‹ Œuvres illustrées; de seize dessins originaux de Bida, de portraits de MussetChapitre 4 sur 76 · SCÈNE II (Une autre rue). CŒLIO, CIUTA · texte numérisé non relu

SCÈNE II (Une autre rue). CŒLIO, CIUTA

ClUTA. — Seigneur Cœlio, défiez-vous d'Octave. Ne vous a t-il pas dit que la belle Marianne lui avait fermé sa porte.

ccEi.io. — Assurément. — Pourquoi m'en défierais-je?

CIUTA. — Tout à l'heure, en passant dans sa rue, je l'ai vu en conversation avec elle sous une tonnelle couverte.

ccELio. — Qu'y a-t-il d'étonnant à cela? il aura épié ses démarches et saisi un moment favorable pour lui parler de moi.

CIUTA. — J'entends qu'ils se pariaient amicalement et comme gens qui sont de bon accord ensemble.

CCELIO. — En es-tu sûre, Ciuta? Alors je suis le plus heureux des hommes; il aura plaidé ma cause avec chaleur.

CIUTA. — Puisse le ciel vous favoriser!

(lîlle sort.)

CCELIO. — Ah ! que je fusse né dans le temps des tournois et des batailles! Qu'il m'eût été permis de porter les couleurs de Marianne et de les teindre de mon sang! Qu'on m'eût donné un rival à combattre, une armée entière à défier! Que le sacrifice de ma vie eût pu lui être utile I Je

sais agir, mais je ne puis parler. Ma langue ne sert point mon cœur, et je mourrai sans m'être fait comprendre comme un muet dans une prison.

(Il sort.)

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