‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 119 sur 309 · ROMANCE MAURESQUE · texte numérisé non relu

ROMANCE MAURESQUE

Dix6 le : — dime, buen ombre, Lo que pregantarte querta.

Aornoncero gentral.

Don Rodrigue est â la chasse.

Sans épée et sans cuirasse, Un jour dëlé, vers midi.

Sous la feuillée et sur l'herbe Il s'assied, l'homme su|)erbe.

Don Rodrigue le hardi.

La haine en feu le dévore.

Sombre, il pense au bâtard maure,

A son neveu Mudarra,

Dont ses complots sanguinabres

Jadis ont tué les frères,

Les sept infants de Lara.

Pour le trouver en campagne,

Il traverserait l'Espagne,

De Pi^ére à Setuval.

L'un des deux mourrait uns doute.

En ce moment sur la route

U passe un homme à cheval.

— Chevalier, chrétien ou maure, Qui dors soui le sycomore.

Dieu te icpide par la main !

— Que Dieu répande ses grâces Sur toi, l'écuyer, oui |>as8es, Qui pattte par le cnemin !

— Chevalier, chrétien ou maure.

Qui dors sous le sycomore, Parmi l'herbe du vallon,

Dis ton nom afin qu'on sache % Si tu portes le panache D'un vaillant ou d'un félon.

— Si c'est là ce qui t'intrigue, On m'appelle don Rodrigue, Don Rodrigue de Lara;

Dona Sancne est ma sœur même.

Du moins c^t à mon baptême Ce qu'un prêtre déclara.

^mâ

LB8 0B1ENTAL£S.

Xatteoda soqi ce sycomore :

J*ai cherché d'Albe A Zamore Ce Madarra le bâtard, Le fils de ta renégate, Qui comnuuide une frégate m roi maure AUatar.

Carte, A mdns qa'îl ne m'éfite, Je le reconnaîtrais Tîte : Toi^ours il porte aTec lui Notre dague de fiunille; Une acate ao pommeau britte, Et la lame est sans étui.

Oni, par mon âme chrétienne, D'une autre main que la mienne Ce mécréant ne mourra.

C*est le bonheur que je brigue^.

— On t'appelle don Rodrigue, Don Rodngue de Lara?

Eh bien I seigneur, le jeune homme

8!ul te parle et qui te nomme, 'est Mndarra le bâtard.

C'est le veiigeur et le jujse.

Cherche à présent un reiu|(el— L'autre dit : — Tu viens bien tard !

— Moi, fils de la renégate,

8ui commande une frégate u roi maure Aliatar, Moi, ma dague et ma vengeance; Tous les trois d'intelligence, Nous voici ! — Tu viens bien tard!

— Trop t6t pour toi, don Rodrigue, A moins qu'il ne te fatigue De vivre... Ah! la peur féroeut.

Ton front pâlit; rends, infâme^ A moi ta vie, et ton âme A ton ange, s'il en veut!

Si mon poignard de Tolède Et mon Dieu me sont en aide,' Regarde mes yeux ardents; Je suis ton seigneur, ton maître, Et je t'arracherai, traître.

Le souffle d'entre lèl dents!

Le nevea de dona Sanche

Dans ton ung enfin étanche

La soif oui le dévora.

Mon oncje, il faut que tu meures.

Pour toi plus de jours ni d'heures!...

^ Mon bon neveu Mudarra,

Un moment! attends que j'aille Chercher mon fer de bataille.

— Tu n'auras d'autres délais * Que celui qu'ont eu mes frères; Dans les caveaux funérahres

Où tu les a mis, suisses 1

Si, ju8qu*ât'heure venue.

J'ai gardé ma lame nue.

C'est que je voulais, bourreta.

Que, vengeant la renégate, Ma dague au pommeau d'agate Eut ta gorge pour fourreau !

Mai 1838.

UXI

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