‹ Œuvres illustrées; de seize dessins originaux de Bida, de portraits de Musset (volume 2)Chapitre 52 sur 130 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Jetons sa cendre au vent,

FRANK

Au vent le parricide!

Le coupeur de jarrets, l'incendiaire au vent! Allons, brisons ceci.

(Il ouvre la bière.) LE PEUPLE ET LES SOLDATS.

Moine, la bière est vide.

FRANK, se démasquant.

La bière est vide? alors c'est que Frank est vivant.

LES SOLDATS

Capitaine, c'est vous!

FRANK, à l'officier.

Lieutenant, votre épée.

Vous avez laissé faire une étrange équipée. Si j'avais été mort, oii serais-je à présent? Vous ne savez donc pas qu'il y va de la tète? Au nom de l'empereur, monsieur, je vous arrête ; Ramenez vos soldats, et rendez-vous au camp.

(Tout le monde sort en silence.) FRANK, seul.

C'en est fait, une soif ardente, inextinguible, Dévorera mes os tant que j'existerai.

0 mon Dieu! tant d'efforts, un combat si terrible, Un dévouement sans borne, un corps tout balafré....

Allons, un peu de calme, il n'est pas temps enccre. Qui vient de ce côté, n'est-ce pas Belcolore? Ah! ah ! nous allons voir, — tout n'est pas fini là.

(11 remet son masque et recouvre la bière. — Entre Belcolcro en grand deuil; elle va s'agenouiller sur les marches du catafalque.)

C'est bien elle; elle approche, elle vient, — la voilà.

Voilà bien ce beau corps, cette épaule charnue,

Cette gorge superbe et toujours demi-nue,

Sous ces cheveux plaqués ce front cupide et tier,

Avec ces deux grands yeux qui sont d'un noir d'enfer.

Voilà bien la sirène et la prostituée; —

Le type de l'égout; — la machine inventée.

Pour désopiler l'homme et pour boire son sang; —

La meule de pressoir de l'abrutissement.

Quelle atmosphère étrange on respire autour d'elle!

Elle épuise, elle tue, et n'en est que plus belle.

Deux anges destructeurs marchent à son côté :

Doux et cruels tous deux, — la mort, — la volupté. —

Je me souviens encor de ces spasmes terribles; De ces baisers muets, de ces muscles ardents, De cet être absorbé, blême et serrant les dents.' S'ils ne sont pas divins, ces moments sont horribles. Quel magnétisme impur peut-il donc en sortir? Toujours en l'embrassant, j'ai désiré mourir.

Ah! malheur à celui qui laisse la débauche Planter le premier clou sous sa mamelle gauche! Le cœur d'un homme vierge est un vase profond : Lorsque la première eau qu'on y verse est impure, La mer y passerait sans laver la souillure. Car l'abîme est immense et la tache est au fond.

(11 s'approcha du tombeau.)

Qui donc pleurez-vous là, madame? êtes-vous veuve \

BELCOLORE.

Veuve, vous l'avez dit, — de mes seules amours.

FRANK

D'hier, apparemment, — car cette robe est neuve. Gomme le noir vous sied!

BELCOLORE.

D'hier, et pour toujours.

FRANK

Toujours, avez-vous dit? — Ah! Monna Belcolore, Toujours, c'est bien longtemps.

BELCOLORE.

D'où me connaissez-vous?

FRANK

De Naple, où cet hiver je te cherchais encore. Naple est si beau, ma chère, et son ciel est si doux! Tu devrais bien venir m'aider à m'y distraire.

BELCOLORE.

Je ne vous remets pas.

Bon ! tu m"as oublié !

Je suis masqué, d'ailleurs, et que veux-tu, ma chère': Ton cœur est si peuplé, je m'y serai noyé.

BELCOLORE.

Passez votre chemin, moine, et laissez-moi seule.

FRANK

Bon! si tu pleures tant, tu deviendras bégueule. Voyons, ma belle amie, à parler franchement, Tu vas te trouver seule, et tu n'as plus d'amant. Ton capitaine Frank n'avait ni sou ni maille. C'était un bon soldat, charmant à la bataille; Mais quel pauvre écolier en matière d'amour! Sentimental la nuit, et persifleur le jour.

BELCOLORE.

Tais-toi, moine insolent, si tu tiens à ton âme Il n'est pas toujours bon de me parler ainsi.

FRANK

Ma foi, les morts sont morts : — si vous voulez, madame. Cette bourse est à vous, cette autre, et celle-ci; Et voilà le papier pour faire l'enveloppe.

(Il couvre la bière d'or et de billets.) BELCOLORE.

Si je te disais oui, tu serais mal tombé.

FRANK , à part.

Ah! voilà Jupiter qui tente Danaé.

(Haut).

Je vous en avertis, je suis très misanthrope :' Je vous enfermerai dans le fond d'un palais. J'ai l'humeur bilieuse et je bats mes valets. Quand je digère mal, j'entends qu'on m'obéisse. J'aime qu'on soil joyeux lorsque j'ai la jaunisse, Et quand je ne dors pas tout le monde est deboul, Je suis capricieux, — êtes-vous de mon goût?

BELCOLORE.

Non, par la sainte croix!

FRANK

Si VOUS aimez les roubles, Il m'en reste cncor là, mais je n'ai que des doub.'es.

(11 jette une autre bourse sur la bière). BELCOLORE.

Tu me donnes cela?

FRANK, à part.

Voyez l'attraction !

Comme la chair est faible à la tentation!

(HautV

J'ai de plus un ulcère à côté de la bouche

Qui m'a défiguré; — je suis maigre et je louche :

Mais ces misères-là ne te dégoûtent pas.

BELCOLORE.

Vous me faites frémir.

FRANK

J'ai là, Dieu me pardonne, Certain bracelet d'or qu'il faut que je vous donne : Il ira bien, je pense, avec ce joli bras.

(Il jette ua collier sur la bièro.) Cet ulcère est horrible, il m'a rongé la joue, Il m'a brisé les dents. — J'étais laid, je l'avoue, Mais depuis que je l'ai, je suis vraiment hideux : J'ai perdu mes sourcils, ma barbe et mes cheveux.

BELCOLORE.

Dieu du ciel, quelle horreur!

FRANK

J'ai là, sous ma simarre, Un collier de rubis d'une espèce assez rare.

(Il jette UQ collier sur la bière.

BELCOLORE.

Il est fait à Paris?

FRANK, à part.

Voyez-vous le poisson.

Comme il vient à fleur d'eau reprendre l'hameçon!

(Haut).

Si c'était tout, du moins! Mais cette affreuse plaie Me donne l'air d'un mort traîné sur une claie ; Elle pompe mon sang, mes os sont cariés De la nuque du crâne à la plante des pieds....

BELCOLORE.

Assez, au nom du ciel! je vous demande grâce 1

FRANK

Si tu t'en vas, rends-moi ce que je t'ai donné.

BELCOLORE.

Vous raenk'z à plaisir.

FRANK

Veux-tu que je t'embrasse?

BELCOLORE.

Eh bien! oui, je le veux.

FRANK, à part.

Tu pâlis, Danaé.

(Il lui prend la main.) (Haut.)

Regarde, mon enfant, cette rue est déserte. Dessous ce catafalque est un profond caveau. Descendons-y tous deux; — la porte en est ouverte.

BELCOLORE.

Sous la maison de Frank!

FRANK, à part.

— Pourquoi pas mon tomboau?

(Haut.)

— Au fait, nous sommes seuls; celte bière est solide. Asseyons-nous dessus. — Nous serons en plein vent. Quen dites-vous, mon cœur?

(Il écarte le drap mortuaire ; la bière s'ouvre). BELCOLORE.

Moine, la bière est vide

FRANK, se démasquant.

La bière est vide? alors c'est que Frank est vivant.

— Va-t'en, prostituée, ou ton heure est venue!

— Va-t'en, ne parle pas! ne te retourne pas!

(Il la chasse son poignard à la main.) FRANK, seul.

La lame, ô mon stylet, est belle toute nue Comme une belle vierge. — 0 mon cœur et mon bras, Pourquoi donc tremblez -vous, et pourquoi l'un de l'autre Vous approchez-vous donc, comme pour vous unir? Oui, c'était ma pensée; — était-ce aussi la vôtre, Providence de Dieu, que tout allait finir?

Et toi, morne tombeau, tu m'ouvres ta mâchoire. Tu ris, spectre afTamé. Je n'ai pas peur de toi. Je renierai l'amour, la fortune et la gloire; Mais je crois au néant, comme je crois en moi! I.e soleil le sait bien, qu'il n'est sous la lumière Qu'une immortalité, celle de la matière. La poussière esta Dieu, — le reste est au hasard.

Va- t'en, ne parle

ne le retourne pas : »

(Dessin original de Binv.)

Qu'a fait le vent du nord des cendres de César?

Une herbe, un grain de blé, mon Dieu, voilà la vie.

Mais moi, fils du hasard, moi Frank, avoir été

Un petit monde, un tout, une forme pétrie,

Une lampe où brûlait l'ardente volonté,

Et que rien, après moi, ne reste sur le sable.

Où l'ombre de mon corps se promène ici-bas?

Rien! pas même un enfant, un être périssable!

Rien qui puisse y clouer la trace de mes pas!

Rien qui puisse crier d'une voix éternelle

A ceux qui tetteront la commune mamelle ;

Moi, votre frère aîné, je m'y suis suspendu!

Je l'ai tétée aussi, la vivace marâtre;

Elle m'a, comme à vous, livré son sein d'albâtre....

— Et pourtant, jour de Dieu, si je l'avais mordu!

Si je l'avais mordu le sein de la nourrice?

Si je l'avais meurtri d'une telle façon

Qu'elle en puisse à jamais garder la cicatrice.

Et montrer sur son cœur les dents du nourrisson?

Qu'importe le moyen, pourvu qu'on s'en souvienne?

Le bien a pour tombeau l'ingratitude humaine.

Le mal est plus solide : Érostrate a raison.

Empédocle a vaincu les héros de l'histoire.

Le jour qu'en se lançant dans le cœur de l'Etna,

Du plat de sa sandale il souffleta la gloire.

Et la fit trébucher si bien qu'elle y tomba.

Que lui faisait le reste? Il a prouvé sa force.

Les siècles maintenant peuvent se remplacer;

Il a si bien gravé son chiffre sur l'écorce

Que l'arbre peut changer de peau sans l'effacer.

Les parchemins sacrés pourriront dans les livres;

Les marbres tomberont comme des hommes ivres,

Et la langue d'un peuple avec lui s'éteindra.

Mais le nom de cet homme est comme une momie,

Sous les baumes puissants pour toujours endormie,

Sur laquelle jamais l'herbe ne poussera.

Je ne veux pas mourir. — Regarde-moi, Nature.

Ce sont deux bras nerveux que j'agite dans l'air.

C'est dans tous tes néants que j'ai trempé l'armure

Qui me protégera de ton glaive de fer.

J'ai faim. — Je ne veux j)as quitter l'hôtellerie,

Allons, qu'on se remue, et qu'on me rassasie,

Ou, sinon, je me fais l'intendant de ma faim.

Prends- y garde; je pars. — N'importe le chemin. —

Je marcherai, — j'irai, — partout où l'âme immaine

Est en spectacle, et souffre. — Ah! la haine! la haine!

La seule passion qui survive à l'espoir!

Tu m'as déjà hanté, boiteuse au manteau noir;

Nous nous sommes connus dans la maison de chaume;

Mais je ne croyais pas que ton pâle fantôme,

De tous ceux qui dans l'air voltigeaient avec toi,

Dût être le dernier qui restât près de moi.

Eh bien ! baise-moi donc, triste et fidèle amie.

Tu vois, j'ai soulevé le voile de ma vie. —

Nous partirons ensemble ; — et toi qui me suivras,

Gomme une sœur pieuse, aux plus lointains climats,

Tu seras mon asile et mon expérience.

Si le doute, ce fruit tardif et sans saveur,

Est le dernier qu'on cueille à l'arbre de science,

Qu'ai-je à faire de plus, moi qui le porte au cœur?

Le doute! il est partout, et le courant l'entraîne,

Ce linceul transparent, que l'incrédulité

Sur le bord de la tombe a laissé par pitié

Au cadavre flétri de l'espérance humaine!

0 siècles à venir! quel est donc votre sort? La gloire comme une ombre au ciel est remontée. L'amour n'existe plus; — la vie est dévastée, — Et l'homme, resté seul, ne croit plus qu'à la mort. Tels que dans un pillage, en un jour de colère, On voit, à la lueur d'un flambeau funéraire. Des meurtriers, courbés dans un silence afl'rcux, Égorger une vierge, et dans ses longs cheveux Plonger leurs mains de sang; — la frêle créature Tombe comme un roseau sur ses bras mutilés : — Tels les analyseurs égorgent la nature Silencieusement, sous les cieux dépeuplés.

Que vous restera-t-il, enfants de nos entrailles, Le jour où vous viendrez suivre les funérailles De cette moribonde et vieille humanité! Ah! tu nous maudiras, pâle postérité!

Nos femmes ne mettront que des vieillards au monde; Ils frapperont la terre avant de s'y coucher; Puis ils crieront à Dieu : « Père, elle était féconde; A qui donc as-tu dit de nous la dessécher! »

Mais vous, analyseurs, persévérants sophistes, Quand vous aurez tari tous les puits des déserts. Quand vous aurez prouvé que ce large univers N'est qii'un mort étendu sous les anatomistes;

Quand vous nous aurez fait de la création Un cimetière en ordre, où tout aura sa place, Où vous aurez sculpté, de votre main de glace, Sur tous les monuments la même inscription ; Vous, que ferez-vous donc, dans les sombres allées De ce jardin muet? — Les plantes désolées Ne voudront plus aimer, nourrir, ni concevoir; — Les feuilles des forêts tomberont une à une, — Et vous, noirs fossoyeurs, sur la bière commune Pour ergoter encor vous viendrez vous asseoir; Vous vous entretiendrez de l'homme perfectible; — Vous galvaniserez ce cadavre insensible, Habiles vermisseaux, quand vous l'aurez rongé; Vous lui commanderez de marcher sur sa tombe, A cette ombre d'un jour, — jusqu'à ce qu'elle tombe Comme une masse inerte, et que Dieu soit vengé.

Ah! vous avez voulu faire les Prométhées; Et vous êtes venus, les mains ensanglantées, Refondre et repétrir l'œuvre du Créateur! Il valait mieux que vous, ce hardi tentateur, Lorsqu'ayant fait son homme, et le voyant sans âme. Il releva la tête et demanda le feu.

Vous, votre homme était fait! vous, vous aviez la llauime Et vous avez soufflé sur le souffle de Dieu.

Le mépris. Dieu puissant, voilà donc la science 1 L'éternelle sagesse est l'éternel silence; Et nous aurons réduit, quand tout sera compté, Le balancier de l'âme à l'immobilité.

Quel hideux océan est-ce donc que la vie. Pour qu'il faille y marcher à la superficie, Et glisser au soleil en effleurant les eaux, Comme le fils de Dieu qui marchait sur les flots? Quels monstres effrayants, quels difformes reptiles Labourent donc les mers sous les pieds des nageurs, Pour qu'on trouve toujours les vagues si tranquilles, Et la pâleur des morts sur le front des plongeurs? A-t-elle assez traîné, cette éternelle histoire Du néant de l'amour, du néant de la gloire, Et de l'enfant prodigue auprès de ses pourceauxl Ah! sur combien de lits, sur combien de berceaux Elle est venue errer, d'une voix lamentable, Cette complainte usée et toujours véritable, De tous les insensés que l'espoir a conduiti

Pareil à ce Gygès qui fuyait dans la nuit

Ib8 PREMIÈRES POÉSIES

Le fantôme royal de la pâle baigneuse

Livrée un seul instant à son ardent regard,

Le jeune ambitieux porte une plaie aflreuse,

Tendre encor, mais profonde, et qui saigne à l'écart.

Ce qu'il fait, ce qu'il voit des choses de la vie,

Tout le porte, l'entraîne à son but idéal.

Clarté fuyant toujours, et toujours poursuivie.

Étrange idole, à qui tout sert de piédestal.

Mais si tout en courant la force l'abandonne,

S'il se retourne, et songe aux êtres d'ici-bas,

Il trouve tout à coup que ce qui l'environne

Est demeuré si loin qu'il n'y reviendra pas.

C'est alors qu'il comprend l'efîet de son vertige,

Et que, s'il ne regarde au ciel, il va tomber.

Il marche ; — son génie à poursuivre l'oblige; —

Il marche; et le terrain commence à surplomber. —

Enfin, — mais n'est-ii pas une heure dans la vie

Oii le génie humain rencontre la folie?

Ils luttent corps à corps sur un rocher glissant.

Tous deux y sont montés; mais un seul redescend.

0 mondes, ô Saturne, immobiles étoiles, Magnifique univers, en est-ce ainsi partout? 0 nuit, profonde nuit, spectre toujours debout, Large création, quand tu lèves tes voiles Pour te considérer dans ton immensité.

Vois-tu du haut en bas la même nudité? Dis-moi donc, en ce cas, dis-moi, mère imprudente, Pourquoi ra'obsèdes-tu de cette soif ardente, Si tu ne connais pas de source où Tétancher? Il fallait la créer, marâtre, ou la chercher. L'arbuste a sa rosée, et l'aigle a sa pâture. Et moi, que t'ai-je fait pour m'oublier ainsi? Pourquoi les arbrisseaux n'ont-ils pas soif aussi? Pourquoi forger la flèche, éternelle nature, Si tu savais toi-même, avant de la lancer, Que tu la dirigeais vers un but impossible, Et que le dard, parti de ta corde terrible. Sans rencontrer l'oiseau, pouvait te traverser?

Mais cela te plaisait. — C'était réglé d'avance. Ah ! le vent du matin ! le souffle du printemps! C'est le cri des vieillards. — Moi, mon Dieu, j'ai vingt an»!

Oh! si tu vas mourir, ange de l'espérance, Sur mon cœur, en partant, viens encore te poser; Donne-moi tes adieux et ton dernier baiser.

LA COUl'E ET LES LÈVRES lo9

Viens à moi. — Je suis jeune et j'aime encor la vie.

Intercède pour moi; — demande si les cieux

Ont une goutte d'eau pour une fleur flétrie. —

Bel ange, en la buvant, nous mourrons tous les deux.

(Il se jette à genoux; un bouquet tombe de son soin.)

Qui me jette à mes pieds mon bouquet d'églantine? As-tu donc si longtemps vécu sur ma poitrine, Pauvre herbe ! — C'est ainsi que ma Déidamia Sur le bord de la route à mes pieds te jeta.

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