‹ Œuvres inédites de Pierre MotinChapitre 14 sur 56 · XXII MOT IN · texte numérisé non relu

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primées depuis sa mort. Le poète dédaigna-t-il de se livrer à ce travail pendant qu'il vivait encore, DU bien fut-il surpris par la mort au moment où il préparait l'édition de ses œuvres ? Je m'étonne que cette pieuse mission n'ait pas été au moins remplie par sa famille : celle-ci, en effet, cultivait les muses et devait bien cet hommage à la mémoire d'un parent qui lui faisait tant d'honneur. M"^e Motin, sœur de notre poète, était poète elle-même; elle a publié d'assez mauvais sonnets dans les Muses en deuil en faveur du sieur Brun (Paris, Toussaint du Bray, 1620). Son mari, le sieur Bonnet, « frère d'alliance » de Motin, en a fait paraître dans le même recueil qui ne valent guère mieux. Enfin, un autre Bonnet, probablement le fils d'un des deux poètes précédents, qui se dit anepveu d'alliance du sieur Motin deffunt», s'est fait imprimer comme tel dans les Délices de la poésie française que Rosset et Baudoin ont publiées en 1615.

On s'étonnera peut-être que Motin , après avoir joui d'une célébrité justement acquise, soit tombé, après sa mort, dans l'oubli le plus complet. Il ne méritait certes pas cet excès d'indignité. A défaut de toute autre qualité, son originalité seule suffirait à

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le distinguer de ses contemporains. Le lieu commun était le sujet sur lequel s'exerçaient le plus volontiers les poètes. L'absence, l'indifférence, Tingratitudeje portrait de l'objet aimé, servaient de prétexte aux déclamations les plus passionnées. Même en ne cherchant pas à se soustraire à cette tyrannie de la mode, Motin trouvait le m.oyen de tirer de ces banalités quelque idée ingénieuse : sa lecture, difficile parfois^ comme je l'ai déjà dit, demande une attention sérieuse; mais bientôt on est récompensé de ce labeur par la découverte de délicatesses inattendues.

Motin appartenait à cette école indépendante, dont Régnier a été le type le plus glorieux, qui s'était dégagée de la manière de Ronsard, mais qui ne voulait pas s'assujettir aux lois tyranniques de Malherbe, le brutal pédagogue du Parnasse. Celuici, qui n'a pas malmené Motin comme il a fait de tant d'autres de ses contemporains^ en parlait volontiers comme d'un de ses meilleurs disciples '.

Régnier disait de son ami « qu'il était bon poète sans être fou et qu'il n'était pas de ces poètes sauvages qui ofiusquent la nature et l'art de la vériritable poésie par leurs expressions ampoulées )>.

L'Académie française voulait, dans son premier

I . singulière prétention de la part d'un poète dont la plupart des productions sont de beaucoup postérieures à celles de Motin.

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