CHAPITRE XXXII
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Belle comme U première femme journal * cet amtjble et dangereux serpent, dont l'ereUfeme était déjà gravé dans son cœur, une fois séduite ; et séduisant de plus en plus à son tour.
Brnos. — la Fianctt d'Abydoi
Le commandant faisait sa partie d'échecs avec madame de Blcne. Alice était assise rêveuse dans la galerie. Grâce à l.> forte préoccupation des joueurs, Paul passa presque inaperçu. Il s’approcha d Alice. Elle fut frappée de sa pâleur et de son émotion.
— Grand Dieu! monsieur Paul! qu*avez-*rous? lui dit— elle . — Oh •' mademoiselle Alice ! dit Paul , ayez pitié de moi ! La jeune fille tressaillit. — Ayez pitié de moi l — C'était presque un aveu. — Expliquez • vous , monsieur Paul . répondit-elle avec intérêt. Expliquezvous... Qu'avez- vous? — Oh! j'ai besoin de bonheur , mademoiselle, j'ai besoin de me rattacher à mon père.... à vous.... Car je sens qu’une effroyable fatalité m’entraîne et m’emporte.- Ob' prouvez-moi
3u'il y a du vrai dans la vie... que tout n’est pas mensonge , haine et ésespoir... Oh ! aimez-moi... Par pitié... aimez-moi, ou je meurs!
Ce langage contrastait tellement avec le caraètère de Paul , qu' Alice fut émue jusqu'au fond du coeur.
— Mais quelles horribles pensées viennent donc vous accabler, 'monsieur Paul ? vous, si confiant dans l'avenir, si heureux, si sùr de votre bonheur? — Oui, oui, je l’étais il y a deux heures, mais maintenant... il a tout changé... C'est lui, lui seul!... mais quelle affreuse puissance a-t-il donc, cet homme ? — Mais , au nom du ciel ! de qui parlez-vous ? demanda Alice. — De Szaffic I répondit Paul avec un accent de terreur. Alice frissonna de tout son corps.
— Oui, continua Paul, c’est lui, c'est Szaflie... Cet homme étrange a une éloquence si funeste... Je sentais toutes ses paroles m'arriver la, â mon âme, aiguës, pénétrantes et froides... Les leçons de mon père, les derniers vœux de ma mère, tout s'effacait de ma pensée... Sa voix s'étendait sur tout comme un voile. . El j'étais là , haletant, éperdu, attiré vers lui... l'écoutant avec terreur et avidité... voulant fuir et ne le pouvant... sentant le poignard arriver à mon cœur, et n'ayant pas le courage de faire un mouvement pour l'éviter... Mais tout ceci est faux; c'est un rêve, une vision... Non, le bonheur existe... car vous êtes là , raadcmoisi Ile... La vertu existe... car j'ai vu mon père... Oh ! oui , il me trompait... N'est-ce pas, qu'il me trompait, quand il me dirait qu'il n'y avait pas de bonheur sur la terre?... Il y en aurait tant pour moi si... — Vous m'aimez, car... — Tenez, mademoiselle, je n'ai plus la force de Vous le cacher , je vous aime. Oh ! je vous aime ! Que cet aveu ne vous irrite pas... Pardon ! dit le pauvre enfant, oh pardon ! cet aveu, je ne vous I aurais peut-être jamais lait.... Mais je souffre tant.... Oh ! tenez, prenez cet anneau... c'est celui qui tomba de la main de nia mère quand elle m'embrassa pour la dernière fois. . . Oh ! prenez-le ! c'est mon trésor. . . L'est mon bipn le pins précieux; et ne doit-il pas être à vous , si vous m'aimez?... dit-il en le lui offrant avec une timidité charmante. — Alice ! Alice ! dit madame de Blène. viens donc décider entre le commandant et moi. — Paul, mon ami, alors vous viendrez à mou secours, dit le bon marquis.
Ces mots rappelèrent Paul à lui : Alice prit Panneau en tremblant, lelhit â son doigt, jeta sur Paul un regard euchantcur et entra dans la
grand'cliambrc
Et la nuit , bercée dans son lit, Alice ne dormait pas Son cœur battait : elle éprouvait un sentiment d'angoisse et de douleur inexplicable, et sc disait avec effroi : — Quelle infernale influence a-t-U donc? Avoir d'un mot changé Pâme de Paul ! Celte âme formée par P amour d’un père, épurée par les vœux d'une mère mourante... Quelle puissance !