‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 43 sur 309 · CATHÉDRALE DE COLOGNE · texte numérisé non relu

CATHÉDRALE DE COLOGNE

TÎBtDte nllée qn'il j ait ta inonde. Dan» celle imiton, par an beau Jonr, avec le de) bleu, c'eii ^uelquerois un TaTÏD, aouTCDt lin jardin, toujouni an paradis. — Lu rente ne quitte pai n» moment la rivière, tanlàl ellei Iraver- KDt ensemble un henreai viliaee eniasiié tout lei arbret ane nn nont rutlique deTant chaque porte; taolAt. dans an pli solitaire du vallon, ellei cdloient nn vieux chAteau d'ichevin avec set tours carrdes, tes hauls loils poiulus et u grande hçade percée de quelques ram fenêtres, lier et tnodeite I la Tois comme il convient à un édifice qui lient le milien eolm la cliaumiére du ]iaywin et le donjon du sàgnenr. Puis le paysage prend tout à coup une vuii brnyanle et joyeuse, el nn tournant d'une colline l'œil entrevoit, MUS une touiTe de tilleuls et d'aune* qui laissenl patscr le soleil, celte maison basse et cette grosse roM noire inondée de pierreries qu'on appelle un moulin âeaa.

Entre Chouiïontaine* et Vervin-i la vallée m'apparaisatit avec noe douceur vii^ilienne. Il Ikiiait un temps admirable, de charmants m iirmots jouaient sur le seuil des Jardin*, le vent de* tremblei et dêi peaplien le répandait mr la roale, de bellea génisses, groupées par iroi* ou

Snalre, se reposaient i l'onubre gracieusement conchéea SDS les prés verls. Ailleurs, loin de toule maison, seule au milieu d'une grande prairie enclose de haîea vives, paissait majestueusement une admirable vache digne félro gardée par Argus. J'entendais une HAie dans la montagne.

Herenrini ieplein mulcel imodinibui.

De temps en temps la dieminée d'une nune ou une longue pièce de drap téchant au soleil prés de la tmite, venait iuterrompre ces êttlogues.

Le chemin de fer qtii traverM tonte h Belgique d'Anvers à IJé^ el qui veut aller ju:«|u'j Verviers, va trouer ces collines Mcouper ces vallées.

Ce chemin, colossale entrepi-ise. percen la montagne doott on qninie Fois. A chaque pas on rencontre des terrassements, des remblais, des ébauches de ponis el de viaducs; ou bien on voit an bas d'une immense naroi de roche vive une petite rounniliére noire occupée a creuser un petit trou. Ces fourmis font une œuvre de géants.

^E RHIN

Par insUnU, dans les endroits où ces trous sont déjà larges et profonds, une haleine épaisse et un bruit rauaue en sortent tout à coup. On dirait que la montagne violée crte par cette bouche ouverte. G*est la mine qui joue dans la galerie. Puis la diligence s'arrête brusquement, les ouvriers qui piochaient sur un terrassement voisin s^enfuient dans toutes les directions, un tonnerre éclate, répété par récho grossissant de la colline, des quartiers de roche jaillissent d'un coin du paysage et vont éclabousser la plaine de toutes parts. G est la mine qui joue à ciel ouvert. Pendant cette station, les voyageurs se racontent quMiier un homme a été tué et un arbre conpé en deiu par un de ces blocs qiii pesait vingt mille, et ou avanthier une femme d'ouvrier qui portait le café (non la soupe), à son mari a été foudroyée de la même façon. — - Gela aussi dérange un peu l'idylle.

Verviers, ville insignifiante d'ailleurs, se divise en trois quartiers qui s'appellent la Chick-^jkack, la Basse-Crotte et la Dardmelle, J'y ai remarqué un petit garçon de six ans qui fumait magistralement sa pipe, assis sur le seuil de sa maison.

En me voyant passer, ce marmot fumeur a éclaté de rire. J'en ai conclu que je lui semblait fort ridicule.

Après Verviers, la route côtoie encore la Vesdre jusqu'à Limbourff. Limboure, celte ville comtale, ce pMé dont Louis Xlv trouvait la croûte ai dure, n'est plus aujour>> d'hui au'une forteresse démantelée, pittoresque couronnement d'une colline.

Un moment après, le terrain s'aplatit, la plaine se déclare, une grancie porle s'ouvre à aeux battants : c'est la douane; une guérite chevronnée de noir et de blanc du haut en bas apparaît ; on est chez le roi de Prusse.

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