LE POÈTE AU CALIFE
Tous les babiUnU de U terre font devant lui comme un néant; il fait toot ce qui iui plaU; et nul ne peut résister & sa main puissante, m lui dira : Pourquoi arei-vous fait ainsi T
Dahiil.
0 svltan Rooreddin, calife aimé de Dieu ! Tu gouvernes, seigneur, l'empire du milieu,
. De la mer Rouge au fleuve Jaune.
Les rois des nations, vers la face tournés, Pavent, silencieux, de leurs fronts prosternés, Le chemin qui mène & ton trône.
Ton sérail est irés-grand, tes jardins sont trés-beaui, Tes femmes ont des yeux vifs comme des flambeaux,
Qui pour toi seul percent leurs voiles. ,
Lorsque, astre impérial, aux peuples pleins d euroi To luis, tes trois cents fils bnllent autour de toi
Gomme ton cortège d'étoiles.
Ton front porte une aigrette et ceint le turban vert. Tu peux voir folâtrer dans leur bain entr'ouvert,
Sous la fenêtre où tu te pencbes.
Les femmes de Madras plus douces qu'un narfum, Bt les filles d'Aleu qui sur leur beau sein brun
Ont des colliers de perles blanches.
Ton sabre large et nu semble en U main grandir. Toujours dans la baUille on le voit resplendir,
Sans trouver turban qui le rompe, Au point où la mêlée a de plus noirs détours. Où fa grands éléphants, entrwîhoquanl leurs tours.
Prennent des chevaux dans leur trompe.
Une fée est cachée en tout ce que tu vois. Quand tu parles, calife, on dirait que ta voa
Descend d'un autre monde au nôtre; Dieu lui-même t'admire, et de félicités Emplit la coupe d'or que tes iours enchantés,
Joyeux, se passent l'un a l'autre.
Hais souvent dans ton cœur, radieux Noureddin, Une triste pensée auparaît, et soudain
Glace U grandeur taciturne : , ., , . Telle en plwn jour, parfois, sous un soleil de feu^ La lune, astre des morU, blanche au fond d un ciel bleu.
Montre i demi son front nocturne.
Octobre 1838.
ROUNABERDI
Grand comme le monde.
Souvent Bounaberdi, sulun des Francs d'Europe, Que, comme un noir manteau, le Semoun enveloppe, Monte, géant lui-même, au front d'un mont géant. D'où son regard, errant sur le sable él sur 1 onde. Embrasse d'un coup d'oeil les deux moitiés du monde, Gisantes A ses pieds dans l'abime béant.
Il est seul et debout sur ce sublime faite.
A sa droite couché, le désert qui le fête
D'un nuage <k poudre importune ses veux;
A sa gauche, la mer, dont jadis il fut l'hôle,
Elève jusqu'à lui sa voix profonde et haute.
Gomme aux pieds de son maître aboie un chien joyeux.
Et le vieil empereur, que tour à tour réveille Ce nuage à ses yeux, ce bruit a son oreille. Rêve, et, comme à Tamante on voit songer l'amant, Croit que c'est une armée, invisible et sans nombre, Qui fait cette poussière et ce bruit uour son ombre, Et sous l'horiion sris passe éternellement!
FRliSB.
Oh ! quand tu reviendras rêver sur la montagne, Bounaberdi! regarde un peu dans la campagne Ma tente qui blanchit dans les sables grondants, Car je suis libre et pauvre, un Arabe au Caire, Et quand j*ai dit : Allah ! mon bon cheval de guerre Vole, et sous sa paupière a deux charbons ardents !
Novembre 1828.