Théb., 328 : Quand un cœur jusqu'à vous élève sa pensée
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Eblouis par l'appas de leur richesse immense,
Les peuples se rangent sous eux (1), Et viennent se soumettre à leur vile puissance, Les voyant en repos couler des jours heureux.
L'Eternel, disent-ils, en bravant ton tonnerre,
Sait-il comme on vit ici-bas (2)?
Va-t-il, en s'informant de ce qu'on fait sur terre, Dans le tranquille ciel s'en faire un embarras?
Cependant je les vois, ces pécheurs, ces impies,
De trésors combler leurs désirs; Et malgré les forfaits qui noircissent leurs vies (3). Ils sont gorgés d'honneurs, de biens et de plaisirs.
En vain j'ai donc pris soin, disais-je avec murmure,
De conserver mon cœur si net; C'est en vain que, gardant une innocence pure, J'ai craint de t'offenser dans tout ce que j'ai fait.
Que m'ont servi les coups de ces verges sévères
Dont se sont armés mes remords?
Ces secrets châtiments et ces peines austères Dont je mortifiais tous les malins mon corps?
Je sais que prononcer ce murmure coupable,
C'est offenser tes jugements; Et que c'est blasphémer la conduite équitable Que ta sagesse tient auprès de tes enfants.