SCHWEINHEIM
SCHWEINHEIM est un village Je la Basse-Alsace, situé à une lieue de Saverne et à une demie de Maurmoutier, dans le bailliage de Kochersberg , appartenant à 1 evêqueprince de Strasbourg, dépendant du diocèse de Strasbourg et du chapitre rural de Bettbur, composé d'environ 67 familles catholiques et de près de 20 juives. C'est une ancienne possession de l'abbaye de Maurmoutier, et dès le huitième siècle , ponticulus ad Suenheim , est nommé comme une des limites du territoire de cette abbaye , dans le diplôme de Thierri IV, roi de France, de 724; Histoire de l'Eglise de Strasb., tom. 1 , preuves, pag. 57. Schweinheim fit de là partie de la Marche d'Aquilée, ou territoire de Maurmoutier, comme le prouve la charte polyptique de cette abbaye, écrite vers Tan 44 44, où Sweinheim est nommé entre les villas , que vocantur Morcsmarcha. Les évêques de Metz , en leur qualité de seigneurs territoriaux et avoués de Maurmoutier, accordèrent dans la suite le village de Schweinheim en fief, aux seigneurs d'Ochsenstein. Cet endroit est nommé dans le nombre de ceux dont les Ochsenstein furent investis en 4335 et 1378 , par les évêques de Metz ; Alsat. illust. , tom. 2 , pag. 216. Cependant ce lien féodal ne dura pas longtemps , et quoique Schweinheim fut toujours compris sous le titre de fief, dans les lettres de reprise , et même dans celles d'investiture, que Henri, évêque de Metz, accorda, en 4487, à Guillaume de Ribeaupierre , Als. dipl.> tom. 2, p. 426, il n'en fut pas moins regardé comme un allodial , par les seigneurs d'Ochsenstein , qui l'aliénèrent comme un bien propre. Nous trouvons, dès l'an 4448, le village de Schweinheim possédé par les nobles qui en tirèrent leur nom ; Alsat. illust., tom. 2, pag. 263. Ces nobles étaient connus dès la fin du treizième siècle , puisque Jean , fils
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d'Eberhard de Schweinheim , est rappelé dans une charte de 1296 ; Als. illmt., tom. 2, pag. 668 et 669, Rodolphe de Schweinheim était , en 1319, chanoine de Saint-Dié ; de Ruyr, pag. 278. Contze von Schweinheim , Edelknecht , comparaît entre les vassaux de l'abbaye de Maurmoutier, dans des lettres de 1373 ; Ahat. dipl., tom. 2, pag. 268. Conrad de Schweinheim , surnommé de Steinbuch , mourut en 1413 ; Ahat. illust., tom. 2, pag. 672. Les nobles de Schweinheim l estèrent en possession de ce village jusqu'à leur extinction , arrivée vers l'an 1486. Il passa ensuite à ceux qui se nommaient zu der Megde , qui le possédaient en 1493 , puis aux Mùnch de Wïldsberg , qui en étaient seigneurs en 1546 , et qui s'éteignirent en 1587, dans la personne de Guîllaijme , le dernier de ce nom. Aux Wildsberg succédèrent les Holtzapfel de Herxheim. Philippe-Jacques Holtzapfel, qui en était possesseur en 1660, mourut en 1663, et fut père de Frédéric-Philippe-Hugues, marié à Barbe de Wangen. Celui-ci eut un fils , François- Frédéric-Léonce , qui décéda le 12 mai 1702 , à l'âge de douze ans, le dernier de sa famille. Le village de Schweinheim passa alors à l'héritière de cette maison , Anne- Louise de HoJzapfel , épouse de Zacharie-Herman de Wangen. Comme elle n'avait point d'enfants , elle légua , par son testament , la seigneurie de Schweinheim à son cousin , François- Antoine de Falckenhayn , gentilhomme silésien, dont le père Rodolphe avait épousé Hélène, fille de Philippe-Jacques de Holzapfel. Ce François-Antoine vint en Alsace, en 1719, y recueillir cette succession, et deux ans après , il se fit immatriculer au directoire de la noblesse de la Basse-Alsace. François-Antoine de Falckenhayn conserva le village de Schweinheim jusqu'en 1751, qu'il le vendit à Chrétien-Frédéric-Dagobert , comte de
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Waldner, lequel l'échangea, en 1760 , avec l'évêque de Strasbourg contre les villages de Hartmansweiller et de Rimbach-Zell, dans le Haut-Mundat, attenants à son château d'Ollweiller.
L'abbaye de Maurmoutier est décimatrice du ban de Schweinheim , qui dépendait autrefois de la paroisse de Maurmoutier. Mais depuis l'érection de la cure de Lochweiller , Schweinheim est desservi par le curé dudit Lochweiller. L'église de Schweinheim est dédiée aux SS. martyrs Vincent et Anastase. Elle était , sur la fin du quinzième siècle , le titre d'une chapellenie , aujourd'hui éteinte. On trouve , à l'entrée de Schweinheim, une petite chapelle sous l'invocation de la Sainte-Croix.
Ce village appartient , depuis l'an 1760 , à l'évêché de Strasbourg et fait aujourd'hui partie du bailliage de Saverne. Il appartenait, en 1673, au noble de Holzapfel.
Par échange, passé en 1760, le comte de Waldner donna, à l'évêché de Strasbourg, le village et la seigneurie de Schweinheim, avec toutes ses dépendances, et l'évêché lui céda les villages de Hartmansweiller et de Rimbach- Zell, situés en Haute-Alsace, avec tous les droits seigneuriaux et avec le quart de la dîme en vin à Rimbach-Zell. Cet échange fut confirmé, tant par le grand-chapitre que par le directoire de la noblesse de la Basse-Alsace , qui a enregistré dans sa matricule les villages de Hartmansweiller et de Rimbach-Zell , en les substituant à celui de Schweinheim , qui y était auparavant immatriculé. Cet échange fut suivi de lettres-patentes confirmatives du roi , de l'an 1761.
SEELHOFEN , ou Selhof, ou Selehoven, est aujourd'hui une censé habitée par des luthériens, appartenant au prince de Hesse-Darmstadt , éloignée d'une demi-lieue dingweiller, dans sa paroisse et son bailliage. C'était autrefois un village , avec une chapellenie dépendante du rectorat d ingweiller. Hertzog , Chron., lib. 3, pag. 45, écrit que les Lichtenberg achetèrent des Ettendorff l'advocatie de Seelhoven. Schœpflin, Alsat. illust., remarque, tom. 2, pag. 450, que Seelhofen était autrefois un prieuré de l'ordre de Citeaux, dépendant de l'abbaye de Neubourg. Un diplôme de l'empereur Frédéric, de H 80, marque comment le predium in Selhoven, parvint à cette abbaye. Le pape, Innocent III , confirma grangiam Selhoven, à la même abbaye, en 1208; Ah. dipl., tom. 1, pag. 3i7. L'empereur, Charles IV , dans son diplôme de 1356 , compte curtem Selhoven, cxim juribus et appendiciis suis , dans le nombre des possessions de cette même abbaye ; idem, tom. 1, pag. 216.
Il paraît une lettre de Hanneman et Heikilman de Lichtenberg , de 131 6, qu'il y avait alors apud oratorium sive capellam curtis Selhoven, sitœ prope castrum Lichtemberg, quatre religieux de l'abbaye de Neubourg , qui la desservaient. Ces mêmes seigneurs unirent , la même année 131 6, à la même abbaye de Neubourg le droit de patronage de Rotbach, à condition que l'abbé envoyât à Selhoven deux autres religieux prêtres, sic profecto , quod dictai sex personœ religiosœ de dicto monasterio per providentiam abbatis collocatœ ab hinc in antea ibidem remaneant conlinuo et Deo inibi famulentur subditi ordinis observantia regulari.
L'abbaye de Neubourg ayant beaucoup souffert dans la guerre des Rustaux d'Alsace , qui la pillèrent et brûlèrent