‹ Œuvres inédites (volume 2)Chapitre 13 sur 134 · ACTE I, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE

DOR VAL

Quel est-il?

LISETTE

Je ne demande pas mieux que de servir vos amours avec Mademoiselle Agathe , et je suis bien certaine de votre reconnaissance à tous deux ; mais Madame votre mère , que j'ai quittée pour venir m'occuperde vos affaires, en lui faisant accroire que je retournais dans mon pays , Madame votre mère, qui est immensément liche , et par conséquent chérie et respectée de tx»ut ce qu'il y a de mieux à Paris , trouvera-t-elle bon que vous , son fils unique , épousiez Mademoiselle Agathe , la fille d'un simple bourgeois? Je sais bien que M. Mondor est aussi riche que vous j mais ce n'est pas de l'argent , ce sont des titres que veut Madame votre mère , et je suis sûre qu'elle vous destine à être le mari d'une fille de qualité. D'ailleurs , le procès important que vous avez avec le père de

lO L ADROITE SUIVANTE, votre maîtresse, a rendu 31. Mondor votre ennemi déclaré ; vos deux familles se détestent, et si elles découvrent que je travaille à les raccommoder sans leur en avoir demandé la permission, tout le monde se réunira contre moi : la pauvre Lisette paiera pour tous , et sera sévèrement punie du bonheur qu'elle vous aura procuré.

D OHV AL.

Je vais te rassurer. Daboi-d ma mère m adore : quand je lui aurai déclaré que la vie m'est odieuse si je ne possède celle que j'aime , elle désirera aussi vivement que moi de me voir l'époux d'Agathe , et si Lisette nous aide , elle sera doublement récompensée par ma mère des services rendus à son fds.

Voilà d'abord un article sur lequel ta conscience doit être en repos. Quant à la haine de M. Mondor pour moi , elle ne vient que du malheureux procès qui divise nos familles ; ce procès est sur le

ACXr, I . SCENE I. 1 I

point d'être jugé , et d'après toutes les consultations que j'ai faites , j'ai les plus grandes espérances...

LISETTE

De le gagner?

DO R VAL

Non , de le perdre j et tu sens bien qu'alors M. 3Iondor cesse d'être mon ennemi. Pour cimenter la réunion de deux familles , je lui demande la main d'Agathe, il me l'accorde, car, quand on est heureux , on ne peut avoir de rancune ; j'épouse ma maîtresse, et tout le monde est content.

LISETTE

C'est clair ; mais vous ne pensez pas qu'en perdant votre procès vous devenez beaucoup plus pauvre , et Mademoiselle Agathe beaucoup plus riche, et qu'alors vous ne pouvez plus vous convenir.

DORVAL

Je sais bien qu'il y a cette difficulté , mais nous n'y sommes pas , et Timpoitant c'est de nous aimer et de pouvoir nous écrire , puisque nous ne pouvons plus nous voir. C'est pour cela que tu es ici j et s'il nous arrive des malheurs , l'amour et toi nous aideront.

LIS ETTE

Allons , je sens bien qu'il ne faut pas

raisonner avec des amoureux ; d'ailleurs

j'ai du plaisir à vous obliger. Je vais

donc m'occuper de vous servir ; et

quant au rival que vous avez ici...3Iais

j'entends quelqu'un : c'est M. Mondor

et sa fille ; allez-vous-en bien vite , et

ne revenez plus que je n'aille vous

chercher.

Dorval sort.

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