ACTE II , SCENE IX. DD
LISETTE
Ah ! que j'aime à vous voir si raisonnable ! Indépendamment de la mésalliance, qui doit être comptée pour beaucoup par un homme de votre sorte , ce serait trop risquer, d'épouser une petite folle qui ne sent pas ce que vous valez, et qui se ci'oirait autorisée, d'après la déclaration qu'elle vous a faite , à donner dans tous les travers que les femmes appellent vengeance. Pardonnez si j'ose vous donner un conseil , mais vous méritez d'être heureux ; et j'aime mieux vous paraître indiscrète que de vous voir risquer voti-e bonheur.
FATENVI LLE.
Malheureusement pour moi, Madame , je suis presque forcé de terminer ce mariage. Je ne sais comment il arrive que je suis l'ami intime de Mondor , le père de la petite Agathe j il me demande à genoux d'épouser sa fille , TOME I. . 6
6Ô l'adroite suivante,
i'ai laissé échapper ma parole, et je suis là-dessus d'une délicatesse...
LISETTE
Si vous êtes amoureux, Monsieur, je n'ai plus rien à vous dire.
F.4TENV IL LE.
Amoureux,Madame?oh, mon Dieu !
non. C'est un mariage d'amitié , d'égards.
LISETTE, avec intérêt.
Quoi ! votre cœur est libre , libre absolument ?
F ATENVI LLE.
Absolument.
LISETTE, avec une vii-acité feinte.
Mais qui peut donc vous engager à conclure un mariage disproportionné, où l'amour n'est d'aucun côté ? Est-ce la fortune? Je connais celle d'Agathe , et j'ose vous répondre qu'un homme comme vous, qui joindrait à son rang.