FIN
Ubi defuit orbis.
ODE HUITIÈME
Ainsi d*un peuple entier je feuilletais l'histoire! Livre fatal de aeuil, de grandeur, de victoire ; Et je sentais frémir mon luth contemporain. Chaque fois que passait un grand nom, un ^and crime, El (pie l'une sur Vautre, avec un bruit sublime. Retombaient les pages d'airain.
• Fermons-le maintenant, ce livre formidable. Cessons d'interroger ce sphinx inabordable Qui le garde en silence, a la fois monstre et dieu. L'énigme qu'il propose échappe à bien des lyres; 11 n'en écnt le mot, sur le front des empires,
Qu'en lettres de sang et de feu.
Ne cherchons pas ce mot. — Alors, pourquoi, poète, Ne t'endormais-tu pas sur ta lyre muette? Pourquoi la mettre au jour et la prostituer? Pourquoi ton chant sinistre et ta voix insensée?...
— C'est qu'il fallait à ma pensée
Tout un grand peuple à remuer.
Des révolutions^j'ouvrais le gouffre immonde ? C'est qu'il faut un chaos à qui veut faire un monde. C'est qu'une grande voix dans ma nuit m'a parlé. C'est qu'enfin je voulais, menant* au but la foule.
Avec le siècle qui s'écroule
Confronter le siècle écroulé.
Le ^énie a besoin d'un peuple que sa flamme Anime, éclaire, échauffe, embrase comme une éme. Il lui faut tout un monde à régir en tyran. Dès ou'il a pris son vol du haut de la falaise,
Pour que l'ouragan soit à l'aise.
Il n'a pas trop de l'Océan !
C'est lé Qu'il peut ouvrir ses ailes ; là au'it gronde Sur un anime large et-sur une.eau proronde; C'est là qu'il peut bondir, fféant capricieux, Et tournoyer, debout dans l'orage qui tombe. D'un pied s'appuyaAl sur la tombe, Et d'un bras soutenant les deux !
Mû 1828.