‹ Œuvres illustrées; de seize dessins originaux de Bida, de portraits de Musset (volume 2)Chapitre 101 sur 130 · REPONSE A LA CHANSON DE BECKER · texte numérisé non relu

REPONSE A LA CHANSON DE BECKER

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand, Il a tenu dans notre verre.

Un couplet qu'on s'en va chantant Efface-t-il la trace altière Du pied de nos chevaux marqué dans votre sang?

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.

Son sein porte une plaie ouverte, Du jour où Condé triomphant A déchiré sa robe verte.

Où le père a passé, passera bien l'enfunt.

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.

Que faisaient vos vertus germaines.

Quand notre César tout-puissant

De son ombre couvrait vos plaines?

Où donc est-il tombé, ce dernier osscment?

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.

Si vous oubliez votre histoire.

Vos jeunes filles, sûrement, Ont mieux gardé notre mémoire; Elles nous ont versé votre petit vin blanc.

S'il est à vous, votre Rhin allemand, Lavez-y donc votre livrée; Mais parlez-en moins fièrement :

Combien, au jour de la curée, Étiez-vous de corbeaux contre l'aigle expirant?

Qu'il coule en paix, votre Rhin allemand, Que vos cathédrales gothiques S'y reflètent modestement; Mais craignez que vos airs bachiques Ne réveillent les morts de leur repos sanglant.

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