‹ Œuvres inconnues de J. RacineChapitre 64 sur 104 · HETH · texte numérisé non relu

HETH

En vain le monde et ses attraits M'étaient d'un taux bien le funeste avantage (2) Observer de ta loi les solides décrets, C'est là tout mon plaisir, c'est là tout mon partage.

Accablé, réduit aux abois, Je t'ai prié d'un cœur honteux de ses faiblesses; Prends pitié d'un pécheur, et sensible à sa voix, Remplis en le sauvant tes divines promesses.

Touché de mes égarements, Enfin j'ai détesté ma conduite passée;

1. Thébaïde, 724 : Vous ferez beaucoup plus que sa mort n'a su faire.

2. Iphiy., 26 : Le spectacle pompeux que ces bords nous étalent.

Et mes pieds ont repris, sur tes enseignements (1), La route du salut que ta loi m'a tracée.

Oui, Seigneur, je suis préparé; Plus de trouble en mon cœur, plus de vaine chimère; Rempli de ton attrait, je n'ai point différé De me rendre aux splendeurs de la loi qui m'éclaire.

Les pécheurs ont cru me lier, Mais en vain dans leurs rets ils voulaient me surprendre; Ils n'ont pu réussir, ni me faire oublier Ce que dans ta loi sainte un juste peut apprendre.

Toutes les nuits, en m'éveillant, J'abandonnais mon lit et t'offrais ma prière; Prosterné devant toi, j'adorais en tremblant De tes saints jugements la justice sévère.

J'ai fui le pécheur insolent, Et ne me joins qu'à ceux qui vivent dans ta crainte; Qu'à ces fidèles cœurs, qui, d'un zèle brûlant, Suivent le droit chemin qu'enseigne la loi sainte.

Sensible au salut des mortels (2) Tu remplis l'univers des effets de ta grâce; Du sentier qui conduit à les biens éternels Par les préceptes sainls montre-moi doue la trace.

1. C'est-à-dire : d'après tes enseignements. Comme Racine a di!, dan relation du siège de Namur, crue Louis XIV avait entrepris cette expé I sur ses seules lumières.

2. Désirant !<■ salai des mortels, comme dans Alexandre, 103 :

A de- nouveaux exploits mon cœur devint acitsiblr.

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TETH

Dans les immenses biens que tu répands sur moi, Ta bonté ne sest point bornée; C'est ta parole, et c'est la loi Qu'à toi-même tu tes donnée.

Instruis-moi. donne-moi de la docilité, De la douceur, de la prudence; Tu connais ma fidélité :

J'ai cru; c'est toute ma science.

J'ai péché, je le sais, et ce sont mes forfaits Qui mont réduit à la misère; Mais soumis à tes saints décrets.

Je les garde et je les révère.

Plus doux et plus clément que je ne suis pécheur, C'est ta bonté qui me délivre.

Qu'elle-même instruise mon cœur De la route que je dois suivre.

Tandis que des pécheurs élevés contre moi La fureur menace ma tète.

Je cherche et trouve dans ta loi Un abri contre la tempête.

Leur cœur comme le lait s'est pris et s"est figé, Voyant triompher ma faiblesse; Tandis que le mien, affligé.

Sur ta loi méditait sans cesse.

Psaumes. '*

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Qu'il est bon qu"on ait vu mon cœur humilié Sous les peines les plus amères!

Sous ce coup qui m'a châtié, Aurais-je compris tes mystères?

Ces mystères profonds dans ta loi renfermés, Fondés sur la solide pierre, El mille fois plus estimés Que tous les trésors de la Terre.

IOD

Animant de ton souffle un vil amas de cendre, Ton amour m'a pétri de ses divines mains; Fais donc, m'ouvrant l'esprit, que je puisse comprendre Tes commandements souverains.

Le juste qui te craint verra ma pénitence, Joyeux qu'enfin (1) je sois rentré dans mon devoir; Il verra qu'en toi seul mettant ma confiance, Ta parole fait mon espoir.

Oui, Seigneur, j'ai connu du fond du précipice L'immuable équité de tes saints jugements; D'un Dieu de vérité j'adorais la justice Dans mes profonds abaissements.

1. Pour : Joyeux de ce qu'enfin. — Racine use librement du que, par exemple dans ce passage A'Andromaque :

Je me suis quelquefois consolée

Qu'ici plutôt qu'ailleurs le sort m'eût exilée. Ce qui signifie : J'ai trouvé une consolation de ce fait que...

Fais donc, Seigneur, fais donc que ta miséricorde Me tire de l'abîme et console mon cœur; Ce que tu m'as promis, que ta bonté l'accorde Aux larmes de ton serviteur.

Prends, pour la soutenir, pitié de ma faiblesse, El me rendant la vie efface mon péché; A méditer ta loi tu vois bien que sans cesse Je suis fortement attaché.

Confonds ces orgueilleux dont l'injuste malice M'a d'outrages honteux sans raison accablé; Tandis que de tes lois méditant la justice, Mon cœur s'en verra consolé.

Range dans mon parti ces âmes innocentes Qui révèrent ton nom et craignent ton pouvoir; Qui connaissent ta voix, et qui, pour toi constantes. Xe sortent point de leur devoir.

De tes plus pures eaux lave mon cœur coupable, Et rends-lui son éclat par le péché perdu; Afin que paraissant à ton Trône adorable (1), Je n'en sorte point confondu.

1. A ton tronc pour devant ton trône. — Comme dans les Poésies diverses de Racine :

An trône de la vengeance Appelés en jugement...

CAPH

Mon âme a langui dans l'attente Du salut éternel que tu m'as tant promis;

Mais ta parole triomphante Rassure mon espoir contre mes ennemis (1).

Mes yeux sont tombés de faiblesse A force d'implorer tes consolations:

Seigneur, m'écriais-je sans cesse.

Quand veux-tu mettre fin à mes afflictions?

Vois mon corps, dans ma peine amère, Ridé comme une peau que dessèchent les feux:

Mais, au milieu de ma misère.

Ta parole toujours est présente à mes yeux.

Quelles bornes à ma souffrance?

Et quand ton serviteur sera-t-il soulagé?

Quand veux-tu prendre la vengeance De ces persécuteurs qui m'ont tant affligé 2 ?

Les pécheurs, remplis de chimères.

Xe m'ont entretenu que de leurs vanités

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