‹ Œuvres inconnues de J. RacineChapitre 24 sur 104 · ET LE PROPHÈTE FAIT UNE DESCRIPTION DE L'IMPIE · texte numérisé non relu

ET LE PROPHÈTE FAIT UNE DESCRIPTION DE L'IMPIE

Le fou, dans le fond de son cœur (1), Ne connaît point (2) le Dieu dont (3) il a reçu l'être, Créature, il voudrait nier son .Créateur : N'est-il pas insensé de ne pas le connaître?

Les hommes, dans leurs faux désirs, Se sont tous corrompus; tous sont abominables, Loin qu'à faire le bien ils mettent leurs plaisirs, Tous, jusques au dernier, je les trouve coupables.

Dieu baisse ses yeux éternels; Il s'approche de nous (4) d'un cœur bon, d'un cœur tendie Et cherche s'il en est -entre tous les mortels Qui le veuillent aimer, le Connaître et l'entendre.

Mais du droit cheimin détournés, Tous sont à le servir languissants (5), inutiles; A pratiquer le bien loin de s'être adonnés, Tous sont jusqu'au dernier à le faire indociles.

1. Britannicus, 1677 : Dans le fond de ton cœur, je sais que tu me hais.

2. C'est-à-dire : ne reconnaît point, comme dans Esther, 643 :

Ne connaissez-vous pas la voix de votre époux?

3. Port-Royal : Deux Pères de l'Eglise, dont sa seconde proposition était tirée.

4. Alexandre, 380 : Tout ce qui l'empêchai! de s'approcher de vous.

5. Bajazet, 1159 : Echauffant par mes pleurs ses soins trop languissants.

^^^^^^^^njnj»^^^^^^^^^^^^^.^ .J********

Leurs gosiers vastes et profonds Sont d'un sépulcre ouvert la détestable image; Et des mortels aspics les funestes poisons De leur langue maligne enveniment la rage.

Leur bouche distille à longs traits Le fiel de leur amère et lâche médisance; Faut-il verser du sang? On les voit toujours prêts, El d'un agile pied courir à la vengeance.

Partout où se portent leurs pas, Ils traînent le malheur et la pâle tristesse (1); La douce paix du cœur n'a point pour eux d'appas (2), Et la crainte de Dieu jamais ne les redresse.

Ces artisans d'iniquité Xe veulent-ils donc point, Seigneur, te reconnaître? Ils dévorent ton peuple avec avidité. Comme ils mangent le pain dont ils vont se repaître.

Attachés au monde trompeur.

Leurs cœurs à t'invoquer ne peuvent se contraindre; El lu les vois, troublés d'une fausse terreur, Craindre frivolement ce qui n'est point à craindre.

Mais ton bras est l'appui certain De qui marche (3) vers toi dans la droite innocence; L'impie a confondu le pauvre en son dessein. Le pauvre qui mettait en Dieu sa confiance.

\ ■ lil.'SG : Quels démons, quels serpents traînetelU après soi! Phèdre, L280 : Minos juge aux «Mifers tous les pâles humains.

2. Thcbatde, lit : ... Le crime tout seul a pour vous des njipus.

3. Alhalie, 1263 : Voici qui vous dira les volontés des cieux.

Dieu d'Israël, fais de Sion Descendre le salut que ta main nous envoie; De ton peuple chéri finis l'oppression.

Et le sang de Jacob (1) tressaillira de joie.

Page 1