A UNE FLEUR
Que me veux-tu, chère lleurefte, Aimable et charmant souvenir?
Demi-morte et demi-coquette, Jusqu'à moi qui te fait venir?
Sous ce cachet enveloppée, Tu viens de faire un long chemin.
Qu'as tu vu? que t'a dit la main Qui sur le buisson t'a coupée?
N'es-tu qu'une herbe desséchée Qui vient achever de mourir?
Ou ton sein, prêt à refleurir, Renferme-t-il une pensée?
Ta fleur, hélas! a la blancheur De la désolante innocence; Mais de la craintive espérance Ta feuille porte la couleur.
As-tu pour moi quelque messaiie?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret?
Ton parfum est-il un langage?
S'il en est ainsi, parle bas, Mystérieuse messagère; S'il n'en est rien, ne réponds pas; Dors sur mon cœur fraîciie et légère.
Je connais trop bien cette main, Pleine de grâce et de caprice.
Qui d'un brin de fil souple et fln A noué ton pâle calice.