‹ Œuvres inconnues de J. RacineChapitre 13 sur 104 · Prononcez voi-ye · texte numérisé non relu

Prononcez voi-ye

Scribantur Jure in generatione (iltcrà. et populus qui creabitur laudabit Dominum.

Nos écrits en feront passer la mémoire à la postérité, et le nouveau peuple que vous formerez chantera éternellement vos louanges.

SONNET

Oui. ce sera pour nous le plus doux des spectacles De voir l'arche rentrer dans la sainte cité. Quand vous aurez enfin par notre liberté Montré votre puissance et vaincu tant d'obstacles.

Nous en consacrerons à jamais les miracles

Dans nos livres écrits pour la postérité;

Et nos fils y verront votre immense bonté

Par des traits qui seront pour eux autant d'oracles.

Ces fils dont vous serez un nouveau Créateur, Ces fils vous connaîtront pour leur Libérateur. De votre nom terrible ils publiront la gloire.

Et vous rendant partout un hommage éternel. Ils forceront enfin tous les mortels à croire Qu'il n'est point d'autre Dieu que le Dieu d'Israël

Jt?

Psaume* de la Pénitence.

Quia prospexit de. excelso sancto suo ; Dominus de cœlo in terram aspexit.

Ils diront que du haut de votre trône vous avez jeté vos yeux sur nous; que du haut du ciel le Seigneur a regardé la terre.

SONNET

Assis dans la splendeur de son trône adorable. D'où son œil souverain gouverne les mortels, Sa clémence a baissé ses regards éternels Sur les accablements d'un peuple misérable.

Malgré tous nos forfaits, sa bonté favorable

X a pu voir sans pitié nos supplices cruels,

Et quoiqu'ingrats sujets, quoiqu'enfants criminels,

Nous le trouvons encore à nos cris exorable.

Ces yeux lancés sur terre, et qu'il tourne sur nous, Ce ne sont plus ces y< ux embrasés de courroux Dont la fureur tomba sur Sion confondue.

C'est d'un père attendri le regard plein d'amour, Qui, pour rendre à son fils sa grâce suspendue, Ne Fail les liras ouverts, qu'attendre son retour.

<j.^.^,^.^,<l,^.4j.^,^.^^4j.^.^<jt4j).4j,<|tij><jt<^<jf<jf^<|(4|.<^<j<^4j,^<j>

Ut audiret gemitus compeditorum ; ut solvcret filios interemptorum.

Pour exaucer les gémissements de son peuple mis aux fers, et délivrer les enfants de ceux qui étaient destinés à la mort.

De ce cœur attendri les bontés souveraines Prennent notre défense aux yeux de l'univers; II nous entend gémir, chargés d'indignes fers, Et sait quel est le poids de nos cruelles chaînes.

Sa divine pitié, sensible à tant de peines, Va terminer les maux que nous avons soufferts, Et de nos ennemis détruisant les concerts, Il rendra contre nous leurs entreprises vaines.

Il rompra les cachots où, déjà condamnés, On tient nos tristes corps à la mort destinés. Malgré tous leurs efforts, il nous rendra la vie.

Pour nous sauver, sa grâce est prête d'éclater

Et de montrer à tous que, quand il nous appuie,

Il n'est point d'ennemi qui soit à redouter.

"Univer«7tS£*

Page 1