ACTE I, SCENE VII, 1 2g ARLEQUIN
Qu'y a-t-il écrit dans ce livre ?
LK GRA?rD-JUSTICIER.
Fort peu de chose , sire ; le voici : Moyen d'être heureux : ne te oouche jamais sans avoir fait une bonne action. Yoilà tout.
ARLEQUIN
C'est bien assez. Voici mon jugement : j'ajoute une bourse d'or à celle qu'on a trouvée , afin que chacun des deux paysans ait la sienne ; je garde le livre pour moi , et, par ce moyen, c'est moi qui ai trouvé le trésor. Est-ce là tout ?
LE GRAND-JUSTICIER
Oui , sire , pour le moment.
( Ici finit le manuscrit. )
Note de l'Editeur. — D'après ce que j'ai pu recueillir, voici la suite de l'ouvrage Une
l3o ARLEQUIN ROI, CtC.
armée formidable arrive aux portes du palais , et bientôt le facétieux Roi est fait prisounier. Pour échapper à la vengeance de la douairière , il se travestit en Dame, et tente de s'évader; mais on le reconnaît malgré son déguisement , et il ne s'agit de rien moins que de le faire pendre. On est sur le point de procéder à cette cérémonie quand paraît M. Lélio. C'est lui qui a commandé l'armée victorieuse : pour prix de sa valeur, il épouse la reine , monte sur le trône , fait grâce à Arlequin , qui redevient p^alet , et lui permet de se marier avec Argentine,
Peut-être la pièce aurait gagné si Florian l'avait resserrée en un acte. La partie la plus favo-» rable aux saillies est évidemment la première ; le reste est tout en mouvement , en coups de théâtre , et ne saurait être trop rapide.
Cette idée pourra bien tenter plus d'un auteur, et je suis persuadé que, joué par l'excellent arlequin du Vaudeville , et parsemé de jolis couplets , l'ouvrage réussirait complètement aujourd'hui.