‹ Œuvres illustrees d'Eugene Sue Les mysteres de ParisChapitre 124 sur 174 · LES MYSTÈRES TO P.\JUS · texte numérisé non relu

LES MYSTÈRES TO P.\JUS

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pour irracfwr des patte» du Squelette te jeune homme dont M . ttodolplu: m'avait dit : Je m’y iatên^i: comme à mon tils.

— Ah! que ne vous dois-je pas... pour tant de dévouement 1 s'écria Germain.

— Ce u'&t pas à moi.. .c'est à M. Rodolphe que vous devez...

— Mais la cause de sou interet pour moi ?

— Il vous ht dira, à moins qu’il ne vous la dise pas ; car souvent il fc cntilciile de vous Taire du bien, et si vous avez le toupet de lui demander pourquoi, il ne «e gène pas pour vous répondre : Mêlez -vous de ce qui vous regarde.

— Et M. Rodolplte sait-il que vous êtes ici?

— l'as si bête de lui avoir dit mon idée, il ue m aurait peut-être pas permis... cette farce... et sms me vanter, hein, elle est fameuse !

— Mais que de risques vous avez courus... vous courez encore!

— Qu’e»l-ce que je risquais? de ii ètre pus conduit à la Force, où vous étiez, c’est vrai... Mais je complais sur (a protection de M. Rodolphe pour me faire changer de prison et vous rejoindre ; un seigneur tomme lui, ça peut tout, El uue lois que j'aurais été coffré, U aurait autant aimé que ça vous serve à quelque chose.

— Mais au jour de votre jugement ?

— Eh bien ! je prierai M. Murph de m’envoyer la malle ; je reprendrai devant le juge ma perruque noire, tues lunettes bleues, ma bosse, et je redeviendrai M. Grégoire pour la portier qui m a loué la chambre, pour le* mai chauds qui m’ont vendu, voilà pour le volé... Si ou veut revoir le voleur, je quitterai tua défroque, cl il sera cljir comme le jour eue le voleur et Ir volé ça (ail, au total, le Glumriucui, ni plu» ni moins. Alors que diable vouli z-votu qu’on me fasse, quand il sera prouvé «jue je oie volais moi-même !

— Eu effet, dit Germain plus ra-suré. Mais puisque vous me portiez tant d'intérêt, pourquoi ne m'avez-vous rien dit en entrant dan» la prison 1

— J’ai tout de suite su le complot qu’on avait d'ail contre vous, j’aurais pu le déuouccr avant que Pique-Vinaigre eût commencé ou fini son lii»ti»frc ; mais dénoncer même des bandit» pareil», ça ne m’allait |wn,... j’ai mien* aimé ne m’eu lier qu’à nui poigne.. pour vous arracher des pattes du Squelette. El puis quand je l’ai vu. ce brigand-là, je me oiiis dit Voilà une fameuse occasion de me rappeler la grêle de coups de poing de M. Rodolphe, auxquels j’ai du I honueur de sj connaissance.

— Mais si tou» les détenu» avaient prU parti coutre vou» seul, qu auriez-vous pu faire?

— Alors j aura h crié comme uu aigle et appelé au secours ! Mai» ça m'allait mieux de faire nia petite cuisiuo inoi-uicine, pour pouvoir dire à M. Rodolphe : Il n’y a que moi qui me sui» mêlé de la chose... j'ai dt tendu et je défendrai votre jeune homme, soyez tranquille.

A ce momeut le gardieu rentra brusquement dans la chambre.

— Monsieur Germain, venez vite, vite, chez M. le directeur... il veut vous parler à l'instant mémo. Et vous, Choui iueur, mou garçon, descendez à la-Fossc-aux Lious... Vous serez prévôt, si cela vous convient ; car vous avez Iqut ce qu'il faut pour remplir ce» fonctions... et les détenu» rie badineront pas avec uu gaillard de voire c>pece.

— Ça me va tout de même... autant être capitaine que solJat pendant qu’on y est.

— Ueluscrez-vou» encore ma niaiu ? dit cordialement Germain au Chuurincur.

— M.i foi uon... monsieur Germain. ma foison ; je crois que uiaint niant je peux rue permettre ce piai»ir-là, cl je vou» b serre de bon neuf.

— Nous uûos reverrons... car me voici sous votre protêt lion... jo n'aurai plus rien à cruiudrc, et de ma cellule je descend; ai chaque jour au préau.

— Soyez calme: si je le veux, on lie vous parlera qn’à.quatrc pattes. Mais j’y songe, vous savez écrire... mettez sur le papier ce que je viens de vous raconter, et envoyez 1 histoire à M Rodolphe ; il saura qu’il t«’a plu» à être inquiet de vous, et que je suis ici pour le hou motif, car s’il apprenait autrement que le Chouriucur a volé cl qu'il ne connaisse |'j» le dessous des cartes... tonnerre!... ça ue m'irait pas...

— Soyez tranquille... ce soir meme je vais écrire à mon protecteur inronnu; demain vous me donnerez »ou adresse et la lettre par lit a. Adieu eucore, merci, mou brave !

— Adieu, monsieur Germain : je va» retourner auprès de ces tas de gueux... dout je sui» prévôt... il faudra Lieu qu’ils marchent droit, ou dnon, gare dessous!...

— Quand je songe qu'à cause de uioi vous allez vivre quelque temps encore avec ces inUérâhlus !...

— Qu’est-ce que ça inc fait? Mainte ujiit il n’y a pas de risque qu’ils d. teignent sur moi... 51. Rodolphe iu‘a trop Lieu lessivé ; je suis assuré coutre l'incombe.

El le Chouriucur suivit le gardien.

Germain entra chez le directeur.

Quelle fui sa surprise!... il y trouva Rigolctlc...

Rigolctic pâle, enine, Ls yeux haigucs.de larmes, cl pourtant soumm à travers ses pleurs... :>a physionomie exprimait uu ressentiment de joie, de bonheur inexprimable.

— J'ai une bonne nouvelle à vous apprendre, monsieur, dit le directeur à Germain, La justice vient de déclarer qu’il n’y avait p:is lieu à

suivre contre voax. Par *i;Uc du désistement et surtout dd explication* de La partie civile, je reçois l’oidie de vous luellic immédiatement cil liberté.

— Mousieur... que dites-vous? il serait possible !

IligoleUç voulut parler ; sa trop vive émotion l'eu empêcha: die ne put que faire à Gi i main uu signe de lèle a.liiuulif en joignant les mains.

— Mademoiselle est arrivée ici peu de moment» après «juo j’ai reçu l’ordre de vous mettre cil liberté, ajouta le directeur, line lettre de tout «•-puissante recommandation, quYliu m'apportait, m’a appris le touchant dévouement quelle sou» a témoigne pendant votre séjour en prison, moij'iciir. C’est donc avec un vif plaisir que je vou» ai envoyé cl mi cher, certain que vous serez très-heureux de donner votre bras à nt.uleinoi -elle pour sortir d ici !

— Un rêve!... non, c’e»l uu rêve! dit Germain. Ah! monsieur... que de boulé»!... PardotiuczHnoi si la surprise... la joie... m’empéthuil de voua remercier comme je le devrais...

— Et moi donc, monsieur Germain, je ne trouve (vas un mot à dire, reprit Rigolctte : jugez de mon bonheur : en vous quittant, je trouve l’ami de M. Rodolphe qui m’attendait.

— Encore M. Rodolphe ! dit Geimain étonné.

— Oui, mainlcuanl on peut tout vous dire, vous saurez cela; M. Murph me dit donc: Gcuuaiu est libre, voilà une lettre pour M le directeur de la prison; quand vou» arriverez, il aura reçu l’ordic de mettre Germain eu liberté et vous pourrez remmener. Je ne pouvais croire ce que j'entendais, et pourtant i: était vrai. Vite, vite, je prends un Ibcre... j’arrive... et il est en bas qui nous attend.

Nous renonçons à peindre le ravissement de» deux amants lorsqu’ils sortirent de la Force, la soirée qu’ils posèrent dans la |»eiitc chambre de Rigolettc, que Germain quitta à onze heures pour gagner uu modeste logement .garni.

Résumons en peu de mots les idées pratique» uu théoriques que nous a vou» lâché de mettre en relief dans ccl épisode de la vie de prison.

N nu» non» estimerions 1res- heureux d'avoir démontré :

L’iusuflisaneç, l‘impui»saucc et te danger de la réclusion en commun. ..

Ue» disproportions qui existent entre l'appréciation et la punition de certains crimes (le vôl domestique, le vol avec effraction) cl celle de certains délits 'les abus de confiance)...

Et eulîu l'impossibilité in.tlêriclie où sont les classe» pauvres de jouir du bénéfice des loi» civiles (1).

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