LA REINE
Prince , c'est aujourd'hui qu'il faut enfin vous décider à me donner votre main, ou à quitter le trône que vous occupez. Si j'avais les faiblesses de mon sexe , je rougirais d'être obligée de vous proposer un tel choix ; mais , peu touchée du mépris que vous faites de mes appas , je ne songe qu'à la gloire de ma couronne. C'est aujourd'hui que cette couronne vous appartiendra, si vous voulez accepter ma loi 5 c'est aujoiu"d'hui que vous déposerez la souveraine puissance , si vous persistez dans vos refus. Un jeune étranger vient d'arriver dans cette île ; il est instruit de nos lois , et c'est à lin" que je vais donner et ma couronneetma maiu,sivousue venez
Il6 ARLEQUIN ROI. etC.
tout à l'heure au temple : vous n avez qu'un moment pour vous décider. Je dois vous prévenir encore que mon armée est aux portes de la ville j que le vaillant Coreb , le chef des sauvages de rîle voisine . vient de se joindre à me.s troupes avec dix mille guerriers . je n'ai qu à dire un mot , et cent mille glaives sont tirés contre vous. Choisissez donc , prince , de ces trois partis : ou de me rendre la couronne , ou de venir me donner votre foi , ou de vous exposer au hasard d'une bataille.
ARGENTINE à voix basse .
Ah ! mon ami , je tremble !
ARLEQUIN à voix basse.
^ aie pas peur. ( Haut. ) Madame , si vous avez pu penser que c était par mépris pour vos appas que je refusais de les épouser , vous m'avez fait une injustice que votre miroir aurait dû m'épargner. Personne ne respecte au-