ACTE 11, SCENE VI. 17) Par vous je règue eu cette cour
• Tout m'est soumis jusqu'à vou<i-iuème : Et sur mon frout le diadème
Est attaché par les mains de l'amour.
Mais de l'éclat qui m'euviroune Mes yeux ue seul poiut éblouis; Votre cœur est pour moi d'uu prix Bien au-dessus de la couronue.
LE PRINCE
Blaacbe , vous ne paraissez occupée que du rang où vous devez monter.
BLANCHE
Eh quoi î seigneur , puis-je vous déplaire en vous parlant de vos bienfaits?
LE PRINCE
Si j'étais assez nialheureux pour ne pouvoir vous ofïrir une couronne , me parleriez-vous autant de mon amour?
BLANCHE
Votre question m'étonne. Avez-vous
oublié que j'ai passé ma vie loin de votre cour? Je n'avais point d'idée de ces honneurs , de ces respects que l'on vous rend : pouvez-vous croire qu'en venant ici je fusse éprise de ce qui m'était inconnu ?
LE PK 1 NCE.
Il est donc bien certain que vous n'y êtes que pour moi ?
BLANCHE
Après le soupçon que vous m'avez témoigné , je n'oserais vous le dire.
Lï; PRINCE.
Vous me i-assurez ; je ne doute plus de votre franchise , et je vais vous découvrir un secret que j'ai gardé trop long-temps. Dans le premier entretien que nous eûmes dans la forêt , je m'aperçus que vous me preniez pour le prince.
àCTE II, SCENE n. 177
BL A .NCH E.
Quoi ! ne le seriez-vous pas?
i>x; PRi.NCi;.
IN'on , il l'aut vous l'avouer. J'étais trop amoureux pour ne pas profiter d'une erreur qui m'était utile 5 j'en suis cruellement puni : depuis votre arrivée, le prince vous a vue ; vos charmes ont fait sur lui leur eflet inévitable : un tel rival doit m'alarmer , vous seule pouvez me rendre le repos et le bonheur. Quittons la cour, fuyons ensem ble pour aller vivre inconnus et séparés du reste des humains. Parlez, m'aimez-vous assez pour que 1 amour vous tienne lieu de tout ? Vous ne répondez pas?
BLANCHE
Seigneur, vous me voyez interdite.
J apprends que vous m'avez trompée ; et pour prix d'une erreur qui marque
lyS BLANCHE ET VERMEILLE,
au moins peu destime pour moi , vous me proposez de fuir avec vous!
LE PRINCE
Si vous m'aimez, Blanche , rien ne doit vous arrêter : Tamour pardonne tout à Famour ^ et si je vous suis cher, hâtons-nous de quitter ces lieux , venez...Vous hésitez ?...
H L ANr. H E.
Seigneur...
LE PRINCE
Eh bien !... vous refusez de me suivre ?... Je vous entends, perfide j je lis dans votre cœur, et j'en rougis pour tous deux. A votre tour, connaissezmoi ; c'est le prince lui - raème qui vient de vous éprouver.
BLANCHE
Qu en tend s- je?