ACTE II, SCÈNL I. l
rang et votre jeunesse, vous n'avez songé qu'à nous rendre heureux: il sst bien juste que vous le deveniez autant que nous le sommes par vous.
LE PRIXCE.
Aime-moi , mon ami , et ne me flatte pas. Tu connais mon cœur, il n'est que trop sensible ; j'ai souvent regretté de n'être pas le dernier de mes sujets, pour être sûr d'être aimé pour moi-même.
ARIETTE
Je veux que l'objet qui m'enflamme Trouve à m' aimer tout son plaisir, Qu'il ne counaisse de désir Que de régner seul sur mon âme.
L'amour est un vice du cœur.
Si cet amour n'est pas extrême :
Il est une vertu suprême Lorsque de tout il est vainqueur.
FRÉDÉRIC
Le choix que vous avez fait semble vous assurer la félicité que vous cher-
l66 BLANCHE ET VERMEILLE,
chez : cette jeune villageoise que vous allez élever au plus haut rang devra chérir en vous son maître , son époux et son bienfaiteur. L'amour et la reconnaissance enflammeront son âme, et ce double sentiment...
LE PRINCE
Oui , Frédéric , j'ai trouvé le véritable amour dans une fille des champs.
Je te l'ai toujours dit , l'on ne sait aimer qu'au village : la nature est juste ; nous avons les richesses , elle leur donne l'amour ; ils sont les mieux partagés. Mais as-tu pris soin d'ordonner que toute ma cour vienne rendre hommage à celle qui va régner avec moi?
FRÉDÉRIC
Oui , seigneur : avant que le jour soit fini , nous viendrons tous porter aux pieds de l'heureuse Blanche et nos respects et nos vœux.