C.U.VVIGNY. — Non pas, ma chère, tant qu'il y aura de
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pauvres, Je sais quel usage vous faites de votre fortune, et je vous demande do me permettre de faire la charité par vos mains.
MATiiiLDE. — Cher Heni'i! que tu es noble ot bon! Dis^moi un peu : te souviens-tu d'un jour où tu avais une petite dette à payer, et où tu te plaignais de n'avoir pas de bourse?
ciiAViGNY. — Quand donc? Ah! c'est juste. Le fait est que, quand on sort, c'est une chose insupportable de se fier à des poches qui ne tiennent à rien....
MATHiLDE. — Aimci'ais-tu une bourse rouge avec un filet noir?
CHAViGNY. — Non, je n'aime pas le rouge. Parbleu! tu me fais penser que j'ai justement là une bourse toute neuve d'hier; c'est un cadeau. Qu'en pensez-vous?
(Il tire une bourse de sa poche.)
Est-ce de bon goût?
MATHILDE. — Voyous; voulez-vous me la montrer?
CHAViGNY. — Tenez.
(Il la lui donne, elle la regarde, puis la lui rend.)
MATHILDE. — C'est très joli. De quelle couleur est-elle?
CHAVIGNY, riant. — De quelle coulcur, la question est excellente,
MATHILDE. — Je me trompe.... Je veux dire.... Qui est-ce qui vous l'a donnée ?
CHAVIGNY. — Ahl c'est trop plaisant! sur mon honneur! vos distractions sont adorables.
UN DOMESTIQUE, annonçant. — Madame de Léryl
MATHILDE. — J'ai défendu ma porte en bas.
CHAVIGNY. — Non, non, qu'elle entre. Pourquoi ne pas la recevoir?
M.vTHiLDE. — Eh bien! enfin, monsieur, cette bourse, peut-on savoir le nom de l'auteur?