ÉTAT CIVIL
Le magistrat de Selestadt y exerce, depuis un temps immémorial , la juridiction civile et criminelle. Il est composé aujourd'hui d'un préteur royal , de quatre bourguemaîtres, dits Stettmeister, d'un syndic et greffier en chef, de dix conseillers chefs des dix tribus , de deux commisgreffiers , d'un procureur fiscal et de quatre sergents exploitants. Il y a aussi deux notaires royaux et deux huissiers royaux. Le prêteur royal ne fut établi qu'en
Les dix tribus sont celles des marchands, tonneliers, cordonniers, laboureurs, maréchaux, tanneurs, boulangers, bouchers , jardiniers , pécheurs et vignerons. La tribu des laboureurs est la plus nombreuse. Parmi les artisans , il en est peu qui ne soient cultivateurs , étant presque tous propriétaires de quelques portions de terre.
En vertu d'un arrêt du Conseil d'Etat du roi , de l'an. 1756 , le prêteur royal , les quatre bourguemaîtres et le syndic , qui forment le magistrat , connaissent seuls des affaires d'administration, de la police et des finances de la
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ville : mais les conseillers, chefs des dix tribus qui composent la bourgeoisie , assistent à tous les jugements.
Louis XIV, par ses lettres-patentes du mois de janvier 1 685 , a accordé au magistrat de Selestadt le privilège de juger définitivement les affaires concernant la police, sans appel, et les autres également en dernier ressort, jusqua la concurrence d'une somme de cent livres.
Le magistrat de Selestadt est le seul de la province qui porte à l'hôtel-de-ville des robes de palais. Il en a obtenu permission, par lettres- patentes du 10 juin 1687.
Selestadt forme une subdélégation particulière de Tintendance , composée des deux bailliages de Marckolsheim et Villé. Les fonctions du département sont exercées dans Selestadt parle magistrat même.
Le trésorier du roi pour les troupes, demeure à Colmar.
Il y a, à Selestadt, un ingénieur ordinaire et inspecteur des ponts et chaussées de la province d'Alsace , ressortissant à la direction générale de Strasbourg.
Il y a, à Selestadt , une poste aux lettres et une poste aux chevaux.
Le courrier de Belfort , la diligence de Bàlc , celle de Belfort, celle de Colmar, le coche de Lyon , le chariot de nuit de Colmar, etc., passent par Selestadt.
Dielmarus scultdus de Slecestat signa , en 1200 , une charte de Conrad , évêque de Strasbourg , pour le monastère de Sainte-Foi.
Le prévôt de Sainte-Foi nommait , dans l'origine , aux deux offices de schultheiss et de péager de Selestadt. Mais cet endroit étant devenu ville , il convint , en 1217, avec l'empereur Frédéric, de les nommer conjointement, l'empereur et le prévôt , en en partageant également les profits.
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Suivant la chronique de Godefroi d'Ensmingen , Conrad- Wernher de Hadstatt , dit le jeune , fut déposé par l'empereur Rodolphe , of/icio constituendi scultetum in opido Slestat , parce qu'il avait suivi contre lui , en 1289 , le parti d'Otton , comte de Bourgogne.
La bourgeoisie de Selestadt est divisée en dix tribus. Du temps de Beatus Rhenanus , lib. 3 , pag. 304 , il y en avait ilouze.
La régence de chaque bourguemaître est de trois mois. L élection des conseillers se fait tous les ans , le jour de Saint-Michel. Les conseillers sont en même temps chefs de la tribu dont ils sont tirés.
BURNER.
Les registres archidiaconaux du 45« siècle font mention du rectorat et de la chapellenie de Burner, près Selestadt.
Manegoldus de Burner est nommé entre les témoins dans la charte de Frédéric , duc de Suabe, pour le monastère de Sainte-Foi, de 1105.
L'empereur Frédéric , par un échange, passé en 1217 avec le monastère de Sainte-Foi, lui accorda omniapredia et omnes proprielates, qu'il avait in loco Brunnario.
Henri, roi des Romains, accorda, en 1312, à l'abbaye de Baumgarten, pour le repos de l'âraé de Marguerite , sa femme, jus paironatus ecclesie in Brunner prope Sletzstat , quod sibi et imperio pertinere dinoscitur.
Jean , évéque de Strasbourg , incorpora , en 1313 , à l'abbaye de Baumgarten , ecclesiam in Burner, cujus jus patronatus ex liberalitate regia ad abbatem et conventum in Bongarten dinoscitur pertinere , cum omnibus ejusdem ecclesie decimis , juribus , redditions ac attinentiis universis... ita ut post mortem magistri Craftonis rectoris ejusdem
ecclesie perpétuas instituatur vicarius sacerdos secularis , à la collation et présentation de l'abbé et des religieux de Baumgarten.
L'empereur, Henri VII, accorda, en 1310, le village de Burner à la ville de Selestadt. Otton d'Ochsenstein , landvogt d'Alsace, céda , en 1815, tous les droits qu'il avait à Burner. Otteman d'Ochsenstein , son petit- fils , réclama contre cette cession et prétendit que Burner lui appartenait , comme fief relevant de l'empire. Mais il fut débouté de sa demande , en 1402, par jugement rendu par Beinhard de Sickingen, landvogt d'Alsace ; A Is. illust., tom. 2, pag. 387.
Ce village , situé près de Selestadt , au nord-ouest de la ville , paraît avoir été détruit dans le cours du seizième siècle. Il en est fait encore mention dans les registres archidiaconaux de la fin du 15e e t dans les registres du magistrat de Selestadt , de l'an 1524. Le pont de pierre, qui fut bâti en 1548, avec cette inscription: Ex fundamento resp. Sletzstad. fi tri fecit an. M.D.XLVIII , a conservé le nom de Burner-Bruck , ainsi que le ban communal voisin, qu'on appelle Burncr-Almend , dans lequel ban le collège de Selestadt, au titre de l'église de Sainte-Foi, est seul décimateur.