Milhrid, 347 : Rarement l'amitié désarme sa colère
Les riches, clans l'orgueil de leur vaine opulence, De ces célestes biens sont vides (1), indigents;
Tandis que par sa grâce immense Il sait les prodiguer à ses propres enfants.
Accourez à ma voix, venez, peuple fidèle;
Pour prendre mes leçons qu'on s'assemble en ce lieu :
Je vais, d'un cœur brûlé de zèle (2), Voi'-s apprendre aujourd'hui comme il faut craindre Dieu.
Homme, désires-tu de la vie éternelle Goûter après ta mort les immenses plaisirs?
Ne va point, pour te priver d'elle, A des biens temporels borner tes vains désirs.
Empêche, médisant que ta langue exécrable Ne distille en tous lieux son infâme venin (3);
Et par une fourbe coupable Ne va point ou surprendre ou tromper ton prochain.
Fuis les attraits du mal où t'entraîne ta pente; Et fais avec plaisir tout le bien que tu peux :
Cherche une paix qui te contente; Tu la posséderas bientôt si tu la veux.
Sur le juste affligé Dieu porte un regard tendre, El sans cesse sur lui son œil est attaché;
11 l'écoute, et se plaît d'entendre Des soupirs dont son cœur est vivement touché.