‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 42 sur 180 · yl M. Ange Blaize · texte numérisé non relu

yl M. Ange Blaize

Paris, le 30 mars 1828.

Je suis arrivé ici, mon cher Ange, fatigué, mais du reste assez bien portant. J'y séjournerai huit ou dix jours de plus que je ne me le proposais, afin de voyager avec M. V... qui me donne une place dans sa voiture. De là, passant par Briançon je traverserai le mont Genèvre, et me rendrai par Pignerol à Turin.

Les bénéfices de la Librairie classique se sont élevés à environ 34,000 fr. sur lesquels il en incombera environ 13,000 fr. à la commandite. Cette affaire marche bien, et grâce à la probité de M. Bclin, il y a lieu d'être tranquille.

Mes affaires personnelles sont fort loin d'être aussi satisfaisantes. La vente a été très-faible, et tout le produit en est absordé par la liquidation de l'ancienne librairie.

D'un autre côté, M. de Saint-Victor remet en nature les livres de New-York, qu'il a fait revenir, à ce qu'il paraît, et traîne en longueur sur le reste ; de sorte que je ne sais pas encore

quand je pourrai rembourser M. de Musigny, et bien moins encore quand je pourrai disposer de quelques fonds pour moi-même.

Jean vous a donné de Rennes les renseignements que vous désiriez relativement à Ange. Si vous en désiriez quelques autres écrivez-moi promptement, car je partirai le 18 ou 20 avril.

11 me tarde aussi de savoir ce que je dois dire à mademoiselle de Lucinière, afm de n'avoir pas sans cesse à éluder une conversation sur ce point, ce qui n'est quelquefois ni facile ni agréable.

Cudennec croit que le gain du procès contre La Bouillerie ne serait pas douteux, si Ton n'avait à craindre le genre d'influence que cet homme peut exercer par sa place et par son argent.

L'abbé Gerbet vous offre ses compliments affectueux, et moi je vous embrasse tendrement.

Votre frère F.

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