B ] 161 : Oui, Madame, vers vous j'ai rappelé ses pas
Par mille afflictions dont le poids m'humilie,
Je tombe sous mes ennemis (1);
Rends-moi, mon Dieu, rends-moi la vie : J'implore ton secours, et tu me l'as promis.
Quand d'un sincère cœur je t'offre ma prière,
Exauce-la par ta bonté.
Et prête-moi cette lumière (2) Qui m'enseigne à marcher selon ta volonté.
Malgré tous mes efforts, je sens mon âme prête
A s'échapper d'entre mes mains;
Mais au plus fort de la tempête, Je n'ai point oublié tes décrets souverains.
Ces pécheurs qui croyaient faire de moi leur proie Sous mes pieds ont tendu leurs lacs; Mais je n'ai point quitté la voie
Où tes commandements conduisent tous mes pas.
D'obéir à tes lois j'ai fait mon héritage,
Et c'est pour une éternité;
Oui, mon cœur de tout se dégage (3), Pour goûter cette seule et sainte volupté.
Ce cœur brûlant d'amour, par une heureuse pente,
Se porte à tes commandements;
Et les accomplit dans l'attente Des biens que ta bonté promet à tes enfants.
1. Androm., 148 : Hector tomba sous lui, Troie expira sous cous.
2. Thébaïde, 25-: A de si noirs forfaits prêtes-tu tes rayons?
3. Andromaque, 511 : Dégagez-vous des soins dont vous êtes chargé.
SAMECH
Je hais l'homme plein de malice, J'abhorre son iniquité;
Mais toujours de tes lois j'ai chéri la justice. El recherché ta vérité.
Tu me prêtes ton assistance, Et dans tes bras tu me reçois; Ta parole est aussi mon unique espérance, Et c'est en elle que je crois.
Loin de moi, vous dont je redoute Le commerce contagieux:
Dans la loi de mon Dieu je veux chercher ta route Qui seule peut conduire aux cieux.
Soutiens-moi selon ta parole, Et je vivrai selon ta loi.
Un cœur ne conçoit point d'espérance frivole Quand il met son espoir en toi.
Pour me sauver du précipice, Prête-moi ton divin secours; J'aimerai ta loi sainte, il ferai mon délice D< la méditer Ions les jours.
Tu méprises le téméraire Qui méprise les jugements:
Que ce pécheur ingrat qui cherche à s'en soustraire (1) Es! injuste en ses sentiments!