‹ Œuvres inédites de Pierre MotinChapitre 53 sur 56 · La famille Mareschal, dont un des membres signa le · texte numérisé non relu

La famille Mareschal, dont un des membres signa le

pacte d'union des catholiques en 1568, donna à la ville de Bourges des conseillers au présidial, des maires et des échevins. — L'un d'eux, élu maire en 1J87 et mort en 161 5, avait une fille qui s'appelait Aimée. Est-ce la même que Madeleine Mareschal, cette blonde si cruelle pour notre poète ? P. 36, V. 2 et 6. Négligence dans la rime (deux fois attachez) que }e ne saurais attribuer à Motin.

37. Aucun renseignement sur M^'e de Mottet. — Il y avait un conseiller au présidial du nom de du Molin en 1595.

— 7. Emble... enlève.

38,8. Se guerdonne... se récompense.

— 12. Ne te chault... ne te soucie.

39, 4. N'est-ce pas plutôt se hausser?

— 6 et 7. Arrachée, pour attachée. — A mon malheur, au lieu de pour mon malheur.

40, 9. A quel personnage Motin fait-il allusion? — Plus tard, ce surnom fut donné à Henri IV. Un joli conte de Sénecé, la Roupie, commence ainsi ;

Quand huguenots dont la France est purgée Par la vertu de V Hercule gaulois

41, 14. Pour un poète qui rime d'ordinaire assez richement, coustume et lune sont deux rimes plus qu'indigentes, à moins que le copiste n'ait écrit coustume pour commune. — Lundi, lun£ aies, le jour de la lune.

43, 3. Les jésuites, arrivés à Bourges dans la seconde moitié du XVF siècle, furent mis en possession du collège de Sainte-Marie, vers l'an i573' Us durent quitter la ville en 1J94. après l'attentat de Châtel sur Henri IV. Ces poésies sont donc antérieures au bannissement de la congrégation. Les jésuites ne rentrèrent à Bourges qu'en 1601, et nous avons établi qu'à cette époque Motin était à Paris.

44, 7. Je despite... je brave, je méprise.

— 10. Espoint... percé, du hiin punctus.

— II. Rais... rayons. — A l'heure... sur l'heure.

45, 13 et 14. Aussi n'est-il pas là pour ainsi ?

46, I. Motin s'adresse à l'Amour.

P. 47, V. I. Les Manceron, qui faisaient partie, eux aussi, de la bourgeoisie riche, puissante, éclairée de la ville de Bourges, comptaient parmi leurs membres des conseillers au bailliage et au présidial, des maires et des échevins. — L'ami de Motin, assez savant pour lire Artémidore dans l'original , puisque la première traduction latine qui en parut, date de 1603, doit être le même que le Manceron qui présida en 1606 le conseil des échevins. Artémidore, natif d'Éphèse et contemporain d'Antonin, est l'auteur d'un traité des songes CO-JtipoApi-ctxôv).

— II. Est-ce une allusion à ce beau militaire qui lui ravit le cœur de sa maîtresse?

48, 4. Les Frères Jumeaux ou Gémeaux... constellation bien connue des marins, et qui passait à leurs yeux pour l'étoile du salut.

— 9. Comme il est... comme on dit.

50, 8. Toutes choses enfin reviennent à leur estre... Motin avait déjà dit dans son sonnet contre La Roche (p. 30) et cette idée philosophique est presque un cliché de l'époque :

... Il faut Qu'à son estre premier toute chose revienne.

— 12. Le port... N'est-ce pas plutôt le bord?

51, 9. La tante sans doute.

— 13. Un petit... un peu.

52, Motin aurait-il donc été maltraité par l'amitié comme il le fut par l'amoui ? Le ton d'amertume qui règne dans ce sonnet semble l'indiquer.

— 3. On remarquera que, pour que le vers ait sa mesure, il faut faire quatre syllabes de Pi-ri-tho-is , qui alors ne rime plus avec lois.

53, I. Charlet était une porte de la ville percée dans une muraille élevée, paraît-il, par Charlemagne : en sortant de Bourges par cette porte, on côtoyait la rivière d'Yevrette jusqu'au gué qui porte le nom de Gué aux Dames : un faubourg et deux rues portent encore le nom de Charlet.

54, Ce sonnet a été composé en l'honneur de M'ie de La

Goutie Bernard à qui Motin avait déjà adressé quelques pièces. (Voir pages ji et 32.)

P. îj. La même idée, exprimée avec moins de grâce cependant, se retrouve dans une pièce de Motin , publiée dans le Cabinet saîyrique, sous le nom de la Chasse de la puce d'Uranie... Au reste, les poètes du XVie et du XVlie siècle semblent prendre un plaisir extrême à chanter cet insecte malfaisant, sur lequel La Fontaine appelait la massue d'Hercule. Faut-il rappeler à ce propos le volume de poésies que fit enfanter aux beaux esprits de la fm du XVl^ siècle la puce fameuse de M^^e Des Roches? (Voir ce recueil dans notre collection du Cabinet du Bibliophile, n'^ IH.)

— V. 2. F/or rf'^vo/re... L'image paraît plus gracieuse qu'elle ne l'est en réalité : une jeune fille qui aurait deux flots au lieu de deux pommes d'ivoire ne devrait exercer que médiocrement l'enthousiasme d'un poète. Aussi croyons-nous à une erreur de copiste et pensons -nous qu'il faut lire mont pour flot.

59, 19. Le laurier était en effet ^qu'on nous passe l'expression) le paratonnerre de nos anciens poètes, et Motin, d'ordinaire fort modeste, profite de l'occasion pour s'administrer, suivant l'habitude du reste de ses contemporains , un bon coup d'encensoir.

61, 10. Somme.., en somme.

63, 13. Le grand jurisconsulte Cujas mourut à Bourges, en 1590. Il appartenait, depuis 1554, à Tuniversité de cette ville. Une affluence considérable d'élèves suivait ses cours, qui étaient non seulement gratuits, mais encore fort onéreux pour le professeur qui assistait souvent les pauvres étudiants de sa bourse.

64, 10. Tous les poètes du temps (consulter à cet égard la ire édition des Muses ralliées de Despinelle), sinon les écrivains de la période de 1585 à 1595, sans exception, ont flétri énergiquement les horreurs de la guerre civile et les excès quels qu'ils fussent et d'oii qu'ils vinssent.

— 14. T/i soulois... tu avais coutume : solebas, dit le latin.

6j, 14. Raguse a été fondée par des fugitifs d'Épidaure et de Salone au Vie et au Vlie siècle avant J.-C.

P. 66, V. 9. Jupiter frappa Esculape de la foudre.

Il ne faut pas s'étonner de l'accès de reconnaissance de Motin pour son barbier. Motin, comme l'indiquent quelques pièces du temps et comme il l'avoue lui-même, n'avait rien de commun avec Antinous,

69, I, Il y a une omission dans ce vers, qui n'est que de six syllabes au lieu de huit.

70, 10. Guée, orthographe fantaisiste, qui n'empêche pas le vers de manquer d'une syllabe.

— 18. Les violettes portaient, au XVI<> siècle, le nom de Violettes de Mars : elles fleurissent, en effet, en mars.

— 19. Les propriétés de la violette aujourd'hui sont un peu plus modestes. La fleur est simplement pectorale, la feuille est sans emploi , et la racine est vomitive. Mais la marguerite n'a pas même, que je sache, ces vertus thérapeutiques.

72, I. Cette façon d'écrire démon {daimon) est conforme à l'étymologie grecque, oat//.«v.

74, 2, Charités... grâces, du grec xa/^^ss*

— i5. Penssè en nous. La préposition en ne donne-t-elle pas plus de charme à l'idée que la préposition à ? On se rappellera, à ce propos, ces vers de l'épitaphe bien connue de Régnier, faite par lui-même :

Et si m'estonne fort pourquoy La Mort osa songer à moy, Qui ne s ongeay jamais en elle..

75, 12. Efficace, substantif usité au XVJe siècle. (V. Nicot.)

77, 3. Cette pièce porte sa date avec elle : Motin l'a composée pendant les guerres de religion.

78, 13. J'aimerais mieux sa, à moins que Motin n'ait voulu rendre textuellement le terme latin, novissima verba.

— 19. Idée... image.

80. Cette dernière strophe, qui fait allusion, à notre avis, aux négociations entamées entre Henri IV et les principaux chefs de la Ligue, est une nouvelle indication pour la biographie de Motin.

A quelle époque ces psaumes et cantiques furent-ils com-

IIO NOTES

posés ? — Il semble qu'ils aient été écrits, comme l'étaient les poésies spirituelles des contemporains et comme le furent plus tard les psaumes de La Fontaine, en expiation des œuvres amoureuses et satiriques composées par Motin aux premières heures de sa jeunesse. Ce ne sont pas du reste les seules pièces religieuses de notre poète : les recueils imprimés contenant les œuvres de Motin et les manuscrits de Conrart ont recueilli de lui des méditations, qui se rapprochent beaucoup de celles-ci.

P. 80, V. 14. Levers manque d'une syllabe.

81-82. Ce cantique n'est-il qu'une paraphrase ou bien la plainte d'un homme frappé dans ses affections les plus chères, accablé par ses amis, trahi par sa maîtresse? Les griefs paraissent trop nettement articulés, pour n'avoir pas quelque apparence de vérité. Et ses nombreuses disgiâces l'obligèrentelles à quitter Bourges pour Paris? — Nous avons trouvé dans les notables questions et arrêts de Chenu, son contemporain, l'histoire d'une Mariète Motin, condamnée en 1602 par les juges de Laon à la question et au bannissement du royaume pour crime de sortilège ? Existe-t-il quelque rapport, bien que les dates s'accordent peu, entre ces deux faits : les « traverses » de Motin, comme il le dit lui-même, à Bourges et la condamnation de cette femme ?

— v. 4-9. Il faudrait troublent anWeu. de trouble, mais alors la rime n'y serait plus. — De quelque amy... La phrase est, d'ailleurs, peu intelligible. La version suivante ne serait-elle pas la vraie ?

D'une amye qui me trahisse

Par ses infidelles appas ,

Et qui par son langage double.

83, 7. Palme... main, du latin palma.

— 13. Ces stances, imitées certainement du latin, s'arrêtent brusquement, dans le manuscrit, au premier vers de la quatrième strophe.

86, 1. Une erreur de copiste rend la quatrième strophe peu intelligible et inflige au quatrième vers une faute de quantité.

— S. Point... comme espointj du latin pungere, piquer, percer.

P. 88, V. 6. L'humeur... du latin humor , humidité.

90, 10. Tf/nf. Je m'explique difficilement une chevelure couleur feuille morte. Motin n'a-t-il pas écrit plutôt ceint?

91, 12. Privé, pris adverbialement dans le sens du latin privatim, en particulier.

95. Sur l'anagramme de X... Bien que la reconstitution d'un anagramme soit un travail de combinaison auprès duquel l'étude de toutes les gammes alphabétiques d'un coffrefort n'est qu'un jeu d'enfant, nous avons pu retrouver le nom correspondant à ce jeu d'esprit heureusement fort rare chez notre auteur : il adresse ces couplets à Magdeleine Maréchal.

97. Cette série de quatrains, qui rappelle les passions politiques de l'époque et les cérémonies religieuses chères à Henri III, sont autant de dates pour la biographie de Motin, qui devait être, de par sa naissance et de par ses convictions, le modèle du parfait ligueur.

Vitupère... blâme, ànhùnyituperare.

— 7. On appelait politiques les membres de ce tiersparti, qui se forma sous Charles IX et sous Henri III, de ligueurs et de huguenots mécontents , nalcontents (comme on les appelait alors). Dispersés en apparence par la défection de leurs principaux chefs en IJ76, ils n'en constituaient pas moins ce grand parti national qui se rallia au panache blanc du roi Henri, sur le terrain d'une transaction honorable pour les deux religions.

98, 6. Boche pour bouche. Motin a fabriqué un barbarisme pour le besoin de la rime.

100, 6. Anagramme sur Jehan Bertault... Est-ce le Bertaut évêque de Séez qui porte le même prénom ? au reste, le sens de ce quatrain est peu intelligible.

— II. La famille Du Pont appartenait à la noblesse berrichonne; deux de ses représentants, les deux frères, vivaient vers la fin du XVI« siècle; un d'eux fut conseiller au bailliage et présidial de Bourges, et se maria en 1575.

Pages

MoTiN, SA VIE ET SES ŒUVRES, par Paul d'Esirée ... i

Page 1