel et irrévocable , pour récompenser les services rendus par les évêques à l'empire.

L'empereur, Rodolphe II , confirma en 4587, à la ville de Saverne , le droit de péage et de pontenage , dont elle jouissait depuis un temps immémorial , pour l'entretien des chemins , ainsi que celui de flottage, sur la Sorn , de tous les bois nécessaires à ses habitants. L'empereur, Ferdinand II , par lettres de 4623 , pour récompenser le zèle que les habitants de Saverne avaient témoigné dans les deux sièges de la guerre de Mansfeld , rehaussa les droits du péage de cette ville.

Les évêques Burchard, en 4393, Guillaume, en 4438, Conrad de Busnang, en 4540, Albert, en 4478, Charles, en 4592 , confirmèrent tous les droits et privilèges appartenant à la ville de Saverne , et particulièrement la moitié de l'Umgeld et la moitié du petit péage , dit Kleinzoll ou Haarzoll , à charge d'entretenir les édifices ou chemins* publics. Les lettres de l'évêque Charles , de 4592 , portent les deux tiers de l'Umgeld , parce que l'évêque Guillaume avait permis, en 4438, à la ville de Saverne d'augmenter ce droit. Les mêmes évêques promettent , dans les mêmes lettres , de ne point augmenter de beth , et de n'en pas exiger de nouveau de la ville , si ce n'est de son consentement.

Le roi , par arrêt du conseil d'Etat de l'an 4765, ordonne que des six conseillers de la ville de Saverne , auxquels le magistrat avait été réduit par arrêt de 4760, les trois plus anciens demeureraient à vie et ne pourraient jamais être changés , et que les trois autres seraient changés tous les ans sans pouvoir être continués, à moins que , par la nouvelle élection, il se trouve du nombre des nouveaux élus , ou à moins que le décès d'un des trois anciens ne les

SA VERNE

appelle suivant leur ordre d'ancienneté à remplacer le

décédé.

Le roi , par arrêt du conseil d'Etat de l'an 1767, ordonne qu'il ne sera établi ni gouverneur , ni lieutenant du roi , en exécution des lettres patentes du 1 er juin 1766 , dans la ville de Saverne , comme étant le lieu de la résidence particulière des évéques de Strasbourg.

Les bains de Saverne existaient encore au 15e siècle, puisqu'il existe des lettres de l'évôque Robert, de l'an 1470 , qui permettent à la ville de bâtir des bains et d'en percevoir les profits. Ces lettres renferment aussi des règlements pour la conduite de ceux qui les fréquentent , et règlent les amendes édictées contre ceux qui y commettraient quelques désordres.

Le droit de beth à Saverne n'appartient pas au seigneurévêque , parce que, par des concessions des évéques , ou plutôt des engagements , la ville a la jouissance et la direction de la plus grande partie de ce droit.

Par traité passé en 1672, entre la régence de Saverne et la justice de Pfaltzbourg , il fut décidé que la gorge du canton , dit Holderloch , ferait la séparation des deux territoires de Saverne et de Pfaltzbourg. Les anciennes bornes avaient été arrachées dans le temps des fortifications faites par le général Golas

La dîme en grains et celle en foin de Saverne appartient pur moitié à l'évôque et au chapitre. Celle du canton dit Rennweg appartient au chapitre seul.

L'évêque Guillaume acheta , en 4507, de Georges de Falckenstein , le sixième de la dîme qui lui compétait, et ce pour cinquante florins du Rhin.

Avant l'an 1594, les habitants ne donnaient pas la dtme en foin , mais chacun en laissait une quantité fixe sur son

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pré , pour l'entretien des ânes du château de Haut-Barr ; c'est ce qu'on nommait le fourrage des ânes du Haut- Barr.

La dtme des pommes de terre du ban de Saverne est due à l'évéque et au chapitre , non-seulement sur tous les champs , mais encore dans les vergers et les jardins clos.

Outre le faubourg qui est du côté de l'orient , la ville de Saverne est divisée en trois parties : YOber-Statt , ou Alt-Statt , qui est entre la porte de ce faubourg et celle voisine du couvent des Récollets ; la Mittel-Stadt , ou Blinstadt , située entre la fausse porte près des Récollets et l'autre fausse porte près des religieuses, et YUnder- Stadt , ou Klein-Stadt , depuis cette fausse porte jusqu'à la porte de Pfalsbourg. Du temps de Mérian , les maisons de YUnder-Stadt étaient abattues et celles de la Mittel- Stadt brûlées.

La situation de Saverne est dans une gorge des Vosges et est, par sa nature même , un endroit fort et défensible.

Munster dit que Saverne a autant de tours qu'il y a de semaines dans l'année, et de créneaux à lentour qu'il y a de jours. Ce qui ferait 52 tours et 365 créneaux.

Voyez sur Saverne, ès années 1552, 1574, 1622, 1634, 1635 et 1636 , Mérian, pag. 70.

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